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Quelques heures après l’enlèvement et l’exfiltration du dictateur Nicolas Maduro Donald Trump a indiqué que les États-Unis « dirigeront » le Venezuela en attendant une transition « sûre ». Emmanuel Macron n’a pas condamné la méthode américaine.
Charlotte Murat - Hier à 20:52 | mis à jour hier à 23:31 - Temps de lecture :
Ils devront entre autres répondre de « narcoterrorisme » et de « complot en vue d’importer de la cocaïne » devant la justice américaine. Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et sa femme, Cilia Flores, ont été enlevés dans la nuit de vendredi à samedi lors d’une série d’attaques américaines sur le Venezuela « préparée depuis des mois », impliquant 150 avions.
Le couple présidentiel a été exfiltré vers le territoire des États-Unis, pour y être jugé. L’administration Trump accuse le président Maduro et plusieurs membres de son gouvernement d’appartenir à une « organisation terroriste » connue sous le nom de « Cartel du Soleil », dont l’existence est questionnée par de nombreux experts. Ces derniers évoquent plutôt des réseaux de corruption permissifs envers des activités illicites. Nicolas Maduro a été inculpé aux États-Unis pour « narcoterrorisme » dès 2020.
Selon CBSNews, la capture du couple présidentiel a été menée par la Delta Force, une unité d’élite des forces spéciales américaines, qui a notamment éliminé l’ancien chef de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi, lors d’une opération nocturne en Syrie en 2019.
Longues années de tensions
Donald Trump a affirmé que Washington ne laisserait aucune personnalité du régime vénézuélien succéder à Nicolas Maduro et a assuré que les États-Unis « dirigeront » le Venezuela en attendant une transition « sûre ». Comme une bonne partie de la communauté internationale, dont l’Union européenne, Washington ne reconnaît pas la légitimité de Nicolas Maduro, à la tête de la république bolivarienne depuis 2013.
Candidat de l’opposition en 2024 et reconnu par plusieurs pays comme le vainqueur de la présidentielle, Edmundo Gonzalez Urrutia, s’est dit « prêt », depuis son exil en Espagne. Ce dernier est notamment soutenu par Emmanuel Macron. « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro et ne peut que s’en réjouir », a-t-il salué sur X.
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La chute de Nicolas Maduro fait suite à de longues années de tensions entre les États-Unis et le Venezuela. Les relations entre Washington et Caracas sont exécrables depuis l’élection de l’anti-impérialiste Hugo Chavez, en 1999, allié de Cuba. Les deux États n’ont plus d’ambassadeurs respectifs depuis 2010. Une flotte américaine, incluant le plus grand porte-avions du monde, était postée depuis le mois d’août en mer des Caraïbes pour s’attaquer aux bateaux accusés de transporter de la drogue. Trente-cinq frappes ont été rendues publiques, tuant au moins 115 personnes.
Or noir vénézuélien
Les États-Unis imposaient également des sanctions économiques au Venezuela depuis 2006. Elles ont été considérablement renforcées par Donald Trump, dès son premier mandat, dans le but d’asphyxier le pays et d’évincer Nicolas Maduro. Le président américain avait notamment décrété un « embargo total » sur le pétrole vénézuélien, dont les réserves sont les plus importantes au monde et ordonné la saisie, ces dernières semaines, de deux pétroliers transportant chacun 1 million de barils.
Les États-Unis profiteront désormais de cet or noir, Donald Trump ayant autorisé les compagnies américaines à exploiter le pétrole du Venezuela. « Nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars, réparer les infrastructures gravement endommagées, les infrastructures pétrolières, et commencer à générer des revenus pour le pays », a affirmé Donald Trump.
Débarrassés de Nicolas Maduro, les États-Unis menacent à présent ses alliés dans la région, que sont Cuba et la Colombie. Donald Trump a notamment indiqué au président colombien, Gustavo Petro, qu’il devrait « faire gaffe à ses fesses ».


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