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Le 25 novembre, quand la maison et la ferme de Dharmjit Mand ont été la cible de tirs, à Caledon, à 65 km de Toronto, il pensait qu’en allant vivre chez son frère, lui et sa famille seraient en sécurité. Mais le 11 décembre, des balles ont percé la porte du garage et des fenêtres.
Personne n’a été blessé lors de ces attaques, qui font l’objet d’une enquête de la Police provinciale de l’Ontario (PPO).
M. Mand raconte que tout a commencé par une série de textos et d’appels sur WhatsApp en octobre.
Un homme qui affirmait être membre du gang indien Bishnoi lui réclamait 2 millions de dollars. Quand il a refusé de verser l’argent, les menaces ont commencé.
Après les coups de feu du 25 novembre, l’homme a envoyé à Dharmjit Mand une vidéo que CBC a pu voir, qui semble être sa ferme lors des événements. Après ceux du 11 décembre, l’homme lui a dit que la prochaine cible serait sa tête.
On ne dort plus, dit-il.

Dharmjit Mand montre l'endroit où une balle a brisé la fenêtre.
Photo : Radio-Canada / Naama Weingarten
Des schémas similaires
Le gouvernement fédéral a déclaré en septembre que le gang indien Bishnoi était une entité terroriste. On l’a accusé d’avoir ciblé des résidents originaires d’Asie du Sud lors d’événements en Colombie-Britannique, à Brampton, en Ontario, et maintenant à Caledon.
Selon la PPO, au moins 41 cas d'extorsion ont été signalés à Caledon depuis décembre 2023, dont les circonstances se ressemblent. Il n’est toutefois pas certain qu’ils sont tous liés au gang Bishnoi.
Les victimes ont reçu des appels et des messages leur réclamant de l’argent et les menaçant de violence. Les personnes derrière ces menaces connaissaient souvent le lieu de résidence ou de travail des personnes ciblées, a déclaré la PPO dans un communiqué.
Un appel à l'aide
La mairesse de Caledon affirme que sa ville n’a pas les ressources pour lutter contre ce problème et veut qu’Ottawa intervienne.

La mairesse Annette Groves dit que les municipalités ne disposent pas des ressources pour s'attaquer au problème.
Photo : Radio-Canada
Je demande au gouvernement fédéral d'agir et de soutenir les efforts visant à mettre fin à cette activité d'extorsion internationale, a écrit la mairesse Annette Groves dans une lettre envoyée au premier ministre et au ministre de la Sécurité publique le 23 décembre.
Dans une déclaration écrite envoyée à CBC, le porte-parole de la PPO Jesse Nobleman, explique que 14 incidents de coups de feu signalés ont été reliés aux cas d’extorsion et cinq personnes ont été arrêtées jusqu’ici. L’enquête se poursuit.
M. Nobleman n'a toutefois pas identifié quels groupes criminels étaient soupçonnés. Nous ne voulons pas légitimer ces groupes ou risquer d'influencer les procédures judiciaires en les nommant, a-t-il écrit.
Le dernier événement s'est produit mardi. La mairesse Groves a raconté à CBC qu'une entreprise avait été la cible de coups de feu et qu’elle avait été visée à plusieurs reprises ces dernières semaines. La province, a-t-elle précisé, a investi environ 70 000 $ l’automne dernier pour installer des caméras de surveillance dans les zones à risque dans le but d'aider la police à arrêter les tireurs.
La situation est devenue incontrôlable. Les municipalités ont besoin de plus de policiers.
Elle n'a toujours pas obtenu d'engagement de la part du gouvernement, mais elle a été invitée à un sommet contre l'extorsion qui se tiendra la semaine prochaine.
J'espère que, lors de ce sommet, ils prendront tout ce que nous dirons très au sérieux et qu'ils agiront, a-t-elle déclaré.
Mêmes demandes à Brampton
Le mois dernier, le maire de Brampton, Patrick Brown, a aussi écrit au gouvernement fédéral, pour lui demander de financer un groupe de travail au problème, comme cela s’est fait pour un groupe de travail en Colombie-Britannique. Mme Groves espère la même chose.

Le maire de Brampton, Patrick Brown (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Andrew Lahodynskyj
Un porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, n'a pas répondu directement à une question au sujet des demandes d’aide financière de Caledon et de Brampton.
Le ministre est en contact avec les gouvernements et les dirigeants locaux à travers le pays pour s'assurer que tous les outils fédéraux sont utilisés pour perturber et démanteler les réseaux criminels qui sont derrière ces cas d’extorsion, écrit Simon Lafortune dans un courriel.
Dharmjit Mand, qui a vécu à l’hôtel dans l’angoisse pendant plusieurs semaines après la fusillade du 11 décembre, affirme qu’il connaît des gens qui ont quitté Caledon à la suite de menaces. Après y avoir vécu 10 ans, il songe lui-même à déménager avec sa famille aux États-Unis.
À l'heure actuelle, ce n'est plus sûr ici, dit-il.
Avec les informations de Naama Weingarten, de CBC


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