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Faute de programme officiel dans un établissement d’enseignement, Mary-Soleil Villeneuve recevra sa formation en cordonnerie à même la boutique d’un vétéran du métier à Beauport.
La jeune femme était décidée à se lancer en affaires à la fin de son parcours secondaire.
Je veux devenir autonome et je voulais aussi avoir ma propre entreprise, explique l’apprentie cordonnière. Je ne me voyais pas travailler pour quelqu’un.
Amoureuse de l’équitation, elle voulait pouvoir fabriquer et réparer le cuir, une des principales composante de l'équipement équestre.

Mary-Soleil Villeneuve a débuté sa formation pour devenir cordonnière en septembre 2025.
Photo : Radio-Canada / Philippe L'Heureux
Mais ses recherches sur Google pour découvrir dans quel établissement d’enseignement supérieur une formation en cordonnerie était offerte lui ont appris qu’aucun cours à ce sujet n’existait.
Ma recherche Google m'a mené à "Demandez à un cordonnier", se rappelle la jeune femme.
C’est à ce moment qu’elle a décidé de se tourner vers Patrick Labrie, propriétaire depuis 30 ans de la Cordonnerie La Pat Mobile, à Beauport.

Patrick Labrie célébrera en 2026 ses 30 ans d'activités à sa boutique de Beauport.
Photo : Radio-Canada / Philippe L'Heureux
J'ai connu Mary-Soleil, elle venait ici quand elle était toute petite, s’exclame le cordonnier. Elle m'a téléphoné et elle m'a [demandé] si c'était une possibilité de lui donner une formation.
Tout ça a mené, depuis septembre, à une formation complète sur la cordonnerie directement dans son commerce.
Les défis de la cordonnerie
Si on se fie au maître cordonnier, le métier a bien changé depuis qu’il a commencé en 1996.
Quand j'ai commencé il y a 30 ans, quand je suis arrivé dans le secteur, il y en avait 16 qui étaient en affaires. Maintenant, il en reste deux, explique le formateur de Mary-Soleil.
Pour cette raison, Patrick Labrie ne laisse rien au hasard et veut montrer tous les rouages de l’industrie à son apprentie.
Je sens qu'il a de l'expérience, ça me donne de la sécurité.
Des techniques de réparation en passant par l’approvisionnement des matériaux à la gestion financière d’un atelier : tout y passe.
Au départ, j'avais prévu d'aller faire un cours en gestion de commerce mais je me suis dit "je vais aller apprendre directement sur le terrain, ça va me permettre de sortir avec de l'expérience déjà en commençant", raconte-t-elle.

La jeune femme de 18 ans apprend les techniques de cordonnerie mais aussi les rudiments de la gestion d'un commerce.
Photo : Radio-Canada / Philippe L'Heureux
Autant le professeur que l’élève sont confiants que celle-ci pourra réussir dans ce domaine.
À l'approche de la retraite, Patrick Labrie est motivé a enseigner et passer le flambeau. Moi je pense qu'il y en a toujours eu [des cordonniers], pis il y'en aura toujours! Mon but, ce serait d'en former le plus possible pour donner la chance aux jeunes de pouvoir faire quelque chose qu'ils aiment, dit l’homme avec un grand sourire.

La future cordonnière apprend également à utiliser les nombreuses machines nécessaires au quotidien.
Photo : Radio-Canada / Philippe L'Heureux
En attendant, il pourra continuer de former Mary-Soleil jusqu’en juin, comme convenu dans leur entente.
La future cordonnière a déjà trouvé son local à Saint-Joachim, sur la Côte-de-Beaupré, et a hâte de faire le grand saut. Mais Patrick restera malgré tout proche d’elle : il a offert à Mary-Soleil un accompagnement d’un an une fois que sa propre entreprise sera lancée.


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