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Plusieurs Manitobains se sont retrouvés dimanche au Centre culturel franco-manitobain pour un marathon de perlage. L’événement « Perlage, partage et patrimoine » vise à récolter des fonds pour le Musée de Saint-Boniface, fermé au public en raison de travaux de rénovation. Les participants ont été invités à acheter des trousses pour fabriquer leurs propres objets en perles, joignant ainsi l’utile à l’agréable.
À l’entrée de la salle Jean Paul Aubry, des trousses de perles sont mises à disposition des participants à cette session de perlage. L’objectif principal est de récolter des fonds pour le musée de Saint-Boniface.
Lisa Hettrick fait partie du groupe de perlage du musée de Saint-Boniface, qui organise des sessions chaque samedi. Le musée a besoin de faire des rénovations et ils ont besoin de plus d'argent. On a pensé : "quel événement peut-on faire pour avoir des fonds", souligne Lisa Hettrick. Les gens peuvent acheter les trousses et apprendre à réaliser leurs propres productions, explique-t-elle.
Selon Lisa Hettrick, 150 participants prennent part à l’événement.

Lisa Hettrick, initiatrice de l'événement « Perlage, partage et patrimoine », a organisé ce marathon de perlage pour aider financièrement le Musée de Saint-Boniface.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
La directrice générale du Musée de Saint-Boniface, Cindy Desrochers, explique que des bénévoles de la communauté ont approché la Fondation [du Musée] pour créer l'événement d'aujourd'hui.
À l’intérieur de chaque trousse, il y a un patron de fleurs, des perles, l'aiguille, le fil et des instructions. C'est comme une soirée sociale, mais pendant la journée, en plus, on va avoir de la danse métisse tantôt, de la bonne nourriture aussi, précise Cindy Desrochers.

Le marathon de perlage a réuni au moins 150 peronnes dimanche au Centre culturel franco-manitobain. Quelques-unes participaient pour la première fois à ce genre d'activités.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Parmi les participants à ce marathon de perlage bilingue figure Rae-Ann Gagné, enseignante en immersion. Elle a commencé à faire du perlage récemment en réalisant des boucles d’oreilles. C'était un défi, mais j'ai trouvé que c'était assez plaisant. Maintenant, je m'inscris à différentes sessions pour apprendre plus au sujet des différents styles de perlage, déclare-t-elle.

Rae-Ann Gagné (à droite), enseignante en immersion, a commencé à faire du perlage récemment. Elle trouve l'activité à la fois exigeante et stimulante.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
J'aimerais essayer de commencer un club de perlage à l'école. Ça, c'est un de mes projets, dit Rae-Ann Gagné.
Partage et reconnaissance
L’événement n’accueille pas que les résidents de Saint-Boniface. Gabrielle Boulet a 22 ans, elle habite à île-des-Chênes. Sa famille est métisse du côté de sa mère. Elle explique qu’elle n'a pas beaucoup de connexion à cette culture, comme le perlage, les danses, la musique, ni même la langue. Elle avoue qu’elle a commencé à apprendre la langue michif et à la parler, toute seule dans le sous-sol de sa maison.

Gabrielle Boulet, résidente à île-des-Chênes, n'a pas hésité à se déplacer pour assister à l'événement.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Quand elle a su qu’il y avait cet événement, elle n’a pas hésité à en faire partie. Gabrielle Boulet précise qu’elle utilise des coquilles dans ses créations de boucles d’oreilles. Je trouve que cela symbolise la résistance parce qu’elles sont dures, ça ne craque pas. Alors, pour moi c'est juste un symbole de fierté, de résilience et de persévérance, indique-t-elle.
Il fallait vraiment que je vienne non seulement pour garder ma culture en vie, mais pour aider à préserver la culture pour les générations futures qui vont venir après nous.
La jeune femme précise qu’elle a besoin de deux à trois heures pour réaliser une paire de pendentifs d’oreilles. Elle compte en produire deux paires durant l’événement.

Les participants avaient pour mission de suivre un shéma précis et de produire des fleurs en perle.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
D’autres trouvent que ces séances de perlage sont une thérapie. C'est un moyen de guérir et de renouer avec la culture. Et c'est juste libérateur, estime Amber Cury, qui est famille d’accueil. Si je fais du perlage, c'est grâce à ma grand-mère qui en faisait, et cela me rapproche d'elle, souligne Amber Cury.

Amber Cury dit que, si elle fait du perlage, c'est grâce à sa grand-mère qui en faisait.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Aux côtés de sa sœur, elle aussi une brodeuse, elles essaient de faire revivre ce patrimoine et de profiter pleinement du présent, d'apprendre et de nous améliorer pour les générations futures, explique-t-elle.
Les participants ont pour mission de finir leurs réalisations en quelques heures. L’événement est aussi un moment de fête. Le programme comporte également de la musique et de la danse, notamment de la gigue.


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