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Fin avril 2026, Cristine Alves Da Costa, directrice de recherche à l'Inserm et responsable de l'équipe Alzpark à l'Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire (CNRS, Université Côte d'Azur), a publié des travaux éclairant un mécanisme longtemps ignoré dans la maladie de Parkinson.
Ces recherches révèlent comment trois protéines interagissent pour provoquer une accumulation toxique fatale aux neurones, et pourquoi cette découverte pourrait changer l'approche thérapeutique actuelle, encore trop centrée sur les symptômes.
Dopamine, neurones et protéines toxiques : ce qui se passe vraiment dans le cerveau
La maladie de Parkinson prend racine dans la substance noire, une zone du cerveau qui héberge des neurones dopaminergiques. Ces cellules produisent la dopamine, molécule indispensable au contrôle des mouvements, à la motivation, à l'attention et à la régulation émotionnelle. Quand elles dégénèrent, la production de dopamine s'effondre.
Résultat : tremblements, rigidité musculaire, lenteur des gestes. Mais la maladie déborde largement du cadre moteur. Perte de l'odorat, constipation, dépression, troubles cognitifs... : ces signaux « non moteurs » compliquent souvent le diagnostic précoce, pourtant essentiel pour freiner la dégradation.
Parkinson : bientôt plus une fatalité ? Ces avancées qui pourraient changer la trajectoire de la maladie
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Les traitements actuels reposent principalement sur la L-DOPA, un précurseur de la dopamine. Efficaces sur les symptômes, parfois de façon spectaculaire, ils ne ralentissent pas la progression de la maladie. Pour aller plus loin, il faut comprendre ce qui se passe à l'intérieur même des neurones.
C'est précisément là qu'intervient un trio de protéines au cœur des recherches de l'équipe Alzpark :
- L'alpha-synucléine : protéine normalement protectrice, elle devient toxique lorsqu'elle s'agrège en amas à l'intérieur des neurones.
- La parkine : elle favorise l'élimination des protéines en excès, mais possède aussi une fonction de régulation génique découverte en 2009.
- La glucocérébrosidase : enzyme chargée de dégrader l'alpha-synucléine et d'autres déchets cellulaires.
La parkine défaillante serait-elle la coupable du dérèglement de la machinerie cellulaire cérébrale ? © Chainarong Prasertthai, iStock
La parkine au centre de tout : un dérèglement en cascade
La vraie surprise vient de la parkine. Longtemps, on pensait qu'elle n'avait qu'une seule mission : éliminer les protéines défectueuses. En 2009, l'équipe de Cristine Alves Da Costa a démontré qu'elle contrôle aussi l'expression de certains gènes. Une découverte qui bouscule les certitudes établies.
Lorsque la parkine est altérée, que ce soit par des mutations génétiques, le vieillissement ou d'autres mécanismes, c'est toute une chaîne de réactions qui se dérègle. Elle ne régule plus correctement la production d'alpha-synucléine. Celle-ci s'accumule alors sous forme d'agrégats toxiques dans les neurones dopaminergiques.
Des chercheurs viennent de découvrir un moyen de ralentir la progression de la maladie de Parkinson
Des chercheurs de l’école de médecine de Yale ont identifié deux protéines possiblement responsables de la progression de la maladie de Parkinson. Une découverte qui pourrait permettre de développer des traitements pour ralentir, voire stopper, l’évolution de la maladie.... Lire la suite
Mais ce n'est pas tout. La parkine défaillante réduit également l'expression du gène de la glucocérébrosidase. Or, sans cette enzyme en quantité suffisante, la cellule perd une grande partie de sa capacité à éliminer les déchets protéiques. L'alpha-synucléine toxique s'accumule encore davantage, accélérant la mort neuronale.
Ce mécanisme en cascade explique pourquoi les formes génétiques et sporadiques de la maladie de Parkinson partagent des caractéristiques communes, et pourquoi la piste de la parkine intéresse aussi les chercheurs qui travaillent sur la maladie d'Alzheimer, où des dysfonctionnements similaires de la machinerie cellulaire sont observés.
Parkinson : une étude remet en question tout ce qu’on savait sur le déclencheur de la maladie !
Une étude qui vient d'être publiée remet en question tout ce que l'on pensait jusqu'alors sur l'origine de la maladie de Parkinson. La dégénérescence des neurones dopaminergiques ne serait pas l'événement qui déclencherait la maladie. Les chercheurs suggèrent un dysfonctionnement précurseur plutôt au niveau des synapses. Cette découverte pourrait révolutionner la prise en charge thérapeutique de cette maladie affectant 1 à 2 % de la population mondiale.... Lire la suite
La prochaine étape pour l'équipe Alzpark consiste à mesurer précisément la part de la parkine dans la régulation directe et indirecte du gène de l'alpha-synucléine. Ces résultats, en cours de publication, pourraient déboucher sur des traitements ciblant enfin les causes de la maladie et non plus seulement ses manifestations cliniques : une rupture majeure avec l'approche thérapeutique actuelle.


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