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Les virus, jusqu'à présent des acteurs microscopiques discrets, s'ajoutent désormais aux éléments associés au lac Winnipeg. La professeure Emily Chase, chercheuse à l'Université de Winnipeg, lève le voile sur cette dynamique méconnue qui pourrait transformer la compréhension des écosystèmes d'eau douce.
À ce jour, les menaces qui touchent le lac Winnipeg sont bien connues : moules zébrées, microplastiques et prolifération d’algues toxiques visibles. Mais il nous manque en quelque sorte une étape cruciale pour comprendre le lac Winnipeg , affirme la professeure Emily Chase, virologue et microbiologiste.
On néglige souvent les virus, notamment ceux qui infectent les microalgues, précise-t-elle.
Par l'entremise de ses recherches, elle tente de combler une lacune scientifique majeure.
En effet, depuis l’été dernier, elle est la première chercheuse à analyser concrètement les interactions entre les virus et les microalgues du lac winnipeg.
L'hypothèse centrale de ses travaux est que les virus jouent un rôle majeur dans la disparition soudaine des proliférations d'algues.
En étudiant la localisation des virus et leur interaction avec les algues, la Dre Chase ambitionne de pouvoir anticiper l'effondrement d'une prolifération d'algues. Cette connaissance permettrait de déterminer le moment où l'eau redevient propre à la baignade et à la pêche.
Selon la chercheuse, les données sur les virus et les interactions microbiennes dans le lac nous permettent de mieux anticiper l'évolution du lac Winnipeg. Nous pouvons ainsi faire de meilleures prédictions sur les changements futurs, notamment face aux variations climatiques et à l'intensification des phénomènes météorologiques.
Toutefois ses travaux reconnaissent que lorsqu'une attaque virale massive fait s'effondrer un bloom, toutes les toxines contenues dans les algues sont libérées d'un coup dans l'eau, rendant celle-ci dangereuse à toute activité.

Les traînées vert vif visible sur cette image satellite du lac Winnipeg datée du 28 juillet 2018 font partie d'une prolifération d'algues s'étendant sur des centaines de kilomètres.
Photo : Agence spatiale européenne
Ses recherches visent à utiliser les données virales pour créer des modèles de prédiction sur l'évolution du lac face au changement climatique et aux phénomènes météorologiques de plus en plus intenses.
La Dre Chase, originaire de Nouvelle-Écosse, qui a mené des travaux similaires en Méditerranée et aux États-Unis, s'inquiète de l'évolution du lac Winnipeg par rapport au lac Érié, un des cinq lacs majeurs d'Amérique du Nord, situé à la frontière entre le Canada et les États-Unis. Ce dernier perd sa couverture de glace hivernale à un rythme alarmant, au point de bouleverser sa chaîne alimentaire.
Si le lac Winnipeg suivait cette trajectoire, les stocks de dorés jaunes pourraient être gravement menacés, craint la chercheuse.
Selon Scott Higgins, chercheur principal à l'Institut international du développement durable, les travaux d'Emily Chase permettront au Manitoba de se préparer plus efficacement pour l'avenir du lac Winnipeg.
Je suis vraiment ravi d'apprendre que la Dre Chase mène cette recherche. Cela va combler des lacunes que nous avons dans nos connaissances depuis longtemps.
Avec les informations de Bryce Hoye


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