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C’est dans un climat de haute tension que s’ouvre lundi le sommet du G7. À moins de 24 heures du coup d’envoi, quelque 20 000 manifestants sont descendus dimanche dans les rues de Genève pour crier leur colère contre un club de dirigeants jugés illégitimes. Aussi au cœur du ressentiment : la venue très controversée du président américain, Donald Trump.
Bien que le rassemblement soit resté globalement pacifique, des affrontements ont éclaté en début de soirée, ce qui a mené à l’incendie d’un véhicule et à l’utilisation de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre suisses. Même si le calme était rétabli en fin de soirée, on notait encore une importante présence policière aux quatre coins de la ville.
C’est dans une chaleur suffocante, dans un parc en bordure du lac Léman, que les opposants au G7 se sont donné rendez-vous en milieu d’après-midi. Dans leur ligne de mire : ce forum qui réunira, dès lundi, les dirigeants des sept plus grandes puissances démocratiques mondiales : France, États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon, Italie et Canada. Le sommet se tiendra pendant trois jours à Évian-les-Bains, une ville française située de l’autre côté de la frontière suisse.
« Le G7, c’est un gros problème de prise de pouvoir des États riches qui est complètement illégitime et déconnectée du reste du monde. C’est une domination du reste du monde par des puissances économiques qui sont en train de détruire la planète », nous indique Roger, un résident genevois rencontré sur les lieux de la manifestation.
Pour cet homme de 62 ans, un habitué des mobilisations contre le sommet, l’édition de cette année prend toutefois une tournure encore plus irritante en raison de la présence de Donald Trump, qu’il compare sans gêne à un « psychopathe ».
Trump, persona non grata
Le président républicain est attendu au G7 lundi. Le sommet a d’ailleurs été décalé pour répondre à ses impératifs, un combat de boxe se déroulant dimanche soir à la Maison-Blanche pour célébrer ses 80 ans.
Tout au long de la journée, il aura été la cible d’innombrables bannières affichant des slogans hostiles (« Fuck Trump »). Certaines pancartes faisaient référence à son apparition dans les dossiers Epstein, tandis que d’autres dénonçaient sa politique envers l’Iran ou ses sanctions imposées à Cuba.
Roger ne cache pas que l’arrivée imminente du milliardaire dans sa région l’exaspère au plus haut point : « J’aimerais qu’on en profite pour le faire interner et lui faire faire une cure d’eau thermale. Ça lui ferait du bien », dit-il, sourire en coin.
Un ressentiment partagé par Ivan et Julia, un couple de jeunes enseignants venus manifester. « Trump n’est qu’un connard de facho. Franchement, on le déteste. Des gens comme lui ne subissent jamais de conséquences, il se croit vraiment tout permis », déplore Ivan.
En dehors de Donald Trump, les manifestants ne visaient aucun autre dirigeant en particulier. Selon eux, les décisions mondiales devraient se prendre au sein de l’ONU, avec une plus grande délégation de pays autour de la table de décision.
Traumatisme genevois
Les commerçants s’étaient bien préparés à la manifestation et à ses risques de dérive. La veille, la majorité des commerces, cafés et restaurants étaient déjà barricadés, leurs vitrines protégées par des planches.
Les résidents voulaient à tout prix éviter de revivre le traumatisme des violentes émeutes de 2003, lors du sommet du G8. L’événement, qui se tenait déjà à Évian, s’était déroulé dans un climat de fortes tensions internationales, marqué par l’invasion américaine en Irak.
Genève a presque pris des allures de cité fantôme en amont de la manifestation. De nombreux commerces avaient fermé leurs portes pour toute la durée du week-end, et certains habitants avaient quitté les lieux en amont. Même les touristes ont déserté la ville à la vue des barricades, témoigne un employé d’un hôtel du centre-ville.
Somme toute, les précautions auront porté leurs fruits. « On a vraiment évité le pire », confiait en soirée un employé d’un restaurant d’une rue principale ayant barricadé sa devanture. S’il se dit soulagé, il ne baisse toutefois pas la garde et n’exclut pas que d’autres affrontements puissent avoir lieu dans les prochains jours, à l’occasion du sommet.
Une ville prise en otage
Au-delà de leurs revendications politiques, les manifestants expriment aussi leur exaspération face aux désagréments provoqués par le sommet à Genève. Car même si le sommet se tient à Évian, ce sont les habitants de la ville suisse qui en subissent les conséquences depuis plusieurs jours.
L’aéroport de Genève, le plus proche d’Évian, en fait un point de transit majeur pour les dirigeants et les délégations internationales. Résultat : plusieurs postes frontaliers ont été fermés, des autoroutes coupées et une présence policière renforcée.
« C’est complètement ridicule. Hier, avec des amis, on s’est retrouvés face à une quinzaine de flics lourdement équipés. Ça me met en colère », a raconté Naël, un jeune Genevois venu manifester.
Les désagréments devraient encore durer quelques jours, le sommet se terminant mercredi soir. Le président Trump devrait normalement rester jusqu’à la fin de l’événement, ayant accepté un repas en soirée au château de Versailles avec le président français, Emmanuel Macron.


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