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Mères et monde se dote d’un nouveau logement de transition pour des mères monoparentales qui se retrouvent sans autre solution, « qui ont nulle part où aller », expose la directrice de l’organisme, Valérie Brancquart. Grâce à ce 5 ½, aménagé à même les installations actuelles à Limoilou, des mamans et leurs enfants, en situation de crise par exemple, pourront avoir un toit le temps de réorganiser leur quotidien.
Mégan Jomphe estime que Mères et monde l’a sauvée. Je ne sais pas ma vie aurait pu avoir l’air quoi, lance cette maman monoparentale qui s’est retrouvée à l’organisme avec sa fille de deux ans l’an dernier. Elle avait dû fuir un conjoint violent. Et il n’y avait pas de place libre à l’Office municipal d’habitation de Québec (OMHQ) avant plusieurs mois.

Mégan Jomphe a pu obtenir un lieu où se poser et refaire son quotidien chez Mères et monde.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Marschall
Je le sais qu’il y a des femmes qui sont obligées d’appeler trois fois par jour jusqu’à temps d’avoir une place libérée pour pouvoir sortir de leur milieu de violence ou de sortir de la rue, raconte Mégan, qui est aussi membre du conseil d'administration de l’organisme.
On a déjà une liste d’attente, malheureusement.
La demande pour ce type de logement est grande, confirme Valérie Brancquart, directrice générale de l’organisme. L’objectif, c’est de la stabiliser [la mère, NDLR], avec une intervenante, et pouvoir trouver un endroit plus adapté pour elle, explique-t-elle.
Celles qui peuvent avoir accès à ce logement sont des femmes qui ne peuvent recevoir les services de l’Office municipal d’habitation de Québec (OMHQ) pour diverses raisons. Par exemple, explique Mme Brancquart, ça peut être des mères qui ne sont pas régularisées, qui sont issues de l’immigration et qui ne sont pas admissibles. Des fois, c’est des mamans qui ont eu la DPJ dans leur vie, qui retrouvent progressivement la garde de leur enfant [...] ou encore des filles autistes qui ont un trouble du spectre de l’autisme, dont on n’est pas sûres si elles sont assez autonomes pour s’occuper d’un enfant seules, donc en étant chez-nous, c’est une façon de voir, pendant trois à six mois, est-ce qu’on est capable de répondre aux besoins. On travaille beaucoup la parentalité, décrit Valérie Brancquart.

Les logements de Mères et monde sont aménagés dans cette ancienne école de Limoilou.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Marschall
Le nouveau logement pourra être loué pour une période de trois à six mois. Deux mères l’occupent depuis le 1er mai. L’une d’elle était en situation d’itinérance, l’autre régularise son statut migratoire.
Celles qui obtiennent le soutien de Mères et monde doivent avoir un projet de vie, qu’il s’agisse d’un retour à l’école, au travail, ou d’un besoin de soutien en période de cure de désintoxication. Elles ont accès à un service de garde pour s’occuper de leurs enfants, au besoin.
Pour les autres logements, la location peut aller jusqu’à cinq ans. En moyenne, les femmes restent trois ans.
Nécessaire mais insuffisant
Josée Larouche, déléguée régionale du Regroupement des Centres de femmes du Québec pour les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches se réjouit de ce nouveau logement, mais ce qui est clair, puis il faut le dire dès maintenant, c'est qu’il va falloir agir sur les enjeux structurels qui font que les femmes doivent s'en aller en ressources d'hébergement. Parce que si on ne travaille pas sur ces enjeux-là, on va toujours avoir besoin de plus en plus d'hébergement, prévient Mme Larouche.

Josée Larouche est déléguée régionale du Regroupement des Centres de femmes du Québec pour les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches. Elle salue l'ajout de structures pour les femmes vulnérables comme ces nouveaux logements de Mères et monde.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Marschall
Selon elle, le gouvernement doit investir bien davantage pour améliorer le sort des femmes. Il faut aussi travailler beaucoup en prévention pour éviter dès le départ que le quotidien de ces femmes ne dégénère en crise, et mène à des féminicides.
Il y a de bonnes campagnes de prévention qui ont été faites au Québec, en matière de transport notamment. Quand on pense aux campagnes de financement sur l'alcool au volant, la ceinture de sécurité, on a mis de l'argent pour faire ces campagnes de prévention-là, rappelle Josée Larouche. Et puis ça, ça a porté ses fruits, ça a diminué le nombre de morts.
Si on met de l'argent en prévention contre les violences faites aux femmes, on va être en mesure de diminuer le nombre de femmes qui vont mourir.
On comprend que ce travail là de prévention, de sensibilisation, il doit se faire aussi principalement chez les hommes, les principaux concernés, poursuit-elle. Il doit se faire auprès de tout le monde. On a toute une responsabilité par rapport à la violence faite aux femmes.
Mères et monde existe depuis 1999. Les 23 logements disponibles ont été créés dans une ancienne école de Limoilou, acquise par l’organisme en 2004.
Avec les informations de Charlotte Marschall


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