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Des recherches menées par l’Université Autonome de Barcelone (UAB) ont permis de caractériser en détail la libération massive de nanoparticules et de microparticules de plastique par les sachets de thé commerciaux lors de l’infusion. Cette étude démontre pour la première fois la capacité de ces particules à franchir la barrière intestinale humaine pour atteindre la circulation sanguine. En quelques minutes, une simple boisson chaude devient le vecteur d’une pollution microscopique capable de se diffuser dans l’organisme entier.

Une pluie de plastique dans quelques millilitres d’eau

La pollution par les déchets plastiques ne se limite plus aux océans ; elle s’invite désormais dans nos rituels les plus intimes. Le groupe de mutagenèse du département de génétique et de microbiologie de l’UAB a analysé plusieurs types de sachets de thé disponibles dans le commerce. Les résultats, publiés dans la revue Chemosphere, révèlent que le contact entre l’eau chaude et les polymères des sachets déclenche une libération colossale de structures nanofilamenteuses.

L’étude s’est concentrée sur des sachets composés de nylon-6, de polypropylène et de cellulose. Les chiffres sont vertigineux : le polypropylène libère à lui seul environ 1,2 milliard de particules par millilitre d’infusion. La cellulose et le nylon projettent également des millions de débris invisibles à l’œil nu. Pour identifier ces polluants, les chercheurs ont mobilisé un arsenal technologique de pointe, incluant la microscopie électronique à balayage et la spectroscopie infrarouge, révélant une contamination jusqu’alors sous-estimée.

L’intrusion jusqu’au cœur du matériel génétique

La véritable avancée de cette recherche réside dans l’observation des interactions biologiques. Pour la première fois, des particules ont été marquées pour suivre leur parcours face à des cellules intestinales humaines. Les expériences ont montré que ces micro- et nanoplastiques (MNPL) ne se contentent pas de transiter par le système digestif : ils sont activement internalisés par les cellules.

Plus inquiétant encore, les scientifiques ont observé que ces fragments pénètrent jusque dans le noyau cellulaire, là où réside le matériel génétique. Les cellules productrices de mucus présentent l’absorption la plus élevée, suggérant que notre propre barrière intestinale pourrait paradoxalement faciliter l’entrée de ces polluants dans le sang. Cette découverte souligne le risque de voir ces particules migrer vers d’autres organes vitaux une fois la circulation sanguine atteinte.

Crédit : Chemosphere (2024)
Résumé graphique.

Vers une remise en question de nos emballages

Face à l’omniprésence du plastique dans les emballages alimentaires, cette étude tire la sonnette d’alarme sur la sécurité publique. L’inhalation et l’ingestion sont les deux voies royales de cette contamination, et l’utilisation croissante de polymères dans les objets du quotidien multiplie les sources d’exposition chronique. Les effets à long terme sur la santé humaine, bien que de plus en plus documentés, nécessitent encore des investigations approfondies pour mesurer l’impact de ces dépôts plastiques intracellulaires.

Les chercheurs de l’UAB insistent sur l’urgence de mettre en place des méthodes d’essai normalisées et des politiques réglementaires strictes. Il est devenu vital de minimiser cette contamination pour garantir la sécurité alimentaire et protéger les générations futures d’une exposition invisible mais omniprésente. Alors que le thé est souvent perçu comme un symbole de santé, cette étude nous rappelle qu’un simple détail de fabrication peut transformer un remède naturel en un cocktail de polymères indésirables.

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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