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Plus d'un mois après une panne de courant majeure qui a dévasté les infrastructures de la Nation crie de Pimicikamak, le retour à la normale s’annonce long. Si une centaine de résidents ont pu regagner leur foyer, le chef David Monias appelle les milliers d’autres évacués à la patience, alors que les travaux de réparation se poursuivent dans cette communauté du nord du Manitoba.
Sur les quelque 4000 personnes contraintes de quitter la communauté à la fin décembre en raison de bris de tuyauterie massifs, environ 116 ont pu retrouver leur domicile.
Le chef David Monias insiste sur le fait que la priorité demeure la salubrité des lieux.
Nous voulons nous assurer qu'ils retournent dans un environnement sûr et des maisons sécuritaires.
Actuellement, des plombiers, des électriciens et des charpentiers travaillent d'arrache-pied pour s'assurer que chaque habitation dispose d'une eau propre et propre à la consommation, au nettoyage et à la toilette.
La crise a débuté le 28 décembre dernier lorsqu'une ligne électrique sectionnée a provoqué une panne de plusieurs jours. Avec des températures chutant sous les -20 °C, les canalisations ont gelé et éclaté, provoquant des inondations dans de nombreuses résidences de cette communauté située à environ 530 kilomètres au nord de Winnipeg.
L'usine de traitement d'eau a également été endommagée, privant les habitants de chauffage et d'eau potable.
Bien que le courant ait été rétabli le 2 janvier, des centaines de maisons ont été jugées inhabitables, forçant l'évacuation des membres de la Nation vers Thompson et Winnipeg.

Environ 4 000 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile dans la Nation crie de Pimicikamak à la fin du mois de décembre.
Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik
Des conditions précaires pour les évacués
La vie en exil forcé pèse lourdement sur les familles, qui manquent de nourriture, de vêtements et de produits de première nécessité.
Le chef Monias souligne la difficulté de vivre dans des chambres d'hôtel sans installations de cuisine adéquates. Ils ne sont pas en mesure de conserver ces choses correctement dans les chambres où ils se trouvent. Ils épuisent ces produits assez rapidement, explique-t-il, précisant que certains en sont réduits à consommer de l'eau chaude avec des macaronis ou des nouilles.
Au-delà des besoins matériels, l'inquiétude grandit concernant l'éducation des enfants déplacés et l'état de dégradation des maisons laissées derrière. Selon le chef, les évacués s'inquiètent de cela, mais ils s'inquiètent aussi de savoir combien de temps leur maison restera dans cet état ou si la situation va s'empirer .
Un chantier de grande ampleur
L'ampleur des travaux à réaliser est considérable, allant du remplacement des planchers et des cloisons sèches à la réfection de l'isolation.
Bien qu'une équipe importante d'ouvriers parvienne à réparer entre cinq et dix maisons par jour, l'échéancier final reste flou.
Le chef Monias précise que le temps que cela prendra dépend de la gravité des dommages dans la maison.
Pour lui, la communauté n'a pas encore entamé sa reconstruction complète.
Nous n'en sommes même pas à la phase de rétablissement, car nous sommes toujours en état d'urgence.
Prévenir une future crise
La Nation crie de Pimicikamak souhaite désormais tirer des leçons de cette catastrophe pour éviter qu'elle ne se reproduise.
Le chef Monias veut comprendre pourquoi les génératrices ont échoué et envisage l'achat de nouveaux équipements, ainsi que l'installation de poêles à bois dans les foyers, une démarche qui nécessitera une coordination avec les assureurs.
Enfin, il appelle Hydro-Manitoba à déplacer la ligne électrique défectueuse le long de la route pour qu'elle soit plus accessible en cas de bris.
La section de 300 mètres qui a cédé se trouve entre deux îles sur le fleuve Nelson, rendant les réparations complexes. Si elle se brise, ce sera une question d'heures, pas de jours, de sorte que nous n'aurions plus à faire face à cela, conclut-il.
Avec les informations de Josh Crabb


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