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Interrogée par la BBC, la jeune fille n’était manifestement pas ravie des annonces de Keir Starmer, qui va prochainement interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans.
Par Maxime Dhuin avec AFP

Capture d’écran BBC
Le sarcasme de cette ado Britannique face à l’interdiction des réseaux aux jeunes est devenu viral.
La décision ne va pas le rendre populaire dans les collèges et les lycées du Royaume-Uni. Keir Starmer a annoncé ce lundi 15 juin l’interdiction prochaine de l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans. Le Premier ministre britannique a estimé que la mesure était nécessaire pour « protéger [les] enfants », tout en reconnaissant qu’elle serait difficile à appliquer.
Cette annonce intervient alors que l’Australie et l’Indonésie ont déjà instauré des mesures similaires et qu’un projet de loi est à l’étude au Parlement français pour les moins de 15 ans, mais elle ne fait pas forcément plaisir aux premiers concernés. Interrogée sur le sujet par une journaliste de la BBC, une adolescente britannique a apporté une réponse pleine de sarcasme qui est devenue virale.
Après avoir expliqué qu’elle « ne pensai[t] pas vraiment que [l’interdiction] arriverait » et qu’elle croyait que Keir Starmer « se dégonflerait », la jeune fille n’a pas caché le fait qu’elle n’était pas heureuse de la décision. « Tu auras soudainement beaucoup de temps à occuper », lui a fait remarquer la journaliste avant de demander : « Que vas-tu en faire ? » Ce à quoi l’adolescente, manifestement blasée, a répliqué : « Fixer un mur. »
Cette réponse a suscité beaucoup de réactions amusées sur les réseaux sociaux, où l’échange entre la jeune fille et la journaliste cumule des millions de vues. « Starmer a énervé tous les adultes du Royaume-Uni, et maintenant il exaspère aussi tous les enfants », a ironisé sur X un internaute visiblement peu favorable au Premier ministre, quand d’autres ont décrit ses propos comme « hilarants » ou « iconiques ». « Cette conversation va se répéter ce soir autour des tables de cuisine partout dans le pays », a pronostiqué Pippa Crerar, une journaliste du quotidien The Guardian, dans un message sur X.
« Les réseaux sociaux rendent les enfants malheureux »
Les sarcasmes ou l’hostilité de certains adolescents ne devraient pas faire reculer Keir Starmer, qui a présenté l’interdiction comme une « étape importante » pour le pays et les familles, au cours d’une conférence de presse depuis Downing Street, à trois jours d’une élection cruciale pour son maintien à la tête du Labour et du pays, où il est de plus en plus contesté.
« Les réseaux sociaux rendent les enfants malheureux. Ils facilitent le harcèlement et les abus », a-t-il déclaré. Beaucoup de détails pratiques restent à préciser avant l’adoption de la loi, espérée « avant Noël » pour une entrée en vigueur « au début de l’année prochaine, probablement vers le printemps », selon le Premier ministre. L’interdiction concernera notamment Snapchat, TikTok, YouTube, Instagram, Facebook et X. Mais pas les applications de messagerie comme WhatsApp et Signal.
Le Royaume-Uni va également prendre des mesures visant les plateformes de jeux vidéo et de streaming, a précisé M. Starmer. Il s’agit de bloquer certaines fonctions, comme la possibilité pour un inconnu de communiquer avec un mineur de moins de 16 ans, a détaillé le gouvernement. Ces restrictions seront aussi « activées par défaut » pour les moins de 17 ans.
Londres envisage aussi des « couvre-feux nocturnes et des pauses dans (les fonctions de) défilement automatique (de contenus) pour les moins de 18 ans ». Et les mineurs ne pourront pas faire usage des chatbots utilisant l’IA pour simuler des relations sexuelles ou des jeux de rôle. Londres a déjà sommé début juin les géants de la tech comme Apple ou Google de déployer sous trois mois des outils bloquant l’envoi et la réception d’images sexuellement explicites par des mineurs, les menaçant de légiférer.
Le seuil de 13 ans était déjà « difficile à appliquer »
Cette annonce intervient à l’issue d’une consultation nationale devenue la deuxième plus large du pays avec environ 116 000 contributions, selon Downing Street. Quelque 91 % des parents y ayant répondu ont soutenu une telle interdiction. Dans une réaction transmise à l’AFP, l’organisation TechUK, qui regroupe la majorité des plateformes affectées par l’interdiction, a affirmé vouloir « un monde en ligne plus sûr pour les enfants », mais estimé que les mesures annoncées « risquaient de déplacer le problème plutôt que le résoudre réellement ».
Keir Starmer a reconnu que les nouvelles mesures seraient « difficiles » à faire appliquer, et qu’il faudrait toujours « apprendre aux enfants » à utiliser les réseaux sociaux. « Certaines entreprises technologiques veulent nous faire croire que les réseaux sociaux sont immuables et font partie d’un ordre presque naturel. Mais nous devons résister à cette forme d’impuissance », a-t-il insisté.
Certes, il existe un risque que les enfants « contournent » la réglementation, mais les lois « sont aussi l’expression de nos valeurs », a-t-il affirmé. Une limite pointée par le syndicat des directeurs d’école, qui juge nécessaire de mettre en place des « mesures vraiment efficaces de vérification de l’âge », estimant que le seuil actuel de 13 ans est déjà « difficile à appliquer ».


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