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Biolait mise sur une logistique maîtrisée et met le cap sur une marque propre

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Les éleveurs de Biolait ont validé une feuille de route stratégique à horizon 2030. Le premier collecteur français en bio entend contenir ses coûts logistiques.

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Biolait

Maud Cloarec et Philippe Marquet lors de l’assemblée générale de Biolait, les 1er et 2 avril, ont présenté les orientations stratégiques du groupement à l’horizon 2030. ©Biolait

Par Bertrand Dumarché Publié le 21 avr. 2026 à 18h10

Réélu président, Philippe Marquet a dressé le bilan d’un exercice 2025 « positif », avec 226 millions de litres collectés et un chiffre d’affaires de 140 millions d’euros. « 2025 a été un bel exercice. Nos producteurs ont réussi à bien vivre, avec un prix du lait autour de 510 € toutes primes confondues. Mais la conjoncture est plus délicate en ce début 2026 », a-t-il souligné.

Malgré une baisse modérée de la collecte, Biolait reste un acteur structurant de la bio, représentant près de 30 % des fermes laitières biologiques en France. « Nous sommes une entreprise pourvoyeuse d’emplois, avec 1 800 actifs installés et près de 2 500 personnes qui travaillent autour de nos fermes. C’est aussi 90 000 hectares d’herbe, essentiels pour la qualité de l’eau et la valorisation de nos territoires », a insisté le président.

Une logistique sous pression

Si les fondamentaux restent solides, plusieurs signaux appellent à la vigilance. Depuis 2022, les volumes collectés ont reculé de 25 à 30 %, sous l’effet des cessations d’activité, des départs vers d’autres laiteries ou du retour au conventionnel. Dans le même temps, les coûts logistiques ont bondi de 45 % en cinq ans, pénalisés par la hausse des carburants et la baisse de la densité laitière.

« Notre priorité reste de fournir un lait bio en temps et en heure, mais nous devons mettre des garde-fous sur la logistique », a rappelé Philippe Marquet. L’enjeu est clair : préserver un modèle capable de rémunérer les producteurs tout en restant compétitif.

Retrouver de la rentabilité sur les territoires

Pour répondre à cette équation, Biolait engage un travail de fond dans les zones à faible densité. « Il n’y a pas de solution unique. Nous allons travailler territoire par territoire, avec les adhérents, les partenaires et les élus », a expliqué Maud Cloarec, éleveuse en Côtes-d’Armor et vice-présidente de Biolait.

Objectif : identifier des leviers concrets pour réduire les coûts : recrutement de nouveaux adhérents, développement de débouchés locaux, mutualisation logistique ou encore adaptation des cahiers des charges. « Sans solution, il faudra réévaluer la poursuite de la collecte », prévient-elle, assumant une approche pragmatique.

Cette stratégie s’inscrit dans une volonté plus large de consolider l’ancrage territorial du groupement et de maintenir une densité suffisante de fermes, condition essentielle à la viabilité économique du modèle.

Une marque propre à l’étude

Au-delà de l’optimisation interne, Biolait veut franchir un cap en aval. L’assemblée générale a ainsi validé le lancement d’une étude pour la commercialisation d’un produit – ou d’une gamme – en marque propre. Une première pour une organisation historiquement positionnée sur la vente de lait en tant que matière première.

« Nous ne sommes pas dans l’attentisme. On se projette vers 2030 avec des projets ambitieux », affirme Maud Cloarec. « Il est trop tôt pour dire quel produit sera développé, mais nous voulons créer de la valeur ajoutée et trouver un produit qui a du sens, en transformant au plus près de nos bassins de collecte. »

Cette orientation vise un double objectif : diversifier les débouchés et renforcer le lien avec les consommateurs, dans un contexte de reprise progressive de la consommation bio, aussi bien en circuits spécialisés qu’en grande distribution. Les conclusions de l’étude sont attendues pour 2027.

Diversification et enjeux politiques

En parallèle, Biolait poursuit ses travaux sur la diversification des revenus, notamment autour du carbone, avec des diagnostics et des actions de réduction des consommations énergétiques dans les fermes. Le groupement rappelle aussi son rôle environnemental, avec 90 000 hectares de prairies préservées.

Dans ce contexte, Philippe Marquet appelle à un soutien public renforcé : « Les programmes opérationnels sont un outil structurant pour une organisation de producteurs comme la nôtre. Leur pérennisation dans la future PAC est essentielle. »

Trouver de nouvelles voies

Face à une filière bio en sortie de crise, Biolait assume donc une stratégie offensive. « Nous devons oser aller plus loin. Mettre des garde-fous sur la logistique est indispensable, mais il est tout aussi essentiel de développer de nouveaux projets pour créer de la valeur », conclut le président. « Collectivement, nous devons trouver de nouvelles voies pour pérenniser Biolait et faire vivre durablement la bio. »

À l’horizon 2030, le groupement joue ainsi une double partition : sécuriser son socle historique tout en explorant de nouveaux modèles. Un équilibre délicat, mais jugé indispensable pour continuer à faire du lait bio « partout et pour tous ».

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