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US Open : “Shinnecock est l’un des terrains les plus exigeants du monde”

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L'élite du golf mondial a rendez-vous à Shinnecock Hills, sur Long Island, pour la 126e édition de l'US Open. Réputé pour être le Majeur le plus impitoyable de la saison, ce tournoi national américain propose cette année encore un tracé aux fairways étroits et aux greens féroces, où le moindre écart se paie au prix fort.

Tous les regards se tournent vers le numéro un mondial, Scottie Scheffler, grandissime favori. Il devra toutefois composer avec Rory McIlroy, revanchard, et la puissance des dissidents du circuit LIV, menés par le tenant du titre Bryson DeChambeau, toujours redoutable sur les parcours de l'USGA.

Le golf belge sera aussi représenté. Après la présence de Thomas Detry à l'USPGA, c'est au tour d'Adrien Dumont de Chassart de porter les couleurs belges. Il a décroché son ticket lors des exigeantes qualifications de Dallas au Texas.

Le joueur de 26 ans n'est pas encore un habitué des Majeurs. Il ne disputera que son deuxième US Open.

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Avec trois cuts non franchis (The CJ Cup Byron Nelson, Charles Schwab Challenge et Canadian Open), vos résultats ont baissé depuis un mois. Sentez-vous que vous traversez une phase plus compliquée avant d'attaquer cet US Open ?

Mes résultats sont moins bons, mais je me sens bien au niveau de mon jeu. Je dois retrouver le momentum.

Comment expliquez-vous cette baisse des résultats ?

J'ai à nouveau cette mauvaise tendance à vouloir tout fixer directement quand les résultats ne suivent pas. Je dois faire confiance à mon projet et voir sur le moyen ou le long terme. En golf, un jour n'est pas l'autre. Le mental et le physique sont des variables. Si je modifie un petit détail de mon swing, tout est différent. Je dois me montrer patient et accepter les jours comme ils viennent. Quand je parle de changements, je fais allusion à des microchangements. Vivre des jours plus difficiles est totalement normal.

Quel regard portez-vous sur la période de janvier à juin avec un bilan de 9 cuts franchis en 14 tournois ?

J'ai conscience de vivre une phase d'apprentissage de… moi. Je ne suis passé pro qu'il y a trois ans. Je sens que mon jeu s'est beaucoup amélioré par rapport aux années précédentes. Je garde quelques tendances qui me pénalisent. Mes résultats étaient plus positifs lors des trois premiers mois de l'année. Je dois simplifier mon jeu et mieux me connaître. J'aurai fait un pas quand je montrerai un visage plus régulier.

Parlons de cet US Open qui démarre jeudi au Shinnecock Hills Golf Club à Southampton sur l'île de Long Island à New-York. Comment avez-vous validé votre qualification ?

Comme l'US est un Open, tout le monde peut tenter de se qualifier. Moi, j'ai choisi de m'aligner pour une journée de qualification au Texas le 18 mai. Vu mon statut, j'étais directement reversé en 'sectional', ce qui signifie que je devais achever dans le top 9 au terme d'un 36 trous sur une journée. Nous étions près de 90 au départ. J'ai achevé le tournoi en cinquième position. Je me souviens qu'il y avait beaucoup de vent ce jour-là. La journée avait été très longue au Dallas Athletic Club sur les parcours Blue Course et Gold Course.

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Comment appréhendez-vous votre deuxième US Open ?

Je garde un très bon souvenir de 2022. Je découvrais mon premier tournoi du Grand Chelem. Un Majeur, c'est toujours un rendez-vous exceptionnel. À l'époque, je jouais encore sous le statut d'amateur. J'évoluais dans les rangs universitaires avec les Fighting Illini de l'Illinois. J'avais signé une carte de 72 et 75 (+7), ce qui m'avait empêché de franchir le cut à Brookline. Le terrain était très exigeant. En plus, je me retrouvais face à tous les meilleurs golfeurs du monde. Tout avait été décuplé, mais je n'en ai gardé que le meilleur.

Quatre ans plus tard, vous vivrez votre deuxième Majeur. Qu'en attendez-vous ?

Je veux m'amuser et prendre du plaisir. Bien sûr, l'objectif, c'est de passer le cut. Ensuite, viser le plus haut possible durant le week-end.

Il est clair qu'un top 20 m'aiderait beaucoup. Je n'ai pas accès aux Signatures Event et aux Majeurs. J'accepte les règles du jeu. Je suis membre, mais je n'ai pas accès aux huit meilleurs tournois de la saison."

Le parcours du Shinnecock Hills Golf Club ne pardonne pas. Que vous inspire-t-il ?

Je n'ai jamais joué sur ce terrain qui est l'un des plus exigeants du monde. J'ai vu les épreuves en 2004 et 2018. En 2004, les greens étaient presque impraticables à cause de la sécheresse et du vent. Il faudra bien se placer et accepter qu'un bogey soit un bon score. En 2018, Rory McIlroy avait achevé la première journée avec une carte de 80. Il n'avait pas franchi le cut. Tiger Woods avait à peine fait mieux avec une carte de +9. Le vainqueur Brooks Koepka avait rendu une carte finale de +1. Le green est compliqué. Les pentes sont nombreuses et diaboliques. Tu peux réussir ton approche, mais reculer de 40 mètres si ton contrôle spin n'est pas bon.

L'enjeu sera de taille pour vous. Cette semaine, vous pourriez prendre des gros points à la FedEx Cup…

Il est clair qu'un top 20 m'aiderait beaucoup. Comme je viens du Korn Ferry Tour, je n'ai pas obtenu une carte complète. Je n'ai pas accès aux Signatures Event et aux Majeurs. J'accepte les règles du jeu. Mon classement n'évolue pas vite à cause de ces restrictions. Honnêtement, je ne me sens pas frustré. Le calendrier du PGA n'est pas fair-play et équitable. Je suis membre, mais je n'ai pas accès aux huit meilleurs tournois de la saison. En 2028, des changements sont annoncés. Tous les membres auront leur carte pour les 20 meilleurs tournois.

Êtes-vous du genre à regarder votre classement (168e) chaque semaine ?

Non, je ne suis pas obsédé par mon ranking. Je garde un œil sur l'évolution. Quand tu es athlète de haut niveau, tu dois surtout garder un œil sur le moment présent sans te projeter trop loin. Pour moi, tout reste possible. Je reste positif.

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L'objectif du top 100 est-il toujours à votre portée ?

Oui. Je dois finir dans le top 100 pour garder ma carte. Mon calendrier se construit assez simplement. Je dispute un maximum de tournois où je suis admis.

Pendant l'US Open, le monde regardera aussi le Mondial de football. Comment le consommerez-vous de votre côté ?

Je suis excité. J'avoue qu'en début d'année, je n'étais pas totalement confiant. L'équipe belge m'a rassuré sur les deux derniers mois. Il se passe un truc. J'aurai l'avantage de ne pas subir un décalage horaire pour voir les rencontres. Je regarderai tous les matchs des Belges à la télévision.

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