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CAA-Québec reconnaît que certains messages liés à la sécurité routière « ne passent pas ». Les résultats mitigés présentés dans le bilan routier de la SAAQ pour l'année 2025 portent des organismes à se questionner et à croire que le Québec demeure encore loin de son objectif de ne tolérer aucun décès sur les routes.
Chaque année, CAA-Québec est appelé à réagir au terme du même exercice. Malgré des messages de sensibilisation et de prévention qui s'accumulent, l'organisme constate avec dépit que le bilan ne s'améliore pas et s'alourdit même dans certaines catégories.
C'est le cas, par exemple, du nombre de morts chez les jeunes de 15 à 24 ans, les aînés de 75 ans et plus, les piétons et les cyclistes qui a grimpé dans la dernière année comparativement à la moyenne depuis 2020.
Il y a clairement des messages qui ne passent pas, relève Simon Bourassa, porte-parole pour CAA-Québec.
Ce dernier perçoit une nette tendance derrière les principales causes d'accident de la route, comme la vitesse et la conduite avec facultés affaiblies. Ce sont des comportements humains, donc des accidents qui surviennent pour ces raisons là qui pourraient vraisemblablement être évitables, souligne-t-il.

Le porte-parole de CAA Québec, Simon Bourassa (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
À la vue des résultats, l'organisme Piétons Québec estime qu'une solution simple et rapide serait de distribuer aux conducteurs un point d'inaptitude, au-delà d'une simple amende, lorsqu'ils ne respectent pas la priorité aux piétons dans un passage balisé.
Il s'agit d'ailleurs d'une des mesures phares du Plan d'action en sécurité routière 2023-2028 du gouvernement du Québec. On s'explique mal pourquoi trois ans après, ce règlement là n'est pas encore passé, affirme Sandrine Cabana-Degani, la directrice générale de Piétons Québec.
Non seulement ça lancerait un message à la population, mais ça inciterait aussi les policiers à viser ce comportement, puis à surveiller davantage le respect du passage pour personnes.
Pour sa part, le collectif Pas une mort de plus presse les gestionnaires du réseau routier de prendre leurs responsabilités au lieu de systématiquement rejeter la faute sur les automobilistes. Les causes profondes, c'est-à-dire l'aménagement du territoire et l'aménagement urbain, ils ne s'en soucient pas, observe Anne-Julie Rhéaume, coorganisatrice du collectif.
On peut difficilement être fiers à Québec
La piètre figure de la Capitale-Nationale dans ce bilan soulève également son lot de questions.
À l'échelle régionale, le constat le plus préoccupant se trouve dans la Capitale-Nationale, où le nombre de morts s'est élevé à 35, soit une hausse vertigineuse de 88,2 % par rapport à la moyenne de 2020 à 2024.
Sans vouloir aller jusqu'à noter une tendance spécifique pour la région, Simon Bourassa estime qu'une prise de conscience est certainement de mise. Clairement, dans la Capitale-Nationale, on peut difficilement être fiers du bilan qu'on a aujourd'hui.
Piétons Québec suggère de son côté que les longs délais entre les différentes traverses piétonnes aux intersections peuvent mener à des comportements dangereux. Il y a plusieurs études à l'international qui ont démontré qu'après un certain nombre de secondes, c'est autour d'une minute d'attente, la grande majorité des piétons vont se mettre à risque et traverser lorsque ce n'est pas le temps, avance Sandrine Cabana-Degani.
Les feux de circulation uniquement dotés d'une phase exclusive aux piétons, comme à Québec, ne sont donc pas aussi sécuritaires qu'ils ne le laissent croire, allègue-t-elle.
Avec les informations de Marie-Pier Mercier et de Colin Côté-Paulette


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