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Yannick Nézet-Séguin et son équipe en mission pour le concert au mont Royal

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L’Orchestre Métropolitain et son chef donnaient mercredi leur grand concert annuel au mont Royal, un rendez-vous attirant régulièrement entre 50 000 et 60 000 spectateurs. Le chef en a profité pour délivrer quelques messages admirables et forts.

C’est dans un espace reconfiguré que se tenait le concert 2026 s’inscrivant dans le cadre des festivités du 150e anniversaire du parc du Mont-Royal. Alors que précédemment la scène se situait au pied du parc, elle avait été repositionnée en parallèle de l’avenue du Parc, juste en contrebas du monument à sir George-Étienne Cartier. À l’heure d’écrire ces lignes, nous attendions les évaluations du nombre de spectateurs que le chef espérait voir atteindre 70 000 personnes cette année.

Spécificités locales

Il est à souligner que Yannick Nézet-Séguin n’a pu reproduire jusqu’ici ni à New York ni à Philadelphie ce type de concert. Lors des échanges pour notre texte du récent DMag sur ses défis, Yannick Nézet-Séguin nous avait dit à ce sujet : « New York a des concerts que le New York Philharmonic fait déjà dans Central Park, c’est très cadré et c’est beaucoup plus difficile dans une ville comme ça de faire un seul événement rassembleur. À Philadelphie, je cherche encore la solution. Le directeur de l’Orchestre de Philadelphie est déjà venu voir nos concerts du Mont-Royal. Mais c’est là qu’on voit la différence entre Montréal et les autres villes. Fédérer toutes les énergies d’une ville (police, services de sécurité, etc. ) au service d’un événement orchestral et symphonique est beaucoup plus compris dans la culture ici qu’aux États-Unis. »

Le chef d’orchestre a profité de cette aubaine pour adresser une nouvelle fois quelques messages importants. Il s’est ainsi engagé pour le répertoire d’ici, d’aujourd’hui ou du passé, avec la résurrection d’une Rêverie de Guillaume Couture, œuvre de la fin du XIXe siècle de type para-Gounod, et la création de Montréal Cirque d’Ana Sokolović. L’inventivité de cette dernière est de plus en plus débridée en termes de timbres et de rythmes, l’accessibilité étant assurée par des ostinatos récurrents et des zestes d’humour.

En paroles, Yannick Nézet-Séguin a resservi son plaidoyer pour la tolérance et l’acceptation des différences. Dans les faits, il a, musicalement, osé grand avec la programmation de la 1re Suite de Peer Gynt de Grieg et de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvořák dans leur intégralité, devant un public parfaitement attentif et heureux.

Il faut se rappeler qu’il fait cela dans une ville dans laquelle le 375e anniversaire avait été fêté par nos orchestres symphoniques réunis en une seule occasion pour servir de faire-valoir d’un tour de chant parce qu’accompagner des chanteuses était la limite jugée « acceptable » par le producteur du « show » et le télédiffuseur. C’est aussi le territoire où la télédiffusion de la 9e Symphonie de Beethoven à l’ouverture de la Maison symphonique était limitée au seul 4e mouvement, parce que les trois autres étaient jugés trop insipides, le fameux Finale étant, par ailleurs, habillé de cirque pour que le téléspectateur ne s’ennuie pas trop.

Technique

Les messages de Yannick Nézet-Séguin sont en général forts. Celui-ci l’est donc aussi et il est capital : il n’y a pas de fatalité au renoncement et au nivellement par le bas. D’ailleurs, autant Grieg que Dvořák étaient très bien travaillés dans le détail. Il y avait même un passage fort original dans le Finale de la Symphonie du Nouveau Monde avec un soulignement de rythmes syncopés.

La qualité de l’amplification a été maintenue et elle est toujours remarquable en préservant correctement les couleurs et dynamiques, ainsi que les équilibres polyphoniques. S’est ajouté cette année un travail, assez « pop » sur les lumières. Le niveau de lumens augmentait en général avec le nombre de décibels. Par contre, il nous semblait manquer quelques écrans autour de la scène.

En « dessert », le chef a convié Élisapie et les Petits Chanteurs du Mont-Royal à conclure le concert. Toujours à la recherche d’un morceau fétiche, comme Berliner Luft (l’air berlinois), le bis traditionnel du concert équivalent à Berlin, Yannick Nézet-Séguin a testé un arrangement de Wow d’André Gagnon. Wow était d’ailleurs (avec Je vais pleurer et Je ne vais pas m’en remettre) l’un des leitmotivs de la présentation emphatique, d’une grandiloquence caricaturale, de Fabiola Nyrva Aladin, qui a passé les messages marketing de l’orchestre avec abnégation, mais qui, en termes d’animation, nous rend inconsolables de l’édition joviale, spirituelle et bon enfant de Katherine Levac en 2023.

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