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Des chercheurs de l'Université Simon Fraser, à Vancouver, ont étudié les sentiments éprouvés par des adeptes de la course à pied afin de comprendre pourquoi cette activité sportive peut générer une sensation agréable, mais aussi pénible.
L’équipe de Stella Harden, qui est candidate au doctorat en géographie à la SFU et qui a dirigé cette étude (nouvelle fenêtre) publiée dans la revue Wellbeing, Space and Society, a examiné 3225 publications sur Strava, l'application qui fonctionne comme un réseau social.
Ces informations sont issues de 137 profils de coureurs qui se sont portés volontaires pour publier leurs informations.
Les chercheurs ont pris en compte des données affichées entre 2010 et 2021.
Nous avons toutes les courses réalisées. Avec les publications analysées, on sait où les gens courent, quelles descriptions ils en font à leurs amis sur l’application. Des avis les plus positifs aux plus négatifs, ce qui nous permet de voir quels sont les sujets qui donnent le plus lieu à des commentaires, explique Stella Harden.
L'aspect psychologique
L’équipe de Stella Harden a défini six facteurs clés.
Nous avons pris en compte tous les thèmes de discussions qui apparaissent dans les publications et nous avons défini six catégories. La plus populaire était celle de l’aspect psychologique de la course et les publications en lien avec le bien-être. Une autre catégorie très populaire est celle des conditions météorologiques et de l’environnement de la course, précise Stella Harden.
Ella Worrall, originaire de Vancouver, court deux à trois fois par semaine depuis un an. À l'heure actuelle, elle poursuit ses études à Bruxelles et revient sur les bénéfices de la course à pied.
Cela me fait énormément de bien. Ça m’apaise tout de suite quand je me pose trop de questions sur ce que je fais ici [à Bruxelles], témoigne la jeune femme.
Vancouver, un cadre particulier
Rabih Majzoub, entraîneur de course et entraîneur personnel certifié, établi à Vancouver, a créé le groupe Striderz Run Club. Chaque dimanche, notamment, il réunit entre 40 et 50 coureurs de tous les niveaux qui partent du quartier Village olympique.

Rabih Majzoub, entraîneur de course et entraîneur personnel certifié, à Vancouver, a créé le Striderz Run Club, pour des amateurs de course à pied.
Photo : Striderz Run Club
Je vois des gens qui arrivent stressés, fatigués mentalement, mais, après la course, je constate que les gens sont plus calmes et plus confiants, affirme-t-il.
Rabih Majzoub ajoute que le fait de vivre à Vancouver permet de profiter d’espaces extérieurs intéressants comme les parcs, même si la présence du trafic routier ou de travaux dans les rues et sur les trottoirs peuvent être un frein à la motivation des gens, précise-t-il.
Ella Worrall fait le même constat : Il n'est pas toujours facile de se retrouver sans les voitures ou dans des endroits qui sont bien éclairés.
Une application connue des sportifs
L’équipe de la SFU a principalement rassemblé et analysé des commentaires de Strava, l'une des applications les plus connues des sportifs. Rabih Majzoub l’utilise dans sa pratique.
Pour moi, Strava, c’est vraiment le Facebook du coureur […] on voit ce que les gens font, on peut aimer les commentaires. J’utilise Strava pour repérer la façon dont les gens se sentent après la course, explique l'entraîneur de course.

Les applications sportives aident les adeptes de la course à pied.
Photo : iStock / AndreyPopov
L’étude de la SFU a aussi montré qu’il y avait une différence entre les hommes et les femmes.
Dans les publications analysées par l’équipe de Stella Harden, une tendance montre que les hommes se concentrent davantage sur la compétition avec les autres coureurs et comparent les chiffres de leurs performances sportives.
La tendance observée chez les femmes montre davantage de commentaires portant sur leur sécurité personnelle et notamment pour les courses nocturnes.
Repenser la ville
Stella Harden pense que les résultats devraient servir à repenser l’organisation des villes.
Nous espérons que nos résultats vont aider la Ville de Vancouver en particulier, mais aussi d’autres villes au Canada, à imaginer des espaces propices à la course à pied et à l’activité sportive en général, conclut-elle.


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