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Plus d’un mois après le lancement du Dossier santé numérique (DSN), des cliniques des deux régions vitrines où il a été implanté offrent toujours moins de rendez-vous qu’avant le déploiement du nouveau système.
Ces cliniques dites « externes » regroupent entre autres les consultations destinées à des patients non hospitalisés auprès de médecins spécialistes — des cardiologues, des pédiatres, des psychiatres ou des allergologues, par exemple.
Peu avant le lancement du DSN le 9 mai dernier en Mauricie–Centre-du-Québec et dans le nord de l’île de Montréal, les établissements concernés avaient prévenu que certains rendez-vous pourraient être perturbés. Plus de 800 chirurgies avaient également été reportées entre la fin avril et la fin mai.
Or, un mois plus tard, certaines cliniques externes peinent encore à offrir autant de consultations qu’avant l’arrivée du système mis au point par la firme américaine Epic.
Des problèmes liés au transfert des données vers la nouvelle plateforme compliquent toujours la gestion des rendez-vous, a expliqué en point de presse mercredi la p.-d.g. de Santé Québec Nord-de-l’Île-de-Montréal, Adélaïde De Melo. Certaines cliniques de la région fonctionnent à 80 % de leur capacité. « Mais on veut rapidement reprendre. On y travaille à tous les jours et on est à peu de chose près de se rendre au 100 %. Au début de la semaine prochaine, j’aimerais déjà [y] être », a-t-elle affirmé.
Même constat chez Santé Québec Mauricie-et-Centre-du-Québec : la présidente-directrice générale de l’établissement, Natalie Petitclerc, reconnaît que les cliniques externes fonctionnent toujours à un rythme réduit. « On n’est pas optimal encore de ce côté-là », a-t-elle indiqué.
Reprise de la chirurgie
Les nouvelles sont toutefois plus encourageantes en chirurgie. Dans le nord de l’île de Montréal, Mme De Melo s’est réjouie d’avoir respecté le plan de reprise des activités en chirurgie. « On a pu reprendre nos volumes avant la date qui était ciblée. »
Depuis le déploiement du DSN, les services critiques comme l’oncologie et les soins d’urgence ont été maintenus, a-t-elle précisé. « Je tiens à le réitérer parce qu’il y a beaucoup de messages qui ont circulé. »
En Mauricie–Centre-du-Québec, l’adaptation au nouveau système a néanmoins causé certains ralentissements en chirurgie, notamment dans les étapes préparatoires aux opérations. « Par contre, nous sommes actuellement déjà en action avec un plan de rattrapage pour les retards encourus », a assuré Mme Petitclerc.
De façon générale, la vice-présidente aux technologies de l’information de Santé Québec, Erika Bially, s’est dite très satisfaite du déploiement du DSN. « On ajuste l’outil pour qu’il soit plus adéquat au travail des professionnels de la santé sur le terrain. »
L’adaptation au DSN est encore « très demandante pour l’équipe médicale », a souligné de son côté le Dr Christian Carrier, hémato-oncologue en Mauricie–Centre-du-Québec, en point de presse. « Mais on est en train de réussir. »
Et l’ensemble du Québec ?
Le DSN sera éventuellement implanté dans d’autres régions, a indiqué mercredi Mme Bially. La décision de déployer ou non le système dans l’ensemble du Québec n’a toutefois pas encore été prise, a-t-elle précisé. « On est en train d’établir la stratégie d’expansion provinciale. On regarde vraiment les bénéfices et on observe les [projets] vitrines pour pouvoir établir le plan. »
Mme Bially affirme qu’une annonce devrait être faite sous peu à ce sujet.
Le DSN vise à regrouper dans un environnement numérique sécurisé l’ensemble des renseignements médicaux d’un patient, comme ses médicaments et ses résultats d’examens, afin de remplacer les télécopieurs et les dossiers papier encore largement utilisés dans le réseau de la santé.


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