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Pour les membres de la chorale communautaire Edmonton Young Voices (EYV), la musique est bien plus qu'un art. C'est un outil pour exprimer et gérer l'écoanxiété et le deuil climatique, des sentiments de plus en plus présents chez les jeunes.
Fondée il y a 13 ans, la chorale compte 120 membres, âgés de la maternelle au milieu de la vingtaine.
Cette année, son concert printanier, intitulé Pale Blue Dot, se présente comme une lettre d'amour à la planète. Il s'accompagne d'un projet de recherche sur la manière dont les jeunes font face au changement climatique.
Chaque jour, on se réveille et on voit aux nouvelles que le monde va simplement de mal en pis, confie Lulit Endale, 15 ans, membre de la chorale.
Ces émotions sont au cœur des travaux d’Hannah Bayne, une doctorante de 25 ans à l’École de santé publique de l’Université de l’Alberta. Elle souligne que la recherche sur l’écoanxiété et le deuil climatique est bien documentée.
Ce sont ces sentiments de stress et d'inquiétude face à l'avenir. Des sentiments de perte et de tristesse pour les choses que nous voyons changer dans notre environnement.

Hannah Bayne, chercheuse à l'Université de l'Alberta, étudie comment l'art peut aider les enfants à surmonter l'écoanxiété.
Photo : Radio-Canada / Adrienne Lam
Hannah Bayne, ancienne membre de l'EYV, elle-même préoccupée par la diminution des chutes de neige et les saisons de feux de forêt plus longues en Alberta, collabore avec la chorale. Elle étudie comment le chant influence ces émotions et comment la musique peut servir de stratégie d'adaptation climatique.
La musique est l'un des moyens qui pourraient être efficaces pour permettre aux gens de faire face à ces émotions, estime-t-elle.
Lyndsey Olsen, directrice artistique de l'EYV, croit fermement au pouvoir de la chanson. Je pense que la musique peut toucher les gens d'une manière qu'un reportage ou une simple conversation ne peut pas, affirme-t-elle.
C'est pourquoi elle a créé son spectacle de 100 minutes, Pale Blue Dot. Sa musique explore la relation avec le monde naturel, passant de la joie et de l'émerveillement à la réflexion et à la responsabilité, le tout sur une composition originale de Sheila Wright.
La représentation est prévue le 9 mai.
Mme Olsen explique que le projet s'est développé à partir de là pour inclure désormais la création par les chanteurs de collages sur le thème du climat afin d'exprimer leurs sentiments.
Il y a également des entretiens de recherche et des cafés climatiques avec les chanteurs, un atelier animé par la compositrice autochtone locale Sherryl Sewepagaham et un concert collaboratif prévu prochainement avec Pro Coro Canada, une des rares chorales professionnelles du Canada.
Pour Mme Olsen, le parallèle le plus frappant entre les changements climatiques et la chorale est que, chaque semaine, les membres vivent l'expérience de voir leur voix faire partie d'un tout plus grand.
Parfois, il ne semble pas que nos petites actions individuelles puissent faire grand-chose face à une crise aussi redoutable, mais, collectivement, il y a de l'espoir.

Un collage sur le thème du climat réalisé par Isaac Ryan, membre de la chorale, élève de 4e année.
Photo : Radio-Canada / Adrienne Lamb
Toby Maltais, 20 ans, membre depuis huit ans, abonde dans ce sens.
Chanter sur les changements climatiques est un réconfort, dit-il : Cela aide à soulager cette anxiété, ou du moins à savoir que les gens ressentent la même chose que vous. Cela me fait me sentir moins seul.
D'après un article d'Adrienne Lamb (nouvelle fenêtre)


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