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La spécialité culinaire mexicaine et très populaire est devenue la polémique brûlante de l’été, son prix alimentant des débats chez les conservateurs autour du pouvoir d’achat.

FOODCOLLECTION GESMBH / foodcollection via AFP
C’est la question du pouvoir d’achat qui agite, en réalité, le camp républicain. (photo d’illustration)
Et si les difficultés des Républicains avant les « midterms » se résumaient… à un burrito ? Le prix de cette spécialité mexicaine, très appréciée des Américains, se retrouve au cœur d’une controverse outre-Atlantique, où la droite américaine se déchire autour du « burritogate » – littéralement, « l’affaire du burrito ». Mais comment cette simple tortilla fourrée de riz, de viande, de haricots et d’autres garnitures est-elle devenue la question brûlante de l’été ?
Tout est parti d’un simple échange de tweets. Le podcasteur conservateur Matt Walsh s’est plaint dans un post sur X le 3 août des prix « dingues » de l’alimentation avant d’inviter les Républicains à se « concentrer sur ce problème ». Le porte-parole de l’organisation de jeunesse conservatrice Turning Point USA, Andrew Kolvet, a alors renchéri dans un message publié vu plus de 3,6 millions de fois sur X.
« Un étudiant de TPUSA m’a donné son avis sur le coût de la vie » et affirmé qu’« un burrito ne devrait pas coûter 20 dollars », a-t-il écrit avant de poursuivre : « Il est vrai que c’est dû en grande partie aux suites du Covid et de l’inflation sous Biden, justifie le conservateur, mais l’expérience quotidienne est la même : l’impression que les produits de base coûtent trop cher. »
Si Donald Trump se targue d’avoir amélioré le pouvoir d’achat des Américains, les chiffres disent le contraire. Le prix de l'alimentation a pris plus de 4 % depuis l’arrivée du milliardaire républicain à la Maison Blanche, pointe la chaîne ABC News.
De quoi inquiéter avant les midterms : le coût de la vie était cité comme la principale préoccupation par 35 % des personnes interrogées dans une enquête d’opinion de l’université Marquette citée par l’AFP. Les élections pourraient se transformer en procès en déconnexion où Donald Trump a tout à perdre.
Des jeunes « chouineurs » et « pleurnicheurs » ?
Mais loin de remettre en question la politique trumpiste, certains conservateurs ont préféré remettre en question le prix élevé de 20 dollars le burrito, et reprocher à la jeunesse américaine ses goûts de luxe. Ce débat est « débile », a tancé l’élu texan Dan Crenshaw, invitant sur X les jeunes à « arrêter de chouiner, trouver un boulot et manger des ramens comme tout le monde le faisait à l’université ».
D’autres conservateurs ont sorti la calculette, à l’image du podcasteur Joel Berry. Ce dernier a assuré que sa femme « a préparé des burritos faits maison » pour huit personnes qui ont coûté « moins de 20 dollars au total ». « Je commence à penser que la crise du pouvoir d’achat est en réalité une crise du “Je ne sais pas cuisiner” », a-t-il grincé.
« Un burrito ne coûte 20 dollars que si vous le commandez [depuis chez vous] parce que vous êtes trop feignant pour marcher » jusqu’à une chaîne de fast-food « où vous pouvez le trouver pour 3,99 dollars », a asséné Marc Thiessen, ex-conseiller de George W. Bush devenu éditorialiste. L’explication des 20 dollars, prix de livraison compris, est jugée crédible par le Washington Post qui pointe qu’un burrito de la chaîne Chipotle coûte 13,37 dollars dans la capitale fédérale.
Dans un premier message sur X, Marc Thiessen avait accusé les étudiants de « pleurnicher ». Des mots qui ont visiblement déplu au vice-président JD Vance, qui l’a violemment taclé avec une référence à sa corpulence. « Je suis étonné par les propos de Marc, a-t-il écrit, si vous l’avez déjà rencontré en personne, il est assez évident qu’il ne dit jamais non à un burrito. »
« Nous perdrons et nous l’aurons mérité »
Ces commentaires de commentaires ont amené encore d’autres commentaires, qui donnaient raison aux jeunes de s’indigner du coût de la vie. Ceux « qui disent de manger à la cantine ou d’acheter des burritos à réchauffer au micro-ondes sont à côté de la plaque », a cinglé Angela Morabito, de l’organisation conservatrice Defense of Freedom Institute. « Si la “solution” de la droite à la crise du pouvoir d’achat est de dire aux gens de manger moins bien, nous perdrons et nous l’aurons mérité », a-t-elle asséné sur X.
Ces déchirements à droite poussent Fox News à parler d’une « guerre civile ». Celle-ci oppose un premier camp avec les conservateurs libéraux, défenseurs d’une économie de marché à la dure, et les trumpistes favorables à l’impopulaire intervention en Iran. Pour eux : les Américains n’ont qu’à se mettre aux fourneaux pour limiter les coûts. Le camp d’en face, qualifié d’« aile populiste » du Parti républicain par Fox News, craint que le discours libéral ne dégoûte les électeurs avant les midterms.
D’autres tentent de ménager la chèvre et le chou, à l’image de Karol Markowicz, l’éditorialiste du tabloïd de droite The New York Post, qui assure que « les prix ont en réalité baissé » et blâme les « gauchistes » qui se vautrent dans le « communisme ». Pour autant, la journaliste incite les Républicains à se montrer plus à l’écoute d’une jeunesse dont une partie est « vraiment en difficulté financière », faisant un parallèle avec le « cliché » misogyne des « épouses qui veulent seulement que leurs maris les écoutent se plaindre, sans proposer de solutions ».
Face aux « chants des sirènes » d’une gauche soi-disant irresponsable, les Républicains « doivent prendre le temps d’expliquer » que ce sont les politiques démocrates qui ont « plongé » le pays dans le « gâchis coûteux », nécessitant quelques efforts pour redresser la barre, affirme Karol Markowicz. Reste à voir si pareil message pourra être passé, ou même entendu, d’ici les élections de novembre.


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