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La décision du Nouveau-Brunswick d’abolir les services vétérinaires provinciaux, au profit d’une centaine de cliniques vétérinaires privées, est mal accueillie par des fermiers et des éleveurs.
Ces cliniques sont déjà rares, voire quasi inexistantes dans certaines régions.
En plus du transfert des services provinciaux de médecine vétérinaire vers le privé, le gouvernement a aussi annoncé que les services des laboratoires vétérinaires provinciaux et des laboratoires chargés des maladies animales exotiques seront éliminés progressivement d’ici trois ans.

Normand Gould, un éleveur ovin à Rogersville, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani
Ces annonces font partie du budget provincial déposé mardi. La première ministre Susan Holt et son équipe n’ont pas précisé quel montant ils pensent économiser de cette manière.
Dans sa ferme de Rogersville, Normand Gould fait souvent intervenir les vétérinaires publics pour soigner ses brebis.
Bientôt, il ne pourra plus solliciter ce service.
Ça va être terrible, soutient M. Gould. À moins qu’il y ait des privés qui se lancent, que les prix soient raisonnables, puis qu’ils soient partout. Mais autrement, je ne sais pas qu'est-ce qui va arriver.
On avance en âge, puis on va voir dans quatre, cinq ans, comment ça va aller. S’ils abolissent ça tout net, si ça va trop mal, il va falloir arrêter, craint l’éleveur.
La province indique qu'il existe 72 cliniques vétérinaires qualifiées dans la province et que cette annonce permettra à ces entreprises de prendre de l'expansion.
Le Nouveau-Brunswick était l'une des deux seules provinces a encore offrir ce service, avec Terre-Neuve-et-Labrador.
Selon le ministre de l'Agriculture, de l'Aquaculture et des Pêches, Pat Finnigan, cette décision permet de s'aligner sur le modèle des autres provinces.
Nous voulons passer à un modèle plus durable pour les soins vétérinaires dans la province. Nous nous engageons à soutenir et à surveiller tout au long de ce processus afin de veiller à ce que les besoins agricoles et vétérinaires continuent d'être satisfaits de manière appropriée, indique-t-il dans une déclaration écrite.
Biosécurité
Jean-Eudes Chiasson possède 55 ans d’expérience dans l’agriculture et l’élevage.

Jean-Eudes Chiasson est attristé de l'annonce de la fin des services vétérinaires.
Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani
Il se dit attristé de constater, avec la possible disparition de plusieurs fermes, un manque d’ambition vis-avis d'une agriculture viable.
Demandez à toutes les sociétés qui n’investissent pas dans l’éducation qu’est ce qui arrive avec une société qui ne s’éduque pas, lance-t-il.
On est dans l’âge de pierre. Et c’est un peu ça l’agriculture au Nouveau-Brunswick. On se dirige vers l'âge de pierre.
Un danger pour la détection de maladies graves
Des organismes dédiés à la faune n’ont pas non plus manqué de désapprouver l’abolition des services vétérinaires publics.
Dans une déclaration écrite, l’institut Atlantic Wildlife affirme en dépendre pour la détection de maladies graves touchant la faune sauvage et de maladies zoonotiques, comme la rage et la grippe aviaire hautement pathogène.

Selon l'Atlantic Wildlife Institute, la détection de maladies comme la grippe aviaire sera plus difficile. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / François Vigneault
Du côté des politiques, la pilule est aussi difficile à avaler. Cela va avoir un impact potentiellement sur la sécurité alimentaire et sur les coûts d’exploitation des agriculteurs, à un moment où le coût de tout le reste augmente, déclare Megan Mitton, députée du Parti vert dans Tantramar.
Tammy Scott-Wallace, députée du Parti progressiste-conservateur dans Sussex-Three Rivers, rappelle qu'il est déjà difficile de recruter et former des vétérinaires spécialisés dans les grands animaux et les animaux de ferme.
Dès l’annonce de l’abolition des services vétérinaires publics, une pétition a été lancée sur les réseaux sociaux. Près de 13 000 signatures ont été comptabilisées en 24 heures.


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