Cent cinquante peshmergas en treillis se sont figés en bon ordre sur une langue de terre sablonneuse longue comme deux terrains de foot mis bout à bout, au bord des eaux sombres du Grand Zab qui serpente entre les collines basses du Kurdistan irakien. C’est ici, dans les plis du terrain, le long de la rivière, que le Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) – un parti politique iranien – a établi l’un de ses camps pour accueillir des combattants iraniens qui ont fui leur pays.
Obéissant aux ordres que crie un lieutenant dans un mégaphone, les peshmergas (peshmerga désigne en langue kurde un combattant kurde prêt à «affronter la mort») défilent au pas de l’oie mais, très vite, les rangs se disloquent. «Demi-tour!» M16, AK-47 et lance-roquettes RPG-7 s’entrechoquent alors que les peshmergas courent en petits groupes sous les couleurs du parti et les drapeaux kurdes en scandant leurs slogans: «Nous nous battrons jusqu’au bout. Le Kurdistan libre ou la mort!» Les combattants kurdes iraniens réfugiés en Irak sont sur le pied de guerre: ils n’attendent qu’un signal – et des armes – pour mener une offensive terrestre en Iran.


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