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Assassinat de Samuel Paty : jusqu’à 15 ans de prison en appel pour les auteurs de la campagne de haine

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Quatre hommes étaient jugés depuis cinq semaines par la cour d’assises spéciale de Paris pour leur rôle dans l’assassinat du professeur en 2020.

L’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020 avait jeté l’effroi alors que se tenait le procès des attentats de janvier 2015.

BERTRAND GUAY / AFP

L’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020 avait jeté l’effroi alors que se tenait le procès des attentats de janvier 2015.

La justice s’est prononcée. La cour d’assises spéciale de Paris a condamné Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui à 10 ans et 15 ans de réclusion criminelle en appel, ce lundi 2 mars, pour leur rôle dans l’assassinat du professeur Samuel Paty. De leur côté, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, proches du tueur et inculpés pour complicité d’assassinat ont été condamnés à 6 et 7 années de prison.

Brahim Chnina, un père d’élève âgé de 54 ans, et Abdelhakim Sefrioui, militant islamiste de 66 ans, répondaient de leur campagne de haine contre le professeur d’histoire-géographie : elle ne s’était arrêtée que le 16 octobre 2020, quand un jihadiste tchétchène de 18 ans l’avait décapité pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet dans son cours sur la liberté d’expression au collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines.

Le parquet général avait réclamé vingt ans de réclusion contre les deux hommes, qui ne connaissaient pas le tueur, mais seraient « à l’origine du mal ». En première instance, ils avaient été condamnés à 13 et 15 ans pour association de malfaiteurs terroriste.

Les avocates générales avaient demandé 16 ans d’emprisonnement pour Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov. Les deux hommes proches du tueur, âgés de 24 ans et 25 ans, ont véhiculé Abdoullakh Anzorov et l’ont aidé à se procurer des armes. Ce dernier a été tué par la police qu’il menaçait. Les quatre hommes contestaient avoir poursuivi une intention criminelle, nécessaire pour condamner.

« Mon amour pour ma fille m’a aveuglé »

Avant que le jury se retire pour délibérer ce lundi matin, Naïm Boudaoud a avancé : « Je voulais m’adresser à la famille de Samuel Paty, je n’ai jamais eu l’intention de vous faire du mal, de vous nuire, j’aurais aimé vous convaincre de mon innocence, je me sens impuissant face à votre douleur ». Il assure avoir été « instrumentalisé » par le tueur. Azim Epsirkhanov a également répété son innocence.

Brahim Chnina a également présenté ses excuses à la famille de Samuel Paty, argumentant qu’il voulait « défendre » et « protéger » sa fille : « mon amour pour elle m’a aveuglé. J’ai beaucoup de regrets ». « Je ne suis pas un terroriste », a-t-il également répété à plusieurs reprises. Abdelhakim Sefrioui a souligné qu’à son âge « une condamnation signifierait probablement (la) mort en prison ». Une brève déclaration qui reflétait le manque d’empathie qui avait déjà pu être décelée tout au long de l’audience.

Les condamner pour complicité d’assassinat sans avoir prouvé qu’ils aient eu conscience du projet criminel marquerait la poursuite d’un « glissement irréversible », « une marche en avant répressive dont il sera de plus en plus difficile de (se) départir », avait prévenu l’avocat Martin Méchin pour Naïm Boudaoud.

L’assassinat de Samuel Paty avait jeté l’effroi alors que se tenait le procès des attentats de janvier 2015. Le parquet général avait relevé ces « enjeux sociétaux » et la nécessité d’un verdict protégeant l’école. « C’est un piège qu’on vous tend », « la pression populaire, j’espère que vous n’y êtes pas sensibles », a répondu Me Méchin à l’adresse des sept juges professionnels.

Les débats ont été marqués par des incidents procéduraux exceptionnels : deux magistrates écartées après la mise en cause de leur impartialité et un ministre, Laurent Nuñez, qui écrit directement à la présidente de la cour pour rectifier son témoignage.

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