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Un employé d’Air Canada reste pris dans la soute à bagages avant le décollage

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Gabrielle Caron revenait d’un voyage au Mexique à la mi-décembre lorsque son vol de correspondance entre Toronto et Moncton a pris une tournure inattendue.

Le vol Air Canada Rouge 1502 circulait vers la piste de décollage de l’aéroport Pearson de Toronto lorsque Mme Caron a constaté que des agents de bord couraient frénétiquement dans l’allée. Le vol s’est finalement arrêté avant d’atteindre la piste et Mme Caron a regardé à l’extérieur.

Nous pouvions voir l’équipage se rassembler autour de l’avion, donc nous savions que quelque chose se passait, dit-elle. Puis le pilote nous dit qu’un membre de l’équipage était dans la soute à bagages.

Lorsque l’employé a été secouru, raconte Mme Caron, il est entré dans la cabine de l’aéronef — un Airbus 321A — pour informer tout le monde qu’il était en sécurité.

Dans un courriel, Air Canada explique que les portes de soute ont été fermées par erreur alors qu’un membre de l’équipe au sol était à l’intérieur. La ligne aérienne soutient que personne ne s’est blessé et que les événements font l’objet d’une enquête.

Le syndicat représentant les équipes au sol a déclaré qu’il pouvait commenter la situation.

Beaucoup de retard

Mme Caron affirme que l’avion est éventuellement revenu à l’aérogare et les passagers ont débarqué pendant que le personnel s'est occupé des formalités administratives. Le vol a été retardé de nouveau en raison de complications liées à l’horaire de travail du pilote.

La passagère n’a pas compris la gravité de la situation avant de parler à d’autres passagers en débarquant de l’avion. Certaines personnes assises à l’arrière ont entendu la personne crier et cogner pour attirer l’attention. L’un des passagers a même dit qu’il avait appelé le 911.

Gabrielle Caron explique que le vol devait à l’origine décoller à 14 h ce jour-là, mais après des heures d’incertitude, elle a appris à 1 h 15 le lendemain matin que le vol était annulé. Elle a finalement quitté Toronto à 20 h le deuxième jour.

Je pense que ce qui m’a le plus frustrée, c’est la décision d’Air Canada de retarder la situation toutes les heures, dit-elle. Personne n’a pensé à un certain moment d’annuler le vol la première fois que nous sommes débarqués, poursuit-elle.

Tout le monde était tendu

Stephanie Curé, l’une des passagères qui ont entendu le membre de l’équipage crier à l’aide, explique qu’elle portait des écouteurs et, ainsi, n’a rien entendu avant que les personnes à ses côtés lui signalent la situation.

Vous pouvez en quelque sorte voir que tout le monde était tendu, dit Mme Curé. Vous pouviez entendre un [son] étouffé, comme quelqu’un qui appelait à l’aide, ajoute-t-elle.

La vue de la cabine à partir d'un siège dans l'allée.

Les agents de bord se sont rassemblés pour annoncer qu'un membre du personnel était pris dans la soute.

Photo : Gabrielle Caron

Mme Curé a alors sorti son téléphone afin de commencer à filmer. C’était une expérience inusitée, donc je me suis dit que je capterais [les événements], dit-elle.

Après avoir publié la vidéo sur les réseaux sociaux et parlé à d’autres passagers, la résidente de Moncton a appris que le membre du personnel qui s’est retrouvé dans la soute était un employé supplémentaire et que c’est pour cette raison qu’on n’avait pas pris conscience de son absence.

Stephanie Curé dit qu’on lui a fourni une compensation de 1000 $ en raison des perturbations. Mme Caron dit toutefois que la ligne aérienne ne lui a remis qu’un bon d’échange de 400 $ et s’est excusée des retards.

Une compensation insuffisante?

Selon le spécialiste du milieu de l’aviation John Gradek, les passagers comme Mme Caron ont le droit à une compensation plus importante. M. Gradek soutient qu’il y a des motifs suffisants pour une action en justice.

En ce qui concerne les règlements, c’est 1000 $. 400 $, c’est pour les retards de trois à six heures, dit-il.

Il pense que les événements sont attribuables à un membre de l’équipage qui suit un processus inadéquat. Lorsqu’une personne a fermé la porte de la soute et a permis à l’avion de quitter, quelqu’un ne s’est pas assuré de vérifier s’il manquait un employé, explique-t-il.

L’avion n’a jamais décollé, mais si cela était survenu, le membre de l’équipage aurait survécu, dit M. Gradek. Il n’y a pas de danger d’hypothermie, par exemple, dit-il.

L’enquête devrait permettre de déterminer à quel moment la porte s’est fermée, combien de sacs ont été placés dans la soute et qui a fermé la porte, selon M. Gradek. Ce sera une enquête exhaustive. Les enquêteurs rencontreront les individus impliqués, pas seulement la personne prise dans la soute, poursuit-il.

Quant à Mme Caron, elle est heureuse que tout le monde soit en sécurité. Cela permet de se rappeler que les choses sont toujours incertaines lorsqu’on voyage.

Avec les informations d’Ian Curran, de CBC

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