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Les frappes lancées par les États-Unis et Israël samedi matin contre l’Iran provoquent de lourdes perturbations à l’échelle économique mondiale, paralysant en partie l’espace aérien mondial et déstabilisant des routes maritimes stratégiques essentielles au commerce international.
Des navires transportant des matières premières contraints de se mettre à l’abri. Des assureurs qui résilient leurs contrats pour réévaluer les risques et augmenter les primes. Un détroit stratégique, par lequel transite près de 20% du pétrole mondial fortement perturbé. Des milliers de vols annulés et des aéroports parmi les plus grands carrefours internationaux frappés de plein fouet. Les conséquences économiques des frappes qui ont commencé hier matin en Iran sont colossales. Le Figaro fait le point.
Les armateurs mettent leurs navires à l’arrêt
Deux passages clefs pour les bateaux sont fortement perturbés après les attaques lancées par Israël et les États-Unis sur l’Iran, qui ont connu des répercussions dans tout le Moyen Orient.
Contrôlé par les Iraniens, le détroit d’Ormuz, est un passage clef. Située entre Oman et l’Iran, cette voie d’accès est la plus importante au monde pour le transport maritime de pétrole. Pas moins de 20% du pétrole mondial transite par ce détroit. S’il n’est pas encore officiellement bloqué, samedi, les Gardiens de la révolution iraniens prévenaient par message radio les navires que le passage n’était «pas autorisé», selon la force navale de l’UE. Cependant, selon l’AFP, aucune décision officielle n’a été prise en ce sens.
Autre passage stratégique fortement perturbé, le canal de Suez. Reliant la Méditerranée à la mer Rouge, c’est l’une des routes commerciales les plus fréquentées du monde. Il concentre environ 10% du commerce maritime international, selon les experts, et représente un axe de commerce privilégié pour les échanges maritimes entre l’Europe et l’Asie. Or, des armateurs comme le français CMA CGM ou encore l’allemand Hapag-Loyd ont suspendu leur passage par ce canal. «Tous les navires actuellement dans le golfe Persique, ou en route vers le golfe Persique, ont reçu instruction, avec effet immédiat, de se mettre à l’abri», a déclaré l’armateur français, troisième mondial, dans un communiqué. Par conséquent, les navires sont déroutés vers le cap de Bonne Espérance, ce qui augmente les trajets de plusieurs milliers de kilomètres.
Les assureurs font exploser les prix pour les bateaux
Certains assureurs, qui couvrent les risques sur les cargaisons, auraient annulé samedi leurs polices d’assurance pour les navires transitant par le Golfe et le détroit d’Ormuz, ont indiqué des courtiers au Financial Times, afin d’augmenter leurs prix jusqu’à 50%. Les primes d’assurance représentent environ 0,25% du coût d’un navire, et pourraient augmenter désormais de moitié, explique Dylan Mortimer, responsable risques de guerre maritime pour le RU chez Marsh au quotidien américain. Ainsi, pour un navire valant 100 millions de dollars, la prime pourrait augmenter de 250.000 à 375.000 dollars par voyage...
Une augmentation des prix du pétrole
La perturbation, voire la fermeture du détroit d’Ormuz pourrait avoir de graves conséquences sur les prix du pétrole. En effet «ce qui peut se passer sur le marché du pétrole c’est une “prime de risque” liée à ce détroit d’Ormuz dans les jours qui viennent. Les analystes sur le marché du pétrole ne regardent pas tant l’Iran mais les risques de déstabilisation de la région. En juin 2025, quand on a eu les bombardements sur les centrales iraniennes, le prix du pétrole a augmenté de 15% pendant quelques jours», décrypte Emmanuel Hache, adjoint scientifique à l’organisme IFP Énergies nouvelles. «Le principal risque économique est une augmentation des prix du pétrole de façon graduelle si la guerre dure, qui impacterait la croissance mondiale», conclut-il.
Des milliers de vols annulés, entraînant une perturbation du trafic aérien mondial
Les frappes ont aussi entraîné l’annulation de plusieurs milliers de vols par les compagnies aériennes. «Environ 4218 vols», étaient attendus samedi dans les pays du Moyen-Orient et «966 d’entre eux ont été annulés, soit 22,9%», a indiqué Cirium, société d’analyses spécialisée dans l’aviation à l’AFP. 1800 vols devant partir du Moyen-Orient ont été annulés. Dimanche, 716 vols sont supprimés, sur 4.329 prévus à destination du Moyen-Orient, selon la même source. Certains pays ont fermé leur espace aérien, comme le Qatar, Israël, l’Iran, l’Irak la Syrie ou encore les Émirats arabes unis.
Des aéroports de transit clés, comme Dubaï et Abou Dhabi aux Émirats arabes unis ainsi que Doha au Qatar, ont été fermés ou fortement perturbés, voire touchés par des attaques: «Abu Dhabi Airports a confirmé un incident à l’aéroport international Zayed qui a causé la mort d’un ressortissant asiatique et fait sept blessés», a écrit l’organisme qui gère l’aéroport dans un communiqué publié sur X cette nuit. Au moins une personne a été tuée et sept ont été blessées selon l’AFP.
Ces fermetures et perturbations n’impactent pas que le Moyen-Orient. Ces aéroports se situant au carrefour du trafic mondial et supportant de nombreuses correspondances, c’est tout le trafic mondial qui est touché et perturbé. «C’est l’ampleur du volume de passagers et la complexité», a déclaré l’analyste aéronautique britannique John Strickland à Reuters. «Il ne s’agit pas seulement des clients, mais aussi des équipages et des avions dispersés partout.»


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