Depuis quelques mois, certaines voies peuvent être réservées au covoiturage, c’est-à-dire aux véhicules transportant au moins deux personnes. Pourtant, de nombreux automobilistes reçoivent des PV à 135€ faute de détection de la part des agents et des radars. Comment se défendre? Nous avons posé la question à Maître Jean-Baptiste Le Dall, avocat spécialisé dans le droit routier et la défense des automobilistes.

Nicolas Laperruque - 09 mars 2026 à 07:05 | mis à jour le 09 mars 2026 à 08:54 - Temps de lecture :

  • La voie réservée au covoiturage est destinée aux véhicules transportant au moins deux personnes. Photo Le Progres/Richard Mouillaud

    La voie réservée au covoiturage est destinée aux véhicules transportant au moins deux personnes. Photo Le Progres/Richard Mouillaud

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  • Les panneaux lumineux permetten de repérer la voie réservée au covoiturage et aux véhicules à très faibles émissions ainsi qu’aux transports en commun. Photo B.L.

    Les panneaux lumineux permetten de repérer la voie réservée au covoiturage et aux véhicules à très faibles émissions ainsi qu’aux transports en commun. Photo B.L.

« Entrée en vigueur depuis le 3 mars 2025, la voie réservée au covoiturage est destinée aux véhicules transportant au moins deux personnes (excepté les poids lourds de plus de 3,5 t), les transports en commun, les taxis, les véhicules d’intérêt général prioritaire et enfin les VTC transportant au moins un client. » rappelle l’Association 40 Millions d’automobilistes.

Un bébé est-il un passager ? 

« Pourtant, de nombreux automobilistes, usagers de la voie de covoiturage, reçoivent des contraventions de 135 €. La vidéo-verbalisation, assistée par ordinateur et assurée par les agents assermentés, échoue lamentablement à détecter la présence des bébés à l’aide de leurs dispositifs de sécurité », rappelle l’association. Mais un bébé est-il considéré comme un passager à part entière ?

Me Jean-Baptiste Le Dall. Photo Amélie Marzouk

Me Jean-Baptiste Le Dall. Photo Amélie Marzouk

Que dit la loi et comment contester ? 

« Un bébé est évidemment un passager à part entière » rappelle Maître Le Dall. « En effet, aucune mention n’exclut les bébés de cette mesure. Il y a de nombreux automobilistes qui sont verbalisés tout simplement parce qu’on ne voit pas la tête du bébé au travers du pare-brise. On se retrouve dans une situation ubuesque où l’automobiliste va devoir contester ». rappelle notre avocat. 

« Il faudra contester auprès de l’Officier du ministère public, qui jugera de la pertinence de la demande. Ce qui ne sera pas évident et sans aucune garantie de résultat. Nous sommes censés avoir des radars intelligents mais ils ne sont pas conçus pour fonctionner correctement en détectant tous les passagers ».

« On espère que le cliché pourra permettre d’identifier un bébé ou un siège bébé. A noter qu’on peut contester en ligne, afin d’éviter d' envoyer un courrier recommandé », ajoute Maître Le Dall.

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