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Les attaques ont touché « au moins sept États » selon le FBI et l’Agence étasunienne de protection de l’environnement. Des communes ont notamment été atteintes dans le Minnesota.
C’est un scénario cauchemardesque pour les autorités étasuniennes, comme l’a écrit le New York Times. Des cyberattaques ciblant des réseaux d’eau potable ont été signalées dans « au moins sept États » américains, selon un communiqué diffusé jeudi 30 juillet par l’Agence étasunienne de protection de l’environnement et le FBI, repris par plusieurs médias dont le quotidien new-yorkais et la chaîne NBC News. Cette annonce intervient après que des attaques ont notamment été rapportées dans plus de 30 installations municipales dans le Minnesota.
Il s’agit d’« une des cyberattaques les plus graves contre les réseaux d’eau aux États-Unis depuis des années », écrit pour sa part CNN, selon qui les agences fédérales concernées sont à pied d’œuvre pour s’assurer que la potabilité de l’eau n’est pas affectée. Certains des actes malveillants enregistrés depuis lundi dernier ont perturbé la distribution de l’eau ou de certains services d’assainissement.
Si le coupable n’est pas officiellement connu, l’enquête en étant à ses débuts, les spécialistes cités par l’article du New York Times assurent que l’Iran est le principal suspect. Ils insistent notamment sur le fait que Téhéran a intensifié ses cyberattaques contre le « grand Satan » américain, depuis le début de la guerre lancée par Donald Trump fin février.
Les interlocuteurs du journal new-yorkais relèvent par ailleurs que l’Iran a déjà pris pour cible des réseaux d’approvisionnement d’eau similaires et que l’absence de mobile financier, en l’état, rend la piste de la guerre hybride plus crédible que celle d’une simple attaque crapuleuse. De son côté, CNN rappelle avoir rapporté en avril que des hackers liés à Téhéran avaient réussi à cibler et perturber sites américains pétroliers, gaziers ou liés à l’exploitation de l’eau.
Trump blâme l’« incompétence crasse » des démocrates du Minnesota
La piste iranienne est balayée par Donald Trump, qui a préféré blâmer les autorités démocrates du Minnesota, qui a signalé des attaques. « Je pense que c’est la faute du Minnesota, parce qu’ils sont d’une incompétence crasse », a persiflé le président américain, trop content de tacler « le gouverneur corrompu » de l’État, un certain Tim Walz qui s’est fait connaître comme colistier de Kamala Harris lors de la dernière présidentielle.
Et Donald Trump de railler : « Ils aiment dire : “Oh, c’est l’Iran”. L’Iran devrait s’estimer heureux. L’Iran a des problèmes bien plus importants que de se préoccuper du Minnesota. » La réponse de Tim Walz ne s’est pas fait attendre. « Trump sait exactement qui est responsable de cette attaque », a répliqué le démocrate habitué à ferrailler avec la Maison Blanche, selon qui l’affaire « démontre une fois de plus qu’il n’existe aucun plan pour gagner une guerre contre l’Iran ».
S’il se montre très sûr de lui, Donald Trump n’en a pas moins été contredit par des responsables fédéraux, qui ont assuré en off au New York Times que l’Iran était bel et bien le principal suspect. Le maire d’une des villes touchées par les attaques, cité par le quotidien new-yorkais, assure que ses interlocuteurs au FBI et à l’État du Minnesota « sont pratiquement certains qu’il s’agit d’acteurs iraniens » mais ne se risquent pas à le dire publiquement.
La sécurité des installations américaines en question
Une chose est sûre : ces incidents ont démontré la fragilité des installations américaines face aux cybercriminels. « Nous devons nous tenir prêts », estime Bryson Bort, le fondateur d’une société de cybersécurité cité par NBC News, d’après qui les attaques prouvent que des personnes « veulent nuire aux États-Unis » et s’en donnent les moyens.
« De nombreux services d’approvisionnement en eau potable continuent de s’appuyer sur des infrastructures technologiques dépourvues de contrôles fondamentaux en matière de cybersécurité », abonde Gus Serino, un spécialiste du secteur interrogé par CNN et pour qui « l’ampleur et la coordination » de ces offensives cyber « sont sans précédent ».
L’impératif de sécurisation semble d’autant plus légitime que, comme l’ont noté des experts en cybersécurité et d’ex-responsables des renseignements cités par le New York Times, ces attaques récentes semblent avoir été menées de « manière opportuniste » – là où c’était possible, plus que pour viser une ville en particulier. De quoi faire dire au quotidien américain que « n’importe quelle installation » du pays « présentant une faille de sécurité » est « potentiellement menacée ».


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