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Des mennonites orthodoxes ontariens sont arrivés cette semaine à McLean Settlement, dans le comté de Kent pour préparer l’arrivée de leur famille. Une nouvelle qui est accueillie à bras ouvert dans la région.
Ces agriculteurs, qui vivent sans électricité, voyagent à bord de calèches et parlent un dialecte allemand, ont récemment acheté des terres dans ce secteur rural situé dans la municipalité de Champdoré.
Jeudi après-midi, dix d’entre eux sont arrivés en train à Moncton afin de préparer l’arrivée de douze familles. Ils ont été accueillis par Gérard Thébeau, un agronome retraité qui accompagne des groupes mennonites et amish qui souhaitent s’établir dans la région depuis quelques années.

Gérard Thébeau aide des groupes mennonites et amish à s'installer dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Ils s’en viennent cet hiver pour commencer à défricher des terrains, préparer des sites de construction et possiblement acheter d’autres terres, a-t-il expliqué en entrevue en ajoutant qu’ils vont cultiver des légumes à l’ancienne, sans tracteur.
Le timing est presque parfait
Les terrains ont été vendus aux mennonites par l’agriculteur Maurice Girouard. Cet homme de 79 ans, qui demeure toujours dans sa maison, située en face, est ravi que de jeunes producteurs reprennent le flambeau.
Le timing est presque parfait. Depuis quelques années, je discutais de ça avec mes enfants, qui sont à Toronto et à Ottawa. Il n’y avait pas tellement d'intérêt de garder ceci, de garder une ferme. J’y pensais, j’y pensais. Puis là, au courant de l’été ces gens-là [les mennonites] arrivent et ils disent "on est intéressés", explique-t-il.

Maurice Girouard est ravi que ces terres agricoles puissent conserver leur vocation agricole une fois vendues.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Il affirme qu’il ne voulait pas vendre ses terres à une grande entreprise et tenait absolument à ce qu’elles gardent leur vocation agricole. Ses vœux ont été exaucés.
Personnellement, c’est le fait qu’ils vont garder les terres, continuer l’agriculture. Ils vont faire des choses que j’ai toujours voulu faire, arranger les champs, les améliorer. Ils vont faire ça.
Ses nouveaux voisins sont déjà à l’œuvre. Ils sont en train de faire une maison là-bas, ils disent qu’ils vont coucher là-dedans dans deux jours, indique Maurice Girouard, visiblement impressionné par la rapidité des nouveaux venus.

Les mennonites comptent construire des maisons sur cette parcelle du terrain.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Lors de notre passage à McLean Settlement, plusieurs hommes mennonites en tenues de travail sont arrivés sur un traineau tiré par deux chevaux. Lorsque nous avons demandé de les photographier, ils ont poliment refusé.
On les accueille à bras ouverts
Le maire par intérim de Champdoré, la municipalité où s’établissent les mennonites, Marc Babineau, partage cet enthousiasme.
On les accueille à bras ouverts. Ça va faire revivre des terres agricoles. On sait que, dans le coin de Sainte-Marie et Saint-Paul, c’est ce qu’on a; des terres agricoles qui sont souvent dormantes. Donc, de les voir renaître et être productives, c’est positif.

Marc Babineau accueille favorablement l'installation de familles mennonites dans sa municipalité.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Marc Babineau se réjouit aussi que les nouveaux venus vont produire des légumes dans le coin dès cet été. Ils vont vendre leur production aux gens de la communauté.
Ça va adresser la résilience alimentaire. Parce que tout ce qu’ils vont récolter va être vendu et distribué dans la communauté. Ils vont être des commerçants du terroir, explique-t-il.
Le maire par intérim indique que la Municipalité a l’intention d’aménager un espace à l’hôtel de ville, situé dans le secteur de Saint-Antoine, afin que les mennonites puissent y garer leur calèche lorsqu’ils vont faire leurs commissions.

Paul Lang, directeur général de la Commission des services régionaux de Kent, veut faciliter l'intégration de ces familles.
Photo : Radio-Canada / René Godin
La Commission des services régionaux de Kent (CSRK) met aussi l’épaule à la roue afin de faciliter l’intégration du groupe. C’est ce qu’explique son directeur général, Paul Lang.
« On travaille par exemple avec le ministère des Transports [du Nouveau-Brunswick] pour faire l’installation d’affiches avec un cheval et un buggy. Donc on rencontre le ministère des Transports dans les prochaines semaines pour que l’installation ait lieu avant un déménagement de leur part », dit-il en entrevue.

La Commission des services régionaux veut faire installer ce type de panneaux pour prévenir les automobilistes. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan
La CSRK et la Municipalité doivent faire vite, puisque le nouveau groupe de mennonites a l’intention de s’établir très rapidement, selon Paul Lang.
Ça s’en vient dans les prochains mois, c’est pas une question d’année, c’est une question de mois, dit-il.
C’est d’ailleurs un dossier qu’il connait bien, puisqu’il s’est rendu en Ontario en 2021 en compagnie de l’agronome retraité Gérard Thébeau afin de rencontrer des communautés amish et mennonites.
Un autre groupe mennonite s’installe aussi peu à peu dans le coin d’Acadieville, dans la municipalité de Nouvelle-Arcadie. Selon Gérard Thébeau, ces gens ne sont pas encore établis à temps plein dans la région.


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