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Un an après l'interdiction des cellulaires dans les écoles québécoises, à la Polyvalente des Baies de Baie-Comeau, des élèves et employés scolaires s'entendent sur le fait que la mesure a suscité plus de peur que de mal.
Lors de l'annonce de la mesure, la nouvelle a été accueillie avec une certaine réticence. L’élève de cinquième secondaire Victor Gagnon avoue avoir manifesté devant l'école au début de l'année, déplorant que la décision ait été prise sans l'avis des jeunes.
Il constate maintenant que l'absence de cellulaires en journée affecte positivement l'ambiance à l'école et facilite la socialisation. Aujourd’hui, s'il a besoin de passer un appel, Victor Gagnon peut utiliser le téléphone de l'école, ou sort à l'extérieur de l'établissement si c'est vraiment urgent.
Je trouve qu'il y a plus de vie dans l'école. Avant, c'était mort, il y avait beaucoup de monde sur leur cellulaire. Maintenant tout le monde se parle, c'est plus vivant.

Autrefois réticents à la mesure, Étienne Lévesque et Victor Gagnon partagent aujourd'hui un constat positif.
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
En troisième secondaire, Étienne Lévesque partageait ce sentiment d'incompréhension au début, lui qui avait l'habitude de passer ses midis à jouer à des jeux vidéo avec ses amis à la cafétéria.
Même s’il avoue avoir trouvé l'hiver un peu long sans téléphone pour chasser l'ennui, cette nouvelle dynamique a tout de même mené à de beaux débats au sein de son cercle d'amis.
Cette déconnexion forcée a fait émerger de nouvelles habitudes. Les tables de ping-pong sont prises d'assaut, et des élèves se rencontrent autour de jeux de société.
Pas de police du téléphone
Le personnel n'était pas en reste face à l’incertitude. L'orthopédagogue à la Polyvalente des Baies, Catherine Martin, craignait de devoir jouer à la police du téléphone au détriment du lien de confiance bâti avec les élèves.
De son côté, le directeur de l’école, Ken Bouchard, était convaincu de la nécessité de cette mesure avant même son annonce. Il redoutait plutôt sa mise en œuvre, qui s’est finalement bien déroulée, selon lui.
Les premières journées, on pensait confisquer 25 à 30 cellulaires par jour. Finalement ça n'a pas été le cas. Je pense que les élèves ont bien compris le message.

Ken Bouchard assure que les confiscations de téléphones se comptent maintenant sur les doigts d'une main.
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
Aujourd'hui, les confiscations sont rares et se comptent sur les doigts de la main chaque semaine. L'école rappelle d'ailleurs que le cellulaire n'est pas complètement banni s'il sert à des fins pédagogiques. Quant aux urgences familiales, l'établissement demeure la voie de communication entre les parents et les élèves.
Au-delà de cette gestion, Catherine Martin a également observé un phénomène chez les jeunes avec de l'anxiété sociale. Sans le téléphone, ces élèves sont forcés de sortir de leur zone de confort et de développer de réelles habiletés pour aller vers les autres.

Catherine Martin craignait initialement de nuire au lien de confiance avec les élèves en jouant à la police du téléphone.
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
Ce constat positif ne se limite d'ailleurs pas à la Polyvalente des Baies. Ken Bouchard confirme que ce sentiment de réussite est partagé dans les autres écoles du centre de services scolaire. Je pense qu'il n'y a personne qui retournerait en arrière, conclut Catherine Martin.
Avec les informations de Nazdar Roy


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