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Adrien Dolimont (MR) : “Un jour, il faudra forcer les communes à fusionner”

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Vous affirmez vouloir réindustrialiser la Wallonie. C'est une ambition que plusieurs gouvernements ont déjà portée par le passé. Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer que cette fois sera différente ?

Nous voulons surtout la fin de la désindustrialisation. C'est une réalité que certains ne veulent peut-être pas voir en face, mais on subit une désindustrialisation. Il faut d'abord stabiliser cela, pour travailler ensuite à la croissance de l'industrie. Pour ce faire, nous devons notamment bénéficier d'une énergie la plus disponible possible. C'est un élément essentiel sur lequel on doit travailler. La mise à disponibilité du foncier est essentielle elle aussi.

Qu'est-ce qui vous permettra, d'ici la fin de la législature, de démontrer concrètement que les mesures prises par votre gouvernement produisent des résultats ?

Je pense être quelqu'un de réaliste. L'urgence elle est là. On doit arrêter de se voiler la face, on a une stratégie qui est clairement définie, mais aujourd'hui elle dépend aussi de facteurs extérieurs et l'enjeu européen est important aussi sur ce sujet-là. On ne doit pas avoir peur d'assouplir certaines règles pour être en capacité de réfléchir aux aides publiques et permettre à certaines entreprises de rester compétitives. On pourra dire qu'on a réussi ou pas quand un investisseur viendra, et qu'il n'aura pas peur de s'installer parce que les délais pour le faire ne seront pas déraisonnables.

En Wallonie, la fonction publique locale n'aura plus de règles différentes d'une commune à l'autre

La question du taux d'emploi est essentielle pour votre gouvernement. Pour l'instant, cela ne grimpe pas, cela vous inquiète ?

Dans ma déclaration lors de la mise en place du gouvernement, j'avais annoncé l'ambition du gouvernement, qui était d'atteindre 70 % de taux d'emploi. On m'avait critiqué en disant que je manquais d'ambition.

Votre président disait 80 % …

J'ai toujours dit 70 %. Je ne vais pas entrer dans une guerre de chiffres. La situation n'est pas idéale, mais il faut qu'on puisse continuer à faire nos réformes de fond pour augmenter ce taux. Aujourd'hui, le taux d'emploi de la Wallonie est de 68 % au premier trimestre 2026, ce qui est 1,8 % supérieur au 66,2 % du premier trimestre 2024. Nous allons donc dans le bon sens.

Vous avez récemment déclaré à la RTBF que vous vouliez pousser les communes à fusionner. Malgré les outils mis en place, de tels rapprochements demeurent sur base volontaire. Ne faudrait-il pas faire un grand plan de fusion comme dans les années 70 ?

À titre personnel, j'y suis tout à fait favorable mais, dans l'accord de gouvernement, il est précisé que les fusions se feront sur base volontaire. Il faut respecter ce qui est prévu. Mais je ne suis pas fermé à engager une telle réflexion. Je pense que c'est inéluctable. La relation à l'administration locale va évoluer. Nous sommes dans une société qui change beaucoup. Je pense que sur un temps long, certaines barrières vont complètement disparaître. Si on compare avec la Flandre ou avec les Pays-Bas, la taille administrative locale est beaucoup plus grande que chez nous. Si on peut garantir un même service aux citoyens avec des charges de coût inférieures, évidemment que je suis pour.

Adrien Dolimont (MR) : "Une réforme des droits de succession, oui, mais peut-être pas celle qui a déjà été votée"

Ne faudrait-il donc pas des fusions forcées ?

Je pense qu'un jour il faudra le faire. C'est pour ça que j'essaie aussi de conscientiser l'ensemble des communes aujourd'hui. Je pense qu'on doit anticiper ces débats-là et même quand on est mandataire local, on ne peut pas juste se dire, qu'on se laisse imposer quelque chose, c'est comme ça qu'on est déçu.

Vous êtes bourgmestre "empêché" d'Ham-sur-heure/Nalinnes. Est-ce que vous êtes prêt à fusionner votre commune ?

Oui et je l'ai déjà exprimé. Il y a déjà eu des touches avec les communes voisines, mais ça n'a pas beaucoup pris (rires). Je serais prêt à le faire et je pense qu'on doit le faire pour montrer le gain à nos concitoyens. Je suis vraiment un amoureux de la cohésion sociale communale, c'est ça qui m'a construit aussi politiquement, c'est la rencontre des gens. Et une des craintes souvent, c'est la perte d'identité d'une commune. Les gens peuvent garder une identité liée à leur commune, ça ne change rien. Ils auront juste une administration qui couvrira un territoire plus large.

Les récents sondages ne sont pas bons pour votre parti le MR. Les élections n'auront lieu que dans trois ans, mais comment analysez-vous ce recul ?

Je l'ai dit en début d'interview, le contexte global est très compliqué, morose. Mais il y a un paradoxe qu'il faut quand même mettre en évidence. En Flandre, tout n'est pas comparable, mais la N-VA augmente. Or, les mesures qui sont prises au fédéral, ce sont les mêmes. Nos mesures sont assumées et elles étaient attendues aussi pendant la campagne. Il n'y a pas de surprise par rapport à ça...

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