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Après l’affaire Lyhanna, Emmanuel Macron défend (encore) son action : « on a fait de multiples lois »

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Invité du journal de 13h de TF1 ce lundi, le chef de l’État a redit que le manque de moyens de la justice n’était pas en cause dans le meurtre de la jeune fille de 11 ans.

Emmanuel Macron au 13h de TF1 ce lundi.

SIMON WOHLFAHRT / AFP

Emmanuel Macron au 13h de TF1 ce lundi.

EN BREF Emmanuel Macron défend son bilan sur la justice après la mort de Lyhanna.
Il rappelle l’augmentation du budget du ministère de la Justice et des effectifs policiers, insistant sur la responsabilité individuelle du principal suspect.
Le chef de l’État ne se prononce pas sur la proposition de loi intégrale déposée à l’Assemblée nationale par un éventail large de députés.

Emmanuel Macron était l’invité, ce lundi 15 juin, d’un journal de 13h de TF1 exceptionnellement délocalisé à Évian (Haute-Savoie) à l’occasion du G7. Après de longues minutes consacrées à l’actualité internationale, et notamment à l’accord de paix annoncé (mais pas encore signé) entre les États-Unis et l’Iran, le chef de l’État a été ramené à la situation française.

Impossible de passer à côté de la mort de Lyhanna, 11 ans, qui a tant ému les Français. Le président, qui avait déjà expliqué que le manque de moyens de la justice n’était selon lui pas en cause dans cette affaire, s’est employé à défendre mordicus son bilan. « On a fait de multiples lois depuis 2017, on a augmenté comme jamais le budget de la justice, on a embauché des milliers de policiers et de gendarmes », a-t-il déclaré, soulignant « qu’il y avait moins de monde qu’aujourd’hui dans les prisons » quand il est entré à l’Élysée il y a neuf ans.

Plutôt qu’une remise en cause globale du fonctionnement de la justice, à laquelle s’attellent certains responsables politiques qui appellent à donner plus de moyens aux tribunaux, Emmanuel Macron préfère rappeler la responsabilité individuelle de l’homme mis en cause. « Il y a un violeur et un assassin, ne l’oublions pas, a-t-il exprimé. Celui qui a commis ce crime doit être puni le plus sévèrement possible ». Façon d’évacuer le problème structurel des violences commises contre les femmes ou contre les enfants, alors que Gérald Darmanin a révélé qu’un nombre faramineux de plaintes (70 000) étaient en attente.

Une affirmation avec laquelle François Roujou de Boubée, l’avocat de la famille de Lyhanna, n’est pas d’accord. Face à la presse mercredi, il a expliqué que « les moyens qu’on accorde à la justice et à leur efficacité, oui, monsieur le Président, c’est le vrai cœur du problème ». « J’ai vu des gendarmes, des policiers, des magistrats et des greffiers crouler sous les piles de dossiers à traiter », a-t-il ajouté.

Pour Emmanuel Macron, « un travail doit être fait pour comprendre comment on en est arrivé là ». S’il parle d’un « drame terrible » qui aurait « manifestement pu être évité », le chef de l’État ne se prononce pas sur la proposition de loi intégrale, très riche, déposée à l’Assemblée nationale par un éventail large de députés.

Ne pas répondre « par des cris » ?

La socialiste Céline Thiébault-Martinez, qui porte le texte, l’interpelle pourtant dans une interview au HuffPost publiée ce lundi : « Nous sommes à la fin du second quinquennat d’Emmanuel Macron, où deux fois la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants a été faite grande cause nationale. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Il ne s’est pas rien passé. L’impunité perdure », dénonce-t-elle.

Il y a quelques jours, une phrase du chef de l’État avait été mal reçue puisqu’il avait affirmé « qu’on ne répond pas à un drame par des cris ». Une réponse notamment aux manifestations qui se tiennent chaque lundi soir devant les tribunaux, mais aussi aux appels, de plus en plus nombreux, à la démission du ministre de la Justice Gérald Darmanin.

Jusque dans son camp, Emmanuel Macron a été critiqué pour ses mots. « On a le droit d’être en colère, parfois il faut élever la voix », lui a par exemple répondu la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet. Les critiques avaient dépassé la seule sphère politique puisque l’humoriste Alex Lutz avait embrayé sur son compte Instagram : « Sérieusement ? Les mots ont un sens monsieur le Président. Comment osez-vous ? ».

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