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La nouvelle circonscription qui englobe une partie de Drummondville devrait s’appeler Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, en l’honneur de cette importante figure du féminisme québécois. Toutefois, certaines personnes, incluant le député de Drummond–Bois-Franc, Sébastien Schneeberger, remettent en question ce choix de nom, préférant une option plus « représentative de la région ».
La MRC de Drummond et le député local sont tous les deux en désaccord avec le nouveau nom de la circonscription qu’a statué la Commission de la représentation électorale.
Marie Lacoste Gérin-Lajoie, née en 1867 à Montréal, est une militante féministe qui a œuvré à l’amélioration du statut de la femme, entre autres pour l'obtention du droit de vote. Elle a notamment donné plusieurs conférences et beaucoup écrit pour s’assurer que les femmes comprennent leurs droits et leurs devoirs.
Toutefois, M. Schneeberger affirme au micro de l’émission Toujours le matin que le nom de la circonscription est très long et peut porter à confusion, mais surtout [il n'est] pas représentatif de la région. Il rapporte qu’une dame retraitée de la région est venue lui suggérer le nom Grantham à titre de remplacement, puisque la région de Drummondville a déjà porté ce nom par le passé.
Le député a sondé son entourage à l’aide d’un formulaire sur Google afin de mesurer l’acceptabilité sociale du nouveau nom de circonscription. Ce coup de sonde, bien qu’il ne soit pas statistiquement représentatif ou scientifique, pourra donner le pouls de la population.
Avec plus de 600 répondants, je pense que ça donne quand même une bonne moyenne, ajoute-t-il.
M. Schneeberger assure qu’il n’a rien contre l’idée de rendre hommage à Marie Lacoste Gérin-Lajoie.
C'est une femme de Montréal, alors je pense que ça serait beaucoup plus lui rendre justice dans une circonscription de Montréal, affirme-t-il.
La Commission de la représentation électorale a dévoilé le nom de la nouvelle circonscription lors des annonces concernant le dernier redécoupage électoral, M. Schneeberger devra tenter de convaincre cette instance s'il souhaite infirmer la décision.
Un affront complet aux droits des femmes
Mais pour l’experte en matrimoine de Drummondville, Valérie Deschamps, les arguments du député ne tiennent pas la route. Elle estime que, dans le domaine de la toponymie, nombreuses sont les barrières à la représentativité des femmes.
De vouloir changer un nom qui a déjà été mis en place pour un nom d'homme, c'est de faire un affront complet à l'histoire des femmes, mais aussi à l'héritage des luttes des femmes pour l'ensemble du Québec, déplore-t-elle en entrevue à l’émission Toujours le matin.
Mme Deschamps a offert une réplique aux arguments du député, notamment en ce qui concerne l’ancrage territorial.
Marie Lacoste Gérin-Lajoie n'a peut-être pas fait quelque chose strictement pour Drummondville, mais elle a fait quelque chose pour les femmes de Drummondville, et aussi pour toutes les femmes du Québec. La personne qui est derrière le nom Grantham, Liam Grant, n'a que possédé des terres ici. C'est un colon anglais qui est arrivé d'Écosse, qui est décédé avant même la naissance de Drummondville, dit-elle.
Elle rappelle que, parmi les 125 circonscriptions du Québec, seules 4 portent les noms de femmes, toutes de l’époque de la Nouvelle-France, et que Marie Lacoste Gérin-Lajoie deviendrait la première femme de l’époque contemporaine à être nommée.
En ce qui concerne le sondage de M. Schneeberger, dont les résultats doivent être publiés vendredi, elle croit qu'il ne reflète pas la réalité, puisqu’il était possible de participer plusieurs fois au sondage en changeant d’identité.
Pour moi, ce sondage-là est complètement bidon. C'est un sondage aussi qui a été fait sur une page Facebook du député qui a été mis sur les réseaux sociaux. Ce n'est pas quelque chose qui est représentatif de la société, affirme-t-elle.
En ce qui concerne la longueur du nom de la circonscription, argument de certains repris par M. Schneeberger, Mme Deschamps trouve qu'il est à éclater de rire.
Drummond Bois-Francs, il y a trois caractères de moins. Je pense qu'on peut avoir des arguments s'il y a de quoi. Si on veut un débat, ça prend de vrais arguments, pas de dire que c'est trop long. Franchement, je n'en reviens pas, dit-elle.
D'après des entrevues à l'émission Toujours le matin


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