«Happy 4th of July», se souhaiteront ce samedi les Américains qui, comme chaque année, se réuniront pour l’occasion avec leur famille ou leurs voisins. Pour griller quelques saucisses autour d’un barbecue, assister à la traditionnelle parade des pompiers, policiers et vétérans du coin et regarder des feux d’artifice. Mais aussi pour célébrer la fondation des Etats-Unis et les principes inaliénables proclamés le 4 juillet 1776 dans la sacro-sainte Déclaration d’indépendance: l’égalité, le droit à la vie, la liberté, la souveraineté populaire. Ce n’est pas un secret, la réalisation de ces idéaux est un travail inachevé.
A ce sujet: Comment Donald Trump a transformé les 250 ans des Etats-Unis en autocélébrationDes Pères fondateurs à Donald Trump, l’histoire du pays est celle d’un long combat. Pour que les indigents, les femmes, les Noirs ou les Amérindiens obtiennent le droit de vote. Pour résorber des inégalités présentes depuis l’aube du pays. Pour que les institutions politiques n’avantagent pas que les élites qui les ont créées. En 250 ans d’histoire, les Etats-Unis ont autant inspiré le monde et travaillé au bien commun qu’ils ont suscité l’hostilité et la dévastation. Capable du meilleur comme du pire, la grande nation d’immigrants peut être une formidable machine à rêves comme une redoutable calamité. A l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières.
Les partisans américains d’une société ouverte n’ont pas baissé les bras
Alors qu’elle célèbre un quart de millénaire sous la coupe d’un président ultraconservateur qui s’assied sur la Constitution, l’atmosphère est lourde. Cette semaine, un rapport publié par l’administration Trump elle-même dévoilait que le locataire de la Maison-Blanche avait engrangé 2,2 milliards de dollars en 2025. L’égalité promise dans le texte fondateur ne s’est certes jamais réalisée. Toutefois dans l’histoire récente, aucun président n’avait à ce point instrumentalisé ses pouvoirs pour son propre profit. Ce, sans véritable réaction du législatif, tandis que la situation économique de millions d’Américains ne cesse de se péjorer. L’heure paraît sombre. Pourtant les partisans américains d’une société ouverte n’ont certainement pas baissé les bras.
Lire aussi: A Washington, la «grande foire» des Etats-désunisLe président fait, certes, des dégâts indéniables, à domicile comme à l’étranger. Mais malgré une image déplorable hors de leurs frontières, les Etats-Unis de Trump ne sont pas la dictature autoritaire que certains imaginent. Les descendants des innombrables vagues d’immigration qui ont bâti cette nation portent dans leur ADN le combat contre l’adversité. Et, aux quatre coins du pays, des voix s’élèvent pour continuer de défendre les libertés proclamées dans les textes fondateurs. Ce 4 Juillet, Donald Trump, élu par 80 millions d’Américains, célébrera sa version de l’histoire devant un public conquis. Les 260 millions d’habitants restants feront ce que bon leur semble, dans un pays dont la population n’a aucune intention d’abdiquer ses droits, n’en déplaise au président.


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