Les frappes ciblées menées contre le Venezuela par les Etats-Unis le 3 janvier 2026, suivies de la capture du couple présidentiel, adressent deux messages politiques distincts. A destination des Etats d’Amérique latine, elles renouent ouvertement avec la doctrine Monroe, entendue comme la revendication par les Etats-Unis d’une sphère d’influence exclusive sur le continent américain, justifiant des interventions directes ou indirectes dès lors que leurs intérêts sont jugés menacés. A l’égard du reste du monde, cette opération est une démonstration frontale de puissance unilatérale, menée en marge des cadres multilatéraux et au mépris des principes fondamentaux du droit international.
Aucune norme du droit international ne permet, en effet, de justifier la licéité de l’intervention armée états-unienne sur le territoire vénézuélien pour le gérer lui-même transitoirement. En l’absence d’autorisation du Conseil de sécurité ayant identifié une situation de menace contre la paix, de rupture de la paix ou d’un acte d’agression, et faute de pouvoir se prévaloir d’une légitime défense au sens strict – entendue comme une réponse nécessaire et proportionnée à une «attaque armée» au sens de l’article 51 de la Charte des Nations unies –, une telle opération relève d’une violation caractérisée de l’interdiction du recours à la force posée par l’article 2 § 4 de la Charte.


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