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Le Carrefour de données sur la santé mentale des jeunes, un outil en ligne de Green Shield développé en collaboration avec Recherche en Santé mentale Canada (RSMC) présente des tendances inquiétantes en Atlantique en termes d’idéation suicidaire chez les 16 à 24 ans.
Une personne sur quatre (25 %) d’un échantillon de 456 individus des quatre provinces de ce groupe d'âge a déclaré avoir eu des pensées suicidaires au cours de l’année écoulée, selon des données mise à jour en novembre 2025. Parmi eux, 7 % ont dit qu’ils avaient un plan.
Ce n’est pas un énorme échantillon, mais c’est quand même significatif, c’est sûr et certain , commente Eve Arseneau, psychologue et propriétaire du centre Mind at Peace Centre Mieux-Être, à Bathurst.
Cette clinique multidisciplinaire dans le nord du Nouveau-Brunswick offre du soutien aux personnes vivant diverses difficultés psychologiques, notamment de l’anxiété, de la dépression, des traumatismes ou un deuil.
La détresse chez les jeunes est plus élevée d’année en année, note Eve Arseneau. Dans les dix dernières années, ça se dégrade énormément. L’anxiété et la dépression sont beaucoup plus élevées. Les pensées suicidaires sont probablement plus fréquentes aussi.
Qu’est-ce qui a changé dans les dix dernières années ? Bien, c’est la technologie.
RSMC cible aussi le temps excessif passé devant les écrans comme l'un des facteurs principaux pouvant mener à l’idéation suicidaire.
Le jeu compulsif, le temps passé devant les écrans et l’appartenance à la communauté LGBTQ+ sont des éléments que nous avons publiquement mentionnés dans nos rapports comme étant à l’origine d’un taux plus élevé d’idées suicidaires, note Michael Cooper, vice-président des données et des partenariats de RSMC.
Il explique que la collecte de ces informations sur la santé mentale des jeunes a initialement été lancée et financée par Santé Canada en mars 2020, soit en début de pandémie, afin de permettre un suivi des indicateurs de santé mentale au pays.
Perspectives sombres du futur
Un autre sondage de RSMC publié en novembre (nouvelle fenêtre), intitulé A Generation Under Pressure : Economic and Employment Challenges on Youth Mental Health, révèle que les pressions financières et l’instabilité économique actuelle ont des répercussions mesurables sur la santé mentale des adolescents et jeunes adultes.
Cette partie du sondage cible 2213 Canadiens âgés de 16 et 29 ans. En Atlantique, c’est 22 % des répondants qui disent avoir une perspective négative ou très négative quant à leur avenir professionnel.
C’est le résultat le plus pessimiste au pays.

Un total de 83% des répondants de l’Atlantique disent que leurs situations d’emploi ou de chômage actuel ont un impact négatif sur leur santé mentale, une proportion plus élevée que la moyenne canadienne de 75%. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Dès que tu t’en vas au collège, à l’université ou sur le marché du travail, c’est sûr que le facteur socio-économique est très difficile en ce moment. Les jeunes veulent sortir de chez leurs parents, mais se louer un appartement, s’acheter une maison, c’est presque impossible , note Eve Arseneau. Les logements sont quand même très coûteux et la nourriture est extrêmement chère.
Pour les jeunes adultes avec des relations familiales plus tendues, cela ajoute à la détresse, car le saut vers l’indépendance devient encore plus difficile sans le soutien, poursuit-elle.
Des défis en région, mais de l’aide en ligne
Les données du sondage A Generation Under Pressure:Economic and Employment Challenges on Youth Mental Health indiquent également que seuls 47 % des répondants issus de l’Atlantique disent avoir trouvé l’accès nécessaire en soutien en santé mentale lorsqu'ils en avaient besoin.
Une réalité qui ne surprend pas Eve Arseneau, notamment en raison du manque de personnel et des longues listes d’attentes en région rurale.
Des psychologues, des travailleurs sociaux, si on regarde juste au Nouveau-Brunswick, il en manque énormément. Il n’en sort pas beaucoup dans les universités et les universités manquent de milieu de stage, donc c’est comme un cercle vicieux, explique-t-elle.
Si des améliorations restent à faire dans le secteur, ce n’est pas faute de vouloir.
Je pense que le gouvernement, tous les professionnels de la santé, en public ou en privé, travaillent fort là-dessus, mais je pense qu’il manque encore de professionnels, dit-elle.

Eve Arseneau et Marie-Pierre Godin, propriétaires de Mind at Peace Centre Mieux-Être, ont reçu le prix de l'entreprise de l'année 2021 du Conseil économique du Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Conseil économique du Nouveau-Brunswick/Daniel St-Louis Photographic Art & Frame
Parallèlement, le Carrefour de données sur la santé mentale des jeunes offre depuis la mi-novembre de nouvelles ressources gratuites en ligne (nouvelle fenêtre) pour les 15 à 29 ans ayant besoin de soutien en santé mentale. Ils seraient plus d’un million au pays.
Dans le lot des ressources offertes, on y trouve le jumelage avec professionnel et abonnement gratuit d’un an à la thérapie cognitivo-comportementale en ligne.


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