C’était il y a 25 années de cela. Il venait d’être nommé attaché culturel à l’ambassade de Suisse au Royaume-Uni. Il arrivait tout droit de Sarajevo, où il avait occupé un poste équivalent dans un pays pacifié après trois années de guerre (on en reparlera). A Londres, Wolfgang Amadeus Brülhart tombe sous le charme de la résidence cossue du 19e siècle, ses jolis salons, ses lustres, ses dorures, les tapisseries du Corbusier et les œuvres de Max Bill, figure de l’art concret. Mais le jeune diplomate, que la culture sous toutes ses formes passionne, est davantage captivé par le vaste mais lugubre parking situé sous le bâtiment. Envie de faire quelque chose de cet espace. Il convainc l’ambassadeur d’ouvrir le garage à des graffeurs. A l’époque, on ne parle pas encore de street art et les tagueurs sont assimilés à des vandales. D’accord, concède l’ambassadeur, mais à la condition que les artistes travaillent de nuit et cela pendant une semaine, et que l’attaché soit présent afin de veiller à ce que les hôtes ne fassent pas n’importe quoi, comme repeindre tout le parc automobile de l’ambassade.
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Publié le 02 mars 2026 à 11:55. / Modifié le 02 mars 2026 à 12:50. 4 min. de lecture
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