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À sa grande surprise, un jeune judoka de Baie-Comeau a remporté une médaille d’argent lors des Championnats canadiens ouverts de judo il y a deux semaines à Calgary. À 18 ans, Machiel Talbot s’attendait au mieux à décrocher la cinquième place.
Cette victoire lui ouvre les portes de l'un de ses rêves : affronter des judokas à l’international. Il participera à deux tournois en Tchéquie et en Hongrie cet été, dans le cadre d’une tournée avec Judo Canada.
C'est quelque chose que je ne pensais même pas qui était atteignable en étant ici à Baie-Comeau, mais je me suis prouvé le contraire, lance-t-il.
Ce rêve, il l’atteint en partie grâce à sa passion du judo transmise par son père, qui est aussi son entraîneur. Le sensei Stéphane Talbot confie être très fier de la performance de son fils à Calgary.
Se rendre là-bas était pour Machiel une victoire en soi. Selon lui, c’est la préparation du jeune qui a fait la différence.
L'entraîneur explique que lui et son fils ont pris le temps de bien analyser les techniques de chacun des adversaires pour se préparer en conséquence. Ça a vraiment été un échange sur la stratégie de combat à chaque fois, explique-t-il, en soulignant sa complicité avec Machiel ainsi que le niveau de motivation de ce dernier.
Machiel, à Calgary, il a eu le feu dans les yeux toute la journée.

Machiel Talbot avait le feu aux yeux toute la journée lors du championnat à Calgary, selon son père et entraîneur, Stéphane Talbot.
Photo : Gracieuseté Caroline Lessard
Stéphane Talbot explique que l'engagement dans un circuit de compétition demande à Machiel de faire des sacrifices. Tu manques la plupart du temps ton vendredi, des fois ton jeudi à l’école. Après ça, il y a l’organisation des leçons et des travaux, relate-t-il.
La gestion du poids afin de participer aux compétitions dans une certaine catégorie peut aussi représenter un défi, selon le sensei.
Stéphane Talbot souligne aussi que le manque de partenaires d'entraînement en région rend aussi les qualifications difficiles dès le départ. Il décrit les retours de compétition où ils doivent rouler de nuit pour revenir de Montréal. Par contre, le sensei insiste sur la grande solidarité qui unit les athlètes de région qui vivent la même réalité.
Les yeux rivés vers l'Europe
Les championnats à venir comportent également leur lot de difficultés pour le jeune judoka. Machiel explique que le niveau de combat est beaucoup plus haut sur le Vieux Continent. Ça ne va pas être facile, mais je trouve des solutions pour m'entraîner davantage, affirme-t-il.

Machiel, qui a commencé le judo à l'âge de 4 ans, s'entraîne avec son frère au Centre sportif Alcoa à Baie-Comeau
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
En effet, Machiel devra s’adapter à différents styles de combat auxquels il est moins habitué. Je n’ai pas vraiment d'attentes, mais je vais faire de mon mieux. On va essayer d'aller chercher le plus de victoires possible, s’exclame-t-il.
Heureusement, il y aura aussi un camp d'entraînement organisé entre les deux fins de semaine de compétition où Machiel pourra développer ses aptitudes.
Un autre défi attend le jeune judoka : trouver des commanditaires afin de lui permettre de réaliser ce voyage.
Entre-temps, Machiel continue de s'entraîner pour le plaisir avec ses jeunes frères, Thélio et Cadel, qui sont tout aussi passionnés par le judo.


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