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Un nuage pèse en moyenne 500 tonnes : c’est plus lourd qu’un avion de ligne, et pourtant il ne tombe pas

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Cinq cents tonnes. C’est la masse d’eau liquide et solide contenue dans un simple petit cumulus d’un kilomètre de côté flottant par beau temps au-dessus de vos têtes. L’équivalent d’environ 330 voitures compactes empilées les unes sur les autres. Et pourtant, rien ne tombe. Pas une goutte, pas un effondrement. Cette apparente contradiction entre ce que dicte l’intuition et ce que révèle la physique mérite qu’on s’y arrête vraiment.

À retenir

  • Un nuage de 1 km de côté pèse en réalité bien plus que les 500 tonnes d’eau qu’il contient
  • La vraie raison pour laquelle il flotte n’est pas celle que vous imaginez
  • À l’intérieur d’un nuage, un ballet microscopique permanent maintient les gouttelettes en suspension

Sommaire

  1. 500 tonnes, c’est juste le début
  2. La vraie question : pourquoi ça ne tombe pas ?
  3. Un ballet microscopique permanent
  4. Ce que le nuage révèle sur notre perception de la physique

500 tonnes, c’est juste le début

En supposant à un cumulus une forme cubique d’un kilomètre de côté, son volume correspond à un milliard de mètres cubes. Il contient environ 500 tonnes d’eau liquide et solide. Mais le chiffre qui surprend le plus vient juste après : sa masse totale, en ajoutant la vapeur d’eau estimée à 10 000 tonnes et l’air sec à 900 000 tonnes, atteint environ un million de tonnes. Le nuage que vous regardez distraitement depuis votre terrasse est donc un objet d’une densité colossale, même si l’essentiel de cette masse est invisible.

Les particules d’eau liquide ou solide qui nous permettent de voir le nuage ne représentent qu’un millionième de son volume, et pas plus de quelques millièmes de sa masse totale. Ce que l’on perçoit comme une forme cotonneuse et légère dans le ciel est, dans les faits, essentiellement de l’air humide. La partie visible du nuage, celle qui lui donne sa forme caractéristique, n’en est qu’une infime fraction.

Les plus grands nuages rendent ces chiffres franchement vertigineux. Le cumulonimbus, seul nuage porteur d’orages, peut être estimé à 15 km de côté à sa base et jusqu’à 13 km de hauteur, représentant un volume de plus de 2 000 milliards de mètres cubes et contenant plusieurs millions de tonnes d’eau liquide et de glace. Cela équivaut à plus ou moins 1 000 piscines olympiques. En ajoutant l’air sec et la vapeur d’eau, il pèse approximativement un milliard de tonnes. Un milliard de tonnes suspendu au-dessus d’une ville. La physique de l’atmosphère a parfois le sens du spectacle.

La vraie question : pourquoi ça ne tombe pas ?

Le nuage en lui-même ne pèse rien dans le sens où son poids est « négatif » : il est plus léger que l’air, et c’est pour ça qu’il monte ou stagne dans le ciel. C’est la clé de tout. La confusion vient du fait qu’on mélange deux notions distinctes : la masse d’eau contenue dans le nuage, et le comportement physique du nuage dans l’atmosphère. La force dominante est la poussée d’Archimède, qui pousse le nuage vers le haut au sein de l’air sec, lequel reste également un fluide.

Ce principe, le même qui fait flotter un bouchon de liège dans l’eau, s’applique ici à une échelle atmosphérique. Un nuage est plus léger que l’air : s’il se trouvait au niveau du sol et que vous pouviez vous y accrocher, il vous soulèverait comme le ferait une montgolfière. La question n’est donc pas « pourquoi ne tombe-t-il pas ? » mais plutôt « pourquoi ne monte-t-il pas indéfiniment ? », c’est là qu’intervient l’équilibre dynamique de l’atmosphère.

Les gouttelettes sont minuscules, ne mesurant qu’un centième de millimètre de diamètre, si bien qu’elles tombent très lentement et peuvent facilement être freinées ou repoussées vers le haut par le vent, les courants d’air chauds ascendants. Une gouttelette de 10 micromètres tombe à une vitesse d’un centimètre par seconde, soit moins de 0,04 km/h. Mais une gouttelette de 50 micromètres tombera à 26 cm par seconde, soit autour de 1 km/h. À cette vitesse, le moindre courant ascendant suffit à maintenir les gouttelettes en suspension. C’est moins rapide qu’une tortue.

Un ballet microscopique permanent

Les nuages sont le théâtre d’un ballet microscopique continu. Les gouttelettes d’eau qui les composent se forment en bas, montent vers le haut et finissent par se dissoudre. Même s’il semble immobile, un nuage est par nature en mouvement. À l’intérieur, il y a des particules qui montent et descendent continuellement. Ce que vous observez comme une masse figée dans le ciel est en réalité un système en perpétuel renouvellement, un peu comme une flamme de bougie qui semble stable mais consume et recrée sa forme à chaque instant.

Les gouttelettes, pour se former, ont besoin d’un petit support solide que les météorologues appellent un « noyau de condensation ». Il peut s’agir de cristaux de sel, de poussières, de cendres, de spores, voire de micrométéorites. chaque nuage porte en lui des grains de désert sahariens, des embruns marins ou des débris cosmiques. La prochaine fois que vous traversez un nuage bas en voiture par temps de brouillard, vous respirez littéralement ces particules transportées depuis des milliers de kilomètres.

La pluie, elle, arrive quand cet équilibre se rompt. À cause du mouvement constant dans le nuage, les gouttelettes d’eau et les cristaux de glace finissent par s’agglomérer et deviennent trop lourds pour rester suspendus. Pour qu’il pleuve, il faut que les gouttelettes croissent suffisamment pour devenir trop lourdes et tomber sous l’effet de la gravité. Les nuages les plus épais, à forte extension verticale, sont associés aux précipitations, tandis que les nuages les plus fins, quelle que soit leur altitude, ne précipitent pas ou peu.

Ce que le nuage révèle sur notre perception de la physique

Le paradoxe du nuage, c’est avant tout un paradoxe de notre intuition. On confond masse et poids, densité et lourdeur. La masse volumique d’un nuage se situe généralement entre 0,3 et 3 g/m³ selon le type de nuage. Pour comparaison, l’eau liquide pèse un million de grammes par mètre cube, soit 300 000 à 3 millions de fois plus dense. Le nuage est à l’eau ce que la fumée est à la bûche : le même composant, dans un état radicalement différent.

Une masse d’air ne peut contenir qu’une certaine quantité de vapeur d’eau, qui dépend de la température. Plus l’air est chaud, plus il peut être chargé en vapeur d’eau. C’est ce mécanisme qui explique pourquoi les nuages d’orage estivaux sont si massifs : ils se gonflent d’humidité dans une atmosphère chaude avant de tout lâcher d’un coup. La chaleur de juillet construit pendant des heures ce que quinze minutes d’averse détruisent. Le cycle complet, de l’évaporation au ruissellement, se joue à chaque grain de pluie qui touche le sol, chacun ayant d’abord flotté quelque part au-dessus de nos têtes, invisible, pesant sa part de ces 500 tonnes silencieuses.

Sources : curioctopus.fr | tameteo.com

L'équipe Sciencepost

Rédigé par L'équipe Sciencepost

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