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Trump ouvre la porte au nucléaire saoudien: un accord aux lourdes conséquences

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À peine signé, l'accord entre les États-Unis et l'Arabie saoudite, ouvrant la voie à la construction de centrales nucléaires dans le royaume, se voit nuancé par Donald Trump. Répondant aux réserves émises depuis l'annonce, le président américain a écrit sur son réseau Truth Social que l'accord est "totalement conditionné à l'adhésion de l'Arabie saoudite aux très respectés et couronnés de succès accords d'Abraham", qui normalisent les relations avec Israël. Il précise qu'il n'y aurait "pas d'enrichissement de matières" et que les États-Unis ne sont pas opposés aux installations nucléaires civiles "non enrichies".

Identifié sous la référence d'" Accord 123", ce pacte a été signé, mercredi 22 juillet, par le ministre de l'Énergie américain, Chris Wright, et son homologue saoudien, le prince Abdulaziz ben Salmane. D'une durée de trente ans, il doit permettre de "développer les exportations américaines de technologies nucléaires" et de "créer des emplois bien rémunérés aux États-Unis".

Pour la Maison-Blanche, il s'agit en effet d'abord de commerce : un "deal" évalué à "plusieurs dizaines de milliards de dollars". Dan Sumner, le PDG du constructeur américain de réacteurs nucléaires Westinghouse Nuclear, y voit ainsi une "étape majeure" porteuse d'opportunités pour l'industrie américaine.

Ce deal doit encore être soumis au Congrès américain mais celui-ci, à majorité républicaine, ne devrait pas s'opposer à sa mise en œuvre. Une équipe conjointe américano-saoudienne examinera ensuite si ce projet est justifié et viable sur le plan commercial (là aussi, on peut anticiper un feu vert sans crainte de se tromper).

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Deux concessions sans précédent

L'accord comprend deux concessions remarquables, car sans précédent aux États-Unis : l'Arabie saoudite pourrait à terme enrichir du combustible destiné aux réacteurs nucléaires. Elle sera en outre autorisée à limiter les sites auxquels auraient accès les inspecteurs internationaux chargés de s'assurer de ses intentions pacifiques. Ces deux paramètres qui ne font qu'accroître les craintes qu'au-delà de la production d'électricité à des fins civiles, les Saoudiens ne se tournent vers un programme d'armement nucléaire.

Une hypothèse que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, n'a d'ailleurs pas formellement écartée au cas où l'Iran – le rival chiite historique du Royaume sunnite – se doterait de la bombe atomique. L'émergence d'Israël comme puissance hégémonique au Moyen-Orient et son usage décomplexé de la force peuvent aussi inciter Ryad à se doter de moyens de dissuasion. En septembre de l'année dernière, l'Arabie saoudite a d'ailleurs signé un accord de défense avec le Pakistan, portant sur un "renforcement de la dissuasion commune".

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Une contradiction

Jusqu'à présent, les présidents américains, tant démocrates que républicains, s'étaient toujours opposés aux tentatives des pays du Moyen-Orient visant à obtenir la capacité d'enrichir de l'uranium. Washington avait en outre fixé comme condition à tout accord concernant le nucléaire, la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense. Cette condition a donc été rappelée par Donald Trump, jeudi, de même que l'absence d'enrichissement.

Le sénateur Bernie Sanders, ténor de la gauche, n'a ainsi pas manqué de relever, comme d'autres observateurs, une énorme contradiction : d'un côté, Donald Trump justifie "sa guerre contre l'Iran comme un moyen d'empêcher un pays autoritaire d'enrichir du combustible nucléaire" ; et de l'autre "il laisse maintenant ses meilleurs amis en Arabie saoudite – l'une des plus brutales dictatures au monde – faire exactement cela".

le secrétaire d'État américain, Marco Rubio a voulu assurer que les États-Unis "ne conclur[aie]nt jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

C'est pourtant la perspective inverse qui se dessinerait si l'Arabie saoudite devait aller au-delà du strict nucléaire civil. L'accord risque de déclencher "une course nucléaire dans la région, dissuadant davantage l'Iran de limiter son propre programme" atomique, a commenté le sénateur démocrate Chris Murphy sur le réseau social X, Avec le risque de voir d'autres États – les Émirats arabes unis, la Turquie ou l'Égypte, notamment – emboîter le pas à l'Arabie saoudite.

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