Des personnes malveillantes, bien équipées et bien rodées à l'exercice, font main basse en quelques heures, le plus souvent la nuit, sur des fruits et légumes que nos agriculteurs mettent des mois à faire pousser. C'est le cas d'une maraîchère installée près de Beaune qui s'est fait volée des centaines de kilos d'asperges, son produit le plus rémunérateur. Reportage du correspondant d'Europe 1 en Côte-d'Or, à Labruyère.
Il y a trois semaines, Alice Calabre, 31 ans, a passé plusieurs nuits d'affilée dans son camping-car, au milieu de ses champs d'asperges. C'est la seule solution qu'elle a trouvée pour surveiller ses cultures déjà prises pour cibles par des voleurs.
"Ils sont sûrement au moins une bonne dizaine à chaque fois"
"Depuis une semaine, on est volé entre 100 et 200kg toutes les nuits. Au début, la cueillette était très propre. Mais là, ils commencent à dégrader les bâches qui sont sur les rangs d'asperges. Ils les lacèrent au couteau. Ce sont des professionnels, ce ne sont pas des petits cueilleurs parce qu'ils récoltent très vite et beaucoup. Et nous, on sait qu'un bon cueilleur va à 25kg par heure. Quand ils font 200kg en une nuit, c'est qu'ils vont très vite. Ils sont sûrement au moins une bonne dizaine à chaque fois".
Le préjudice est estimé entre 1.000 et 1.600 euros par nuit. Un crève-cœur pour Alice, d'autant qu'ils sont encore revenus : "On n'était pas encore couchés, vers 22h30, quand une voiture est arrivée. Elle nous a vus, elle est repartie aussi vite. Ils venaient forcément pour ça : on est en pleine campagne, en plein champ, y a rien d'autre à faire ici".
Le vol de fruits et de légumes, un fléau de plus en plus répandu dans nos champs et cela dans toute la France, explique Romain Blanchard, spécialiste de la question au syndicat FNSEA.
"Il y a une accélération en nombre de délits mais surtout en volumes pour chaque délit. Ça pose des questions de réseaux de revente et d'écoulement. Alors, est-ce que ce sont des saisonniers agricoles ? Des mecs qui savent faire parce que pour ramasser des asperges, pour en voler 200kg, il faut qu'ils aient un peu de pratique".
Des soupçons qui portent sur des filières provenant des pays de l'Est ou proches des gens du voyage. Souvent, ce sont les gendarmes qui sont saisis des enquêtes. Mais, sans flagrant délit, elles aboutissent rarement. Ce qui est très décourageant pour les agriculteurs.


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