«A trois, balancez-moi ces caisses de thé par-dessus bord, ordonne une guide en costume d’époque à une classe réunie sur le ponton d’un vieux navire. Un, deux, trois!» D’un geste plein d’enthousiasme patriotique, des adolescents américains poussent à la mer les denrées symbolisant l’oppression coloniale britannique. «Huzzaaah!» beugle en agitant son tricorne un second employé du Boston Tea Party Ships & Museum. «Huzzaaah!» répète l’assemblée, qui a appris l’interjection de vieil anglais quelques minutes plus tôt. «Ainsi commence le long chemin vers la liberté», ajoute un animateur du musée, qui campe un patriote opposé aux droits de douane imposés par le roi George III. «Que périssent ces homards scélérats!» Ces crustacés désignaient péjorativement les vestes rouges portées par les soldats de l’empire chargés de faire régner l’ordre dans les colonies.
Sans perdre le nord, le figurant invite ensuite le groupe à le suivre en direction de l’échoppe de souvenirs. L’héritier des fils de la révolution américaine n’oublie pas que son pays s’est largement construit sur le commerce. «Huzzah!» tout le monde au magasin! Deux cent cinquante ans après la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis, la révolution fait partie de l’ADN de Boston, dont le centre historique vit au rythme des mythes et histoires qui ont forgé l’avènement du pays. Un quart de millénaire après les événements, alors que Donald Trump s’efforce de concentrer le pouvoir au mépris des grands principes évoqués dans la Constitution, que reste-t-il toutefois de l’esprit révolutionnaire des premiers jours? Comment l’administration actuelle s’inscrit-elle dans l’histoire du pays? Et la révolution a-t-elle au fond jamais révolutionné quoi que ce soit? Reportage sur les lieux qui ont vu naître les Etats-Unis.


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