Il est vendredi, jour chômé au Yémen, et pourtant Abdul Aziz al-Maghidi, chef des opérations militaires de la région de Taiz, s’affaire dans son bureau. Cet homme d’une cinquantaine d’années à la moustache drue tire sur une ficelle. De petits rideaux à lamelles s’écartent, dévoilant une immense carte collée à un mur. Y figurent toutes les lignes de front, y compris dans la ville même.
Fin 2014, lors du coup d’Etat fomenté par le mouvement zaydite – branche minoritaire du chiisme – allié de l’Iran, Taiz et ses alentours sont devenus le théâtre de terribles affrontements. Les houthis ont finalement été repoussés dans les faubourgs nord de la ville. Ils en occupent actuellement un tiers. Une longue balafre parcourt aujourd’hui la plus grande cité du Yémen. «Nous voulons une guerre décisive et définitive contre ces descendants des mages perses, ces terroristes», lance cet officier.


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