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L’ancienne entraîneuse de hockey winnipegoise Madison Biluk a plaidé coupable à deux chefs d'accusation liés à l'exploitation sexuelle sur une adolescente. Le prononcé de la peine, prévu jeudi, a été repoussé au mois de mai, à la demande de l’accusée.
Désormais âgée de 31 ans, Madison Biluk a été inculpée en 2023 pour des faits qui, selon le tribunal, ont eu lieu entre octobre 2019 et février 2021, quand elle avait entre 24 et 26 ans. La victime, une joueuse de son équipe, avait moins de 16 ans au début des faits. L'identité de cette dernière est protégée par une interdiction de publication ordonnée par le tribunal.
D'autres membres de l'équipe avaient fait part des « mauvais traitements mentaux et émotionnels » que l'accusée faisait subir à ses joueuses.
L’ancienne entraîneuse faisait initialement l'objet de 15 chefs d'accusation, dont celui de possession de pornographie juvénile.
Lors de son procès, en octobre 2024, elle a reconnu sa culpabilité à un chef d’agression sexuelle et un autre de leurre. Les autres accusations ont été suspendues.
En janvier, les avocats de la défense et les procureurs responsables de l'affaire avaient conjointement recommandé une peine de six ans d'emprisonnement. La peine devait être prononcée après la chirurgie que Mme Biluk devait subir en février.
Même si l’opération a bien eu lieu en février, l'avocat de la défense, Saul Simmonds, a demandé un ajournement de la peine de six semaines. Il justifie cette demande par la nécessité de laisser à l’accusée le temps de suivre une rééducation postopératoire et d'obtenir un diagnostic médical concernant sa maladie cœliaque. L'objectif est de lui permettre de recevoir une alimentation adaptée en prison.
Retarder l’inévitable?
L’avocate de la Couronne, Larissa Campbell, s'est opposée à cette demande, affirmant que l'affaire avait déjà tardé à en arriver au prononcé de la peine, et que les procureurs avaient précédemment accepté de reporter l'affaire pour permettre à l’accusée de subir sa chirurgie.
Au mieux, c'est une tentative pour retarder l'inévitable.
La justice doit être visible pour être rendue. Et lorsque les procédures sont sans cesse reportées, cela porte atteinte à la justice pour les victimes, mais aussi à la perception qu'a le public de l'administration de la justice, a déclaré Mme Campbell, ajoutant que de nombreuses personnes en mauvaise santé sont tout de même placées en détention, et que les établissements pénitentiaires ont l'obligation de veiller à leur santé ainsi qu'à leur sécurité.
L'avocat de la défense, M. Simmonds, a réfuté cette affirmation en expliquant que Mme Biluk aurait actuellement des difficultés à mettre les mains derrière le dos ou à être menottée. Elle assistait, en effet, à l'audience avec une attelle au bras.
Nous ne demandons en aucun cas à la cour de reconsidérer sa décision, a spécifié M. Simmonds.
Nous ne retardons pas la justice. De notre point de vue, justice a été rendue ici.
La juge Jerilee Ryle, de la Cour provinciale du Manitoba, a déclaré qu'elle était consciente que justice différée est justice refusée, mais elle a accédé à la demande d'ajournement de six semaines, soulignant que les plaidoyers de culpabilité avaient déjà été enregistrés et que des observations sur la peine avaient été présentées sur la base d'une recommandation conjointe.
Il ne s'agit pas d'une situation où elle retarde l'enregistrement des plaidoyers de culpabilité ni où elle demande la période de convalescence complète de 12 semaines, a précisé Mme Ryle.
Avec les informations de Caitlyn Gowriluk


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