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  • Soutenus par tout un territoire, les ultras de Saint-Étienne plongés dans la tourmente

Menacés de dissolution pour la deuxième fois en à peine un an par le ministère de l’Intérieur, Magic Fans et Green Angels, les deux groupes ultras stéphanois sont, depuis le début des années 90, les garants de l’ambiance qui règne dans les tribunes de Geoffroy-Guichard à chaque rencontre.

À Saint-Étienne, Jean-François Vernet - Aujourd'hui à 07:30 | mis à jour aujourd'hui à 08:32 - Temps de lecture :

 « Le Chaudron ne se dissout pas ». Photo EBRA /Le Progrès/Clara Serrano Une manifestation des supporters de l’ASSE : « Le Chaudron ne se dissout pas ». Photo EBRA /Le Progrès/Clara Serrano

Dissoudra, dissoudra pas ? C’est la question qui agite tout Saint-Étienne depuis le 13 avril. Ce jour-là, des représentants des Magic Fans et des Green Angels sont allés défendre, à Paris, leur cause devant la commission nationale consultative de prévention des violences, après l’annonce du ministère de l’Intérieur de l’ouverture d’une procédure de dissolution des deux groupes ultras de l’ASSE.

Si on ne sait pas exactement ce qui est reproché aux supporters des Verts, les arrêtés préfectoraux d’interdiction de déplacement mentionnent régulièrement des dégradations de sièges en tribune, l’utilisation d’engins pyrotechniques, des rixes entre Stéphanois et parfois avec des supporters adverses, ou encore des dégradations sur des aires de repos d’autoroute. Des actes certes répréhensibles, mais qui ne doivent pas faire passer au second plan l’incroyable ferveur dont ces passionnés à l’extrême font preuve lors de chaque rencontre dans le « Chaudron », le stade Geoffroy-Guichard. Kop nord (Magic Fans) et kop sud (Green Angels) rivalisent d’originalité dans leurs tifos et encouragent leurs protégés 90 minutes durant.

Des soutiens politiques, mais pas de politisation

Les responsables des deux groupes sont aussi des interlocuteurs privilégiés pour le club et les forces de l’ordre. De cela, élus locaux et parlementaires de tous bords politiques sont convaincus. En atteste la présence à leurs côtés, le 11 avril, du maire socialiste de Saint-Étienne Régis Juanico, du député Pierrick Courbon (Parti socialiste) ou encore des sénateurs Pierre-Jean Rochette (Les Indépendants) et Hervé Reynaud (Les Républicains), pour ne citer qu’eux, lors d’un rassemblement de soutien qui a réuni 4 300 personnes, selon la préfecture.

Quelques jours auparavant, le 2 avril, l’édile stéphanois et les 10 parlementaires ligériens, toutes tendances politiques confondues, de La France insoumise à Les Républicains, avaient adressé au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez un courrier dans lequel ils faisaient part de leur « ferme opposition à la dissolution des groupes de supporters de l’AS Saint-Étienne, que le gouvernement [venait] de réactiver. » Ils ont rappelé dans cette lettre « les effets contre-productifs en matière d’ordre public, les dangers de la perte d’interlocuteurs indispensables à la sécurité et le risque élevé de contentieux » qu’une telle décision entraînerait. Le président du club, Yvan Gazidis, a lui aussi manifesté son soutien, affirmant dans les colonnes du Progrès que « dissoudre deux groupes de supporters ne fait pas une stratégie de sécurité ».

Ces groupes structurés, en dehors de toute politisation, permettent sans doute de canaliser et d’encadrer les supporters les plus remuants. Et que dire des actions caritatives qu’ils mènent régulièrement et en toute discrétion ? Les « Magic » lèvent ainsi des fonds au profit de la Ligue contre le cancer depuis près de 30 ans tandis que les « Green » collectent des denrées alimentaires pour les Brigades de solidarité depuis le Covid. Des actes de bienfaisance parmi d’autres qui font d’eux des acteurs incontournables de la cohésion sociale de la ville.

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