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Un siècle et demi après l’adoption de la Loi sur les Indiens, certaines Premières Nations en Alberta disent être contre cette loi et revendiquent qu'elle soit changée.
Lors d'une manifestation mercredi à Edmonton, certains membres et chefs de Premières Nations ont exprimé leur opinion sur le sujet.
C’est le cas de Pimohtew Iskwew Musqua, qui croit que la loi n'a plus sa place. Cette loi a été créée par le génocide, la famine, et nos peuples ont été forcés de signer les traités, affirme-t-elle.

Kim Willier et Pimohtew Iskwew Musqua ont participé à une manifestation, mercredi, à Edmonton.
Photo : Radio-Canada / Caleb Perreaux
Kim Willier, de la Première Nation Sucker Creek, soutient que la loi a privé son peuple de son autonomie.
Nous avions notre propre système avant la colonisation, et nous tenons toujours ces lois près de notre cœur. Alors, au lieu d'abolir la Loi sur les Indiens, on devrait reconnaître notre propre autonomie, dit-elle.
Plusieurs chefs partagent ses opinions, comme Trevor Mercredi, grand chef des Premières Nations du Traité no 8 de l'Alberta. Il affirme qu’il faut se rappeler de l’histoire et sensibiliser les gens autant que possible.
C'est très important que nous reconnaissions et célébrions ces dates, car c'est important pour l'histoire du pays. Le Canada et les provinces ont vraiment échoué quand ils ont essayé d'informer les gens au sujet de la vérité des traités et des gens qui les ont signés, affirme Trevor Mercredi.
Mes ancêtres ne parlaient pas l'anglais, note le chef de la Nation crie de Sturgeon Lake, Sheldon Sunshine. Alors, quand ils ont signé le traité, ils pensaient que nous allions partager le territoire et aider les passants qui avaient de la difficulté.
Le député provincial Brooks Arcand-Paul, du Nouveau Parti démocratique (NPD), explique que le Canada a été fondé sur la compréhension que tout le monde allait être ici ensemble.
Dès la création de ce pays, les tribunaux ont reconnu la compétence et les droits des peuples autochtones, en particulier leurs lois. Il est donc temps de reconnaître que, ici en Alberta, et dans le pays, la Loi sur les Indiens n'est qu'un morceau de papier.
Abolir la Loi sur les Indiens?
Selon le professeur à la Faculté de droit de l'Université de Montréal Jean Leclair, il ne suffit pas simplement d'abolir la loi.
Il y a beaucoup de nations qui sont réticentes à sortir du régime de la Loi sur les Indiens, parce que, malgré tous ses défauts, elle comporte certains avantages, explique Jean Leclair.
Parmi ces avantages, il y a la garantie que la communauté est protégée par la loi, ou encore l'exonération des taxes pour les biens ou les revenus perçus sur le territoire de la communauté.
Le professeur estime que certaines Premières Nations seraient en mesure, et souhaitent même, ne plus être soumises à la loi afin de signer leur propre entente avec le gouvernement fédéral.
La posture des Autochtones varie. Ils trouvent un intérêt à préserver la Loi sur les Indiens, ou encore, ils estiment qu'ils pourraient évoluer dans un régime qui reconnaîtrait mieux leur autonomie gouvernementale.
Peu importe l’avenir de la Loi sur les Indiens, des membres et chefs de Premières Nations en Alberta réaffirment qu’il faut un changement de relation avec le gouvernement fédéral.
[Il faut] redéfinir cette relation fondée sur les traités. Les Premières Nations sont les premiers peuples de ces terres, et il est temps qu'ils commencent à respecter ces traités, conclut Sheldon Sunshine.


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