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Un cri d’alarme retentit au Kamouraska. Le comité citoyen Mes soins restent ici dénonce une fragilisation du fonctionnement de l'urgence à l'Hôpital Notre-Dame-de-Fatima de La Pocatière.
Dans un communiqué diffusé en marge d’un point de presse tenu lundi après-midi à La Pocatière, le comité observe l’installation d’une tendance qu'il qualifie de lourde.
Au Kamouraska, ce que nous observons, c’est un engorgement des capacités hospitalières. On assiste à une hausse de l'achalandage à l’urgence et à une augmentation du temps d’attente, précise la Dre Marie-Ève Fromentin, porte-parole des professionnels de la santé au sein du comité.
Moins de ressources hors de l'hôpital
Selon le comité citoyen, de mauvaises décisions prises au fil des années auraient systématiquement réduit le nombre de lits disponibles pour les convalescents ou en ressources intermédiaires (RI).
Il rappelle notamment la fermeture du CHSLD de Saint-Pascal en 2013, celle de l'Unité transitoire de réadaptation fonctionnelle de Saint-Pascal en 2017, et la fermeture de la ressource intermédiaire de Saint-Philippe-de-Néri en 2024, dont les neuf lits n'ont pas été remplacés deux ans plus tard.

La Dr Marie-Ève Fromentin est la porte-parole des professionnels de la santé du comité «Mes soins restent ici».
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
De nombreux patients, dont l'état ne justifie plus une hospitalisation aiguë, demeureraient ainsi coincés à l’hôpital, causant une surcharge à l’urgence et une baisse de l’efficacité des ressources en place qui doivent diviser leurs soins entre les patients urgents et les patients en attente d’une hospitalisation, explique le comité.
La Dr Fromentin affirme avoir déjà vu jusqu’à 12 patients en attente de soins alternatifs dans les lits d’hospitalisation.
Ces patients-là, ce n’est pas bon pour eux non plus de rester à l'hôpital trop longtemps. L'hôpital, ce n’est pas un milieu de vie. Elles n’ont pas les mêmes soins que si elles étaient en CHSLD, si elles étaient en ressources intermédiaires, explique-t-elle.
Elles occupent des lits pour des patients qui auraient des pneumonies et qui auraient des problèmes de soins actifs. Donc les gens qui sont malades de pneumonie, ils attendent à l'urgence.
Une situation sous contrôle selon le CISSS
Dans un courriel, le porte-parole du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Gilles Turmel, indique que, pour l’unité d'hospitalisation, c’est entre deux et six personnes qui occupent des lits d'hôpital alors qu'elles devraient être dans des unités de soins alternatifs.
Il affirme que des places de transition sont disponibles à Saint-Antonin pour toute la clientèle du KRTB, en attendant que des places permanentes se libèrent dans le Kamouraska.

Gilles Turmel, porte-parole du CISSS du Bas-Saint-Laurent. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Le CISSS indique également qu'il ne manque pas de place sur civière à l'urgence de La Pocatière.
Lundi midi, leur taux d'occupation s'établissait à 57 %. Le CISSS précise que le nombre de visites pour la période actuelle est comparable aux années précédentes.
Vigilance
Notre message c'est: il y a un problème et ce problème-là il est connu et il y a des solutions. Est-ce qu'on veut vraiment les mettre en place? Est-ce qu'on veut vraiment que les choses changent où on veut simplement, sans nécessairement dire faire mourir l'hôpital, diminuer son influence dans notre milieu?, questionne Jean-Yves Rioux, porte-parole des citoyens du comité Mes soins restent ici.

Jean-Yves Rioux, porte-parole des citoyens du comité «Mes soins restent ici»
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Lors du point de presse de cet après-midi devant l’hôpital Notre-Dame-de-Fatima, le maire de La Pocatière, Vincent Bérubé, et la préfète du Kamouraska, Nancy Dubé, se sont joints à la quinzaine de personnes qui brandissaient une affiche indiquant Mes soins restent ici.
Il faut rester vigilant, ont-ils affirmé d’une même voix. Ils ont assuré le comité de l’appui de la Ville et de la MRC.
On interpelle le CISSS, mais on comprend qu’ils sont pris dans un système plus grand, moins agile, avec Santé Québec, qui a des responsabilités à prendre. Pour l'instant, on comprend qu'ils veulent prendre le pouls de ce qui se passe, mais là, ça fait un an et, sur le terrain on n’a pas vu grand changement, témoigne Dr Fromentin.

Le comité citoyen «Mes soins restent ici» affirme ne pas baisser la garde et prévoit d'autres sorties médiatiques dans les prochains mois afin de s'assurer que l'écosystème de soins du Kamouraska s'améliore.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Pour le comité, le Kamouraska n'est pas à l'abri de coupes ou de « réforme d’offre de soins » comme celles qui ont plané pendant près d’un an sur les urgences de Trois-Pistoles et Pohénégamook.
Plusieurs milliers de personnes avaient marché dans les rues de La Pocatière en mai 2017 pour dénoncer les réductions de services à l'hôpital Notre-Dame-de-Fatima. Le comité Mes soins restent ici est né de cette mobilisation et il affirme que la vigilance est plus que jamais de mise.
En 2018, le comité craignait « une fermeture subtile de l’hôpital ».
Il souligne que le Kamouraska fait face aux mêmes défis : une population vieillissante combinée à une difficulté persistante du CISSS du Bas-Saint-Laurent à recruter des professionnels en région.


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