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Le Suzuki Plaza Museum à Hamamatsu, Japon est le genre d’endroits à ne pas louper, pour tout amateur d’automobile ou de moto en voyage au Japon.
Ce musée, dédié à la marque Suzuki, retrace l'histoire de Suzuki depuis sa création en 1909. L’occasion de découvrir l’histoire de la marque Suzuki, fondée par Michio Suzuki avec la fabrication de métiers à tisser.
L’entreprise se tourne vers les motos dès 1952 et les autos en 1955. Tous les modèles importants de la marque sont présents dans les allées du musée, mais aussi des véhicules complètement oubliés.
C’est au détour d’une allée que nous avons retrouvé ce Suzuki Carry Van électrique.
Exposition universelle d’Osaka
Nous sommes en 1970 et, pour la première fois, le Japon accueille l’Exposition Universelle, à Suita, une ville en banlieue d’Osaka, du 14 mars au 13 septembre. Le thème de l'Exposition est « Progrès et harmonie pour l'humanité ».
Mais pour accueillir les 64 millions de visiteurs attendus, et les délégations des 77 pays participants, les organisateurs ont besoin d’en assurer la sécurité. L’organisation lance un appel d'offres pour des petits véhicules de patrouille.
Un cahier des charges strict
Pour assurer des patrouilles, transporter des employés de maintenance, ou assurer une logistique légère pendant l’Exposition Universelle, les organisateurs demandent un véhicule se déplaçant en silence, qui n’émet aucune fumée, le tout dans un encombrement minimal répondant à la réglementation des keijidosha, aussi appelées kei-cars.
Le constructeur japonais Suzuki, déjà spécialisé dans les petites autos, va relever le défi.
Carry Van, qui es-tu ?
Pour ce faire, Suzuki va partir d’une base de Carry Van L40V, un petit utilitaire présent dans la gamme du constructeur et répondant à la réglementation kei-cars avec sa longueur de 2,99 m.
Un véhicule lancé en juillet 1969 et dessiné par Giorgetto Giugiaro ! On reconnaît la patte du designer dans cette originale camionnette citadine.
En novembre de la même année, une version fourgonnette dotée de deux portes latérales ouvrantes et d'un hayon arrière à charnières supérieures est ajoutée.
Mais tout le génie de cette voiture tient dans sa symétrie entre l’avant et l’arrière mais également dans l’optimisation incroyable de l’espace intérieur rapporté à son encombrement extérieur.
Une version électrique
Suzuki va s’associer avec le fabricant de batteries Yuasa et utiliser un pack de six accumulateurs dotés d’une tension totale de 60V. Le cahier des charges précise que l’autonomie devra primer sur les performances.
Ca tombe bien parce que la puissance reste pour le moins modeste avec 4,6 kW, soit environ 6,25 ch envoyés sur les roues arrière.
La vitesse maximale tourne aux alentours de 45 km/h, ce qui sera largement suffisant pour se déplacer sur les sites de l’Exposition universelle.
Des solutions modernes
L’autonomie est d’environ 50 kilomètres à 20 km/h. Une valeur très théorique, soumise à de fortes variations suivant l’usage, mais là aussi bien en rapport avec l’usage demandé.
C’est plutôt l’architecture qui impressionne avec une transmission reprenant le pont arrière du Carry adapté au moteur électrique.
Le moteur et les batteries seront entièrement implantés sous le plancher afin de libérer tout l’espace intérieur pour les passagers ou le chargement.
Que sont-ils devenus ?
Le destin de ces véhicules électriques reste assez flou. On parle d’une dizaine d’exemplaires produits, qui auraient été fournis à l’organisation de l’Exposition Universelle.
L’exemplaire exposé au musée Suzuki d’Hamamatsu est d’ailleurs présenté comme une “réplique fidèle” plutôt que comme un exemplaire original. Il est fort probable que ces véhicules aient été détruits depuis.
Suzuki, pionnier des nouvelles technologies
Toujours est-il que cette aventure électrique ne s’arrêtera pas à l’Exposition Universelle pour le constructeur japonais. En 1979, Suzuki va s'intéresser à l’hydrogène avec la Suzuki LH2, basée sur la Suzuki Cervo.
Un véhicule dont le trois cylindres à deux temps de 539 cm3, propulsé à l’hydrogène liquide, réduisait les émissions de NOx de 60% et assurait une autonomie de 400 kilomètres.
Si aujourd’hui Suzuki est connu pour ses véhicules hybrides, c’est aussi grâce à la Baleno SHVS, qui devient en 2016 le premier hybride léger avec son système hybride 48V.


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