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Le dernier né de la gamme Falcon a fait sa première apparition publique. Une fois certifié, ce jet d’affaires évoluera sur le segment du très haut de gamme, de la très grande vitesse et du très long rayon d’action.
Première apparition publique pour le nouveau Falcon 10X, le premier sorti des chaînes d’assemblage de Dassault Aviation* à Bordeaux Mérignac, son QG industriel. Sa présentation a eu lieu mardi soir devant un parterre de quelque 400 invités, parmi lesquels des clients, des partenaires industriels, des opérateurs de flotte d’avions d’affaires ainsi que des représentants des autorités locales et de certification. Le « roll-out », dans le jargon aéronautique, constitue une étape importante dans le déroulement d’un programme que tous les constructeurs célèbrent.
Pour Dassault Aviation, c’est un moment chargé d’émotion et de fierté partagé avec les ingénieurs, les compagnons, le management et la famille Dassault, représentée par Marie-Hélène Habert-Dassault, fille de feu Serge Dassault, accompagnée de son fils Bastien, Laurent Dassault et son fils Julien, ainsi que Thierry Dassault et son fils François.
Le Falcon 10X s’est dévoilé, à l’issue d’une scénographie alliant sons et lumières, depuis le nouveau bâtiment d’assemblage, construit spécialement pour lui. Annoncé en mai 2021, le 10X est le nouveau vaisseau amiral de la gamme Falcon. Il est aussi le plus grand appareil jamais développé par le constructeur français. Ses mensurations (33,4 mètres de long, 33,6 mètres d’envergure) sont, en effet, proches de celles d’un avion de ligne moyen-courrier de type Airbus A319neo.
80% des clients sont des entreprises
Déjà positionné sur le marché des avions d’affaires haut de gamme à large cabine, Dassault Aviation entre, avec le Falcon 10X, sur le segment encore plus exclusif du très haut de gamme, de la très grande vitesse (0,85 Mach en croisière ; 0,92 Mach, soit 950 km/heure, à plein régime) et du très long rayon d’action, soit des 7 500 nautiques (13 890 km). Il peut, par exemple, rallier, d’une traite, New York à Bangalore ou Johannesburg ; Paris à Tokyo ou Santiago, ou encore Pékin à Londres ou Auckland. Les ingénieurs français sont partis d’une feuille blanche pour « créer le plus grand et le plus performant jet d’affaires jamais développé spécifiquement pour ce marché », se félicite le constructeur.
Cette étape s’inscrit « dans l’histoire de la famille Falcon qui est l’histoire d’une montée en gamme », résume Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation. « Après des débuts relativement modestes dans les années 1960, avec les Falcon 20 et 10, nous avons peu à peu positionné nos avions d’affaires sur des segments plus ambitieux, d’abord avec les Falcon 50, 900 et 2000, puis avec les 7X, 8X et 6X. Le Falcon 10X s’inscrit dans la suite logique de cette évolution qui correspond aux besoins des entreprises (..) », explique-t-il.
Les clients de Falcon, composés à 80 % d’entreprises (le solde est réparti à égalité, entre des institutionnels et des particuliers) ont exprimé le besoin d’un « bureau volant » plus grand, pourvu de tous les équipements pour travailler et arriver « frais et dispos » à destination, même après un trajet de quatorze heures. Tout a donc été mis en œuvre pour faire la différence en termes de confort et d’innovation, sur ce segment de marché déjà occupé par des avions américains (Gulfstream) et canadiens (Bombardier).
Le Falcon 10X offre aux passagers (19 personnes, au maximum) la cabine « la plus vaste et la plus lumineuse de l’aviation d’affaires », grâce à son grand espace (16,4 mètres de long sur 2,77 mètres de large, avec une hauteur sous plafond de 2,03 mètres) et ses 38 hublots extra-larges. Elle promet « un niveau inédit de flexibilité pour concevoir un environnement intérieur entièrement personnalisé ». Les clients peuvent « déplacer les murs », selon l’expression du groupe. En clair, tout est possible, de la configuration de base, avec ses quatre espaces (travail, repas, salon et chambre avec grande salle de bains dotée d’une douche) à une distribution des « pièces » à la carte.
Dualité civile et militaire
L’avion est également un concentré de technologies. Le 10X a bénéficié de l’héritage Dassault dans l’aviation de combat. Comme le Rafale, il est doté d’ailes en fibre de carbone avancée d’un aérodynamisme fluide, qui optimise la glisse dans l’air. Il est notamment équipé d’un cockpit « intuitif et ergonomique », avec une avionique (fournie par l’américain Honeywell) et des commandes de vol de nouvelle génération, ainsi qu’un double affichage, dit « tête haute » (HUD), pour le pilote et le copilote. Comme tous les Falcon, le 10X pourra décoller et se poser sur des pistes courtes tel que le London City, l’aéroport d’affaires britannique. Dans la cabine, les passagers ont accès à des connexions internet haut débit (Starlink de SpaceX et système JetWave d’Honeywell).
« Notre dualité civil-défense permet de nous appuyer sur des cycles de marché différents et complémentaires, réduisant ainsi notre exposition à la conjoncture. Pour un acheteur de Falcon, c’est la garantie que l’entreprise qui va s’engager avec lui pour des années, voire des décennies, est pérenne », explique Éric Trappier. « Cette dualité signifie aussi que nos avions militaires et nos avions d’affaires sont conçus à partir du même bureau d’études et produits dans les mêmes usines. Nous entretenons ainsi une relation vertueuse dans laquelle les hautes technologies, issues des activités de défense bénéficient aux activités civiles. Pour un client Falcon, c’est l’assurance que son appareil est bien au top de la technologie. Le 10X est une excellente illustration de cette synergie. »
La gamme Falcon est en plein renouvellement, avec la mise en service du nouveau Falcon 6X, fin 2023. Le 10X a encore des étapes à franchir avant d’entrer en service. Le « roll-out » ouvre la voie au vol inaugural, courant 2026. Ce dernier donnera le coup d’envoi de la campagne d’essais en vol, en vue de la certification de l’avion, dont les moteurs Pearl10X fournis par Rolls-Royce, seront certifiés pour voler avec 100% de carburants d’aviation durable. Une fois le précieux sésame obtenu, les premiers 10X pourront être livrés, le constructeur ayant déjà enregistré des commandes.
Un marché en croissance
Le Falcon 10X entamera sa carrière commerciale sur un marché qui, malgré les crises à répétition, est « actif aux États-Unis » et « plus difficile en Europe », souligne Éric Trappier. Premier marché mondial de l’aviation d’affaires, l’Amérique du Nord a concentré 71% des livraisons en 2025, selon une récente étude d’Honeywell, devant l’Europe (14%), l’Asie Pacifique (5%) ainsi que la zone Moyen Orient/Afrique (3%). L’étude anticipe « une hausse annuelle modeste mais régulière de 3 % par an des livraisons dans les dix ans à venir », afin de servir une demande mondiale portant sur 8 500 nouveaux avions, pour une valeur de 283 milliards de dollars entre 2025 et 2034. Honeywell pointe une demande plus forte pour les avions haut de gamme à long/très long rayon d’action. Ils devraient représenter 37% des volumes livrés et 65% en valeur dans les dix ans à venir. De bon augure pour le Falcon 10X.
*Le groupe Dassault est propriétaire du Figaro


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