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Connu en Sarthe pour avoir ouvert plusieurs discothèques, Alain Bellanger vient de sortir son premier livre. Il se confie, entre fraudes fiscales, voyages et monde de la nuit.
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Par Aurélien Burban Publié le 2 août 2026 à 6h00
L’adage indique que « la vie ne tient qu’à un fil ». Chez Alain Bellanger, c’est Quand la vie danse sur un fil. C’est d’ailleurs le titre de son livre, sorti en mai 2026 en auto-édition. Connu en Sarthe pour avoir géré de multiples établissements de nuit, notamment au Mans, l’homme originaire de La Ferté-Bernard retrace sa vie, entre « l’adrénaline des sommets et le froid des cellules carcérales ». Car oui, il a connu la prison. Et il l’évoque dans son ouvrage, mais aussi en quelques mots à Actu Le Mans.
Alain Bellanger organisait des boums dans le hangar d’une ferme de La Ferté-Bernard
Alain Bellanger naît le 28 mars 1957 à La Ferté-Bernard. Il grandit auprès d’un père ouvrier et d’une mère vendeuse. Dès ses 12 ans, le jeune fertois doué en mathématiques se passionne pour le commerce.
À 16 ans, il organise des boum, tous les samedis, dans le hangar d’une ferme, avec ses copains. « On était environ une cinquantaine à chaque fois. Je faisais office de barman et de DJ où j’utilisais des vinyles sur un tourne-disques. On avait une pièce pour danser, une autre pour dormir. »
Il organise ces soirées déjà comme dans une discothèque. « On vendait des bières à 50 centimes alors qu’on les achetait 30 centimes. Le bénéfice servait à payer la location du hangar. »
Il ouvre sa première boîte de nuit en Sarthe en 1981
En parallèle, CAP mécanique générale en poche, il enchaîne les petits boulots, comme à la Socopa. Il étudie ensuite dans une école de commerce, au Mans. « Je ne voulais pas faire comme mon père. Je le voyais déprimer la semaine après une journée de travail. Il était joyeux pendant les vacances et le week-end. »
Il connaît ses premiers contacts humains en tant que vendeur de machines et d’outils. Il connaît aussi une année en parenthèse, durant laquelle il effectue son service militaire à Vincennes (Val-de-Marne), chez les commandos.
Après toutes ces expériences, Alain Bellanger lance sa première affaire en 1981. « Quelqu’un m’annonce qu’une discothèque est à vendre au Grand-Lucé », raconte-t-il. Mais rassembler 200 000 francs n’est pas une tâche aisée. Il puise donc sur ses économies, tout en obtenant un crédit. Il parvient à réunir la somme avec l’aide de son père, de sa tante et de sa grand-mère.
« J’ai préféré rembourser ma famille plutôt que donner de l’argent aux impôts »
C’est ainsi qu’est fondée La Tour Club. « Mais c’est aussi là que mes problèmes ont commencé ! »
J’ai préféré rembourser ma famille plutôt que donner de l’argent à l’Urssaf.
Car deux ans après cette ouverture, il fait face à son premier contrôle fiscal. À sa place, beaucoup auraient tout arrêté. Lui, ouvre une boîte de nuit en 1994, au Mans, surnommé Le Privé, désormais le rez-de-chaussée du Lockdown.
À 27 ans, j’avais trois boîtes de nuit !
Son esprit d’entreprendre prend le pas. « C’était comme une fuite en avant ! » L’année suivante, il ouvre la grande discothèque de La Milesse, La Selle, où il organise des soirées à 2 000 personnes. « Les jeudis et les vendredis, l’entrée était gratuite. Et c’était rempli ! »
Deux ans plus tard, il crée l’Elysée Matignon en Martinique avec deux salles.
« J’ai fait cambrioler les impôts »
Mais les impôts le poursuivent. Les contrôles se font fréquents, notamment en 1987. « Soit je payais et je repartis de zéro. Soit je continuais, en assumant les conséquences. »
Celui lui vaut un premier séjour carcéral de trois mois pour fraude fiscale. « Lorsque je sors, je trouve une idée soi-disant géniale. Si mon dossier disparaissait, il ne pourrait plus me poursuivre, vu que ce n’était que du papier. »
J’ai fait cambrioler les impôts !
Son dossier disparaît, et lui aussi, partant outre-mer, en Martinique pendant deux ans. Finalement : « Je suis convoqué par la police au Mans. » Le cambrioleur a parlé !
Alain Bellanger est condamné à 30 mois de prison. Il sort plus tôt, en 1991, grâce à une bonne conduite, mais il bénéficie aussi d’une liberté conditionnelle.
Il crée un jeu de grattage avec un certain Jean-Pierre Papin
Le prisonnier redevient entrepreneur, ayant retenu les leçons du passé. Son envie de projets est même plus grand : pizzerias, rachat de crédit ou encore création d’un jeu de grattage avec Jean-Pierre Papin.
Il n’en oublie pas le monde de la nuit, ouvrant des bars et restaurants, sans oublier des discothèques de saisons ou encore la boîte gay à Megève, non loin d’Annecy.

Il revient au Mans en 1999, créant le Nulle Part Ailleurs, rue des Ponts-Neufs, et ses soirées blanches. En 2000, il fonde le Divino, rue du Port, qui devient l’Opéra l’année suivante, lieu privilégie des sportifs de haut niveau. Et en 2002, c’est Le Napoléon Eugénie qui naît, fermé à cause d’un problème de nuisances sonores envers le voisinage.
En 2004, il part pour l’île de Saint-Martin, aux Antilles, où tente d’ouvrir un restaurant.
Il possède encore les murs de trois établissements de nuit au Mans
Une pause de onze ans s’ensuit. Il réinvestit au Mans qu’en 2013, où il fonde la Loge. Deux ans plus tard, se crée le Lockdown, à la place du Privé, collé à la Loge. En 2017, le bar de nuit l’Elephant Pub fait son apparition, collé au Lockdown. Des établissements toujours en fonctionnement, cette fois sous la houlette de Christophe Beylie. En 2023, il crée Les Enfants Terribles, rue des Ponts-Neufs, remplacé par un bar du même nom depuis début juillet 2026.
Aujourd’hui, Alain Bellanger vit à l’Île Maurice. Il revient au Mans, l’été, pour épauler les équipes des trois établissements dont il possède encore les murs.
Il raconte toute sa vie dans son livre
Toute cette vie, le Sarthois le raconte son livre, disponible sur Amazon mais aussi dans la librairie Thuard au Mans. « Je voulais préserver une trace de ma vie. D’autant plus que je n’en ai retrouvé aucune de mon grand-père, qui était multi-commerçant, comme moi. »
Il se livre enfin sur ses « amitiés sincères » mais aussi « les trahisons les plus basses ».
Quand la vie se danse sur un fil d’Alain Bellanger, éditions Authentik, 350 pages. Prix : 19,90 €. Disponible sur Amazon et la librairie Thuard au Mans.
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