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Le budget 2026-2027, présenté par le ministre des Finances Eric Girard, est loin de faire l’unanimité en Mauricie. Ce budget laisse plusieurs acteurs régionaux sur leur appétit, qui réclame des mesures plus structurantes pour répondre à plusieurs défis.
Ces intervenants régionaux jugent les investissements budgétaires insuffisants pour combler l'écart grandissant entre les ressources et les besoins réels.
Dans le secteur communautaire, la déception est palpable. Mathieu Gélinas, porte-parole du groupe Le communautaire à boutte, estime que les sommes annoncées ne répondent pas aux enjeux actuels.
On est déçus. On voit que le gouvernement saupoudrer certains montants au niveau des enjeux dont on entend parler, déplore-t-il, affirmant que les montants ne permettent pas de faire face aux besoins criants, que ce soit pour les maisons d’hébergement pour femmes violentées, l’itinérance ou le logement.

Plusieurs représentants d’organismes communautaires s'étaient rassemblés à Shawinigan au premier jour de la grève à l'automne 2025. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme
On parle de 20 M$ pour les groupes en santé et services sociaux, quand les besoins sont au-delà de 1 G$, ajoute-t-il.
Le milieu de l’éducation partage également ces inquiétudes. Stéphane Béland, du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges, insiste sur l’urgence d’investir davantage, notamment, pour aider les enfants qui ont des besoins particuliers.
En voyant le taux de croissance des dépenses en éducation, par exemple, qui avoisine les 2,4 %, il me semble que, pour couvrir les coûts de système, ça en prendrait beaucoup plus que ça , confie-t-il.

Stéphane Bléland espérait plus d'argent pour couvrir les coûts du système scolaire québécois. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Chabot
Du côté municipal, les attentes étaient élevées, notamment en matière d’infrastructures.
La mairesse de Nicolet et vice-présidente d’Union des municipalités du Québec, Geneviève Dubois, se dit elle aussi déçue.
Elle déplore que les sommes annoncées pour le Plan québécois des infrastructures (PQI) soient principalement destinées au maintien des infrastructures du gouvernement , comme les écoles, les hôpitaux et les routes du Québec, sans retombées significatives pour les municipalités .

La mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, considère que les sommes du budget sont « saupoudrées» dans l'ensemble de la province, donc insuffisantes.
Photo : Radio-Canada / Olivier Croteau
Mme Dubois souligne également que les investissements annoncés, comme les logements abordables ou les fonds pour l’itinérance, sont souvent concentrés dans les grandes villes, donc très peu pour les plus petites municipalités, comme Nicolet .
Le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, a également exprimé son inquiétude concernant le manque de financement pour les infrastructures lors de son passage au téléjournal Mauricie.
Les 150 M$ [additionnels] annoncés pour l’ensemble du Québec sont clairement insuffisants. À elle seule, la Ville de Trois-Rivières a des projets qui dépassent [ce montant] , affirme-t-il.

Selon Jean-François Aubin, son administration transmet des requêtes au gouvernement provincial, notamment par l'entremise de l'Union des municipalités du Québec.
Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé
Selon lui, ce sous-financement pourrait avoir des conséquences concrètes, notamment dans le dossier de l’eau potable. On risque d’imposer des moratoires de non-développement, parce que nous ne serons pas capables de moderniser nos infrastructures d’eau sanitaire et pluviale , prévient-il.
Par ailleurs, les annonces en matière de logement abordable, soit environ 1 000 unités sur trois ans à l’échelle du Québec, sont jugées nettement insuffisantes. Quand on divise cela pour l’ensemble du Québec, c’est très peu , souligne le maire.


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