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De nombreux lauréats des collèges et universités du Sud-Ouest peinent à trouver des emplois dans leur domaine d’étude. Certains se tournent vers des emplois sans connexion avec leur expertise, tandis que d’autres envisagent déménager.

« Je sens un peu comme on m’a menti, comme on a trahi un peu ma confiance », lance Andrea Mandza.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Nikundana
Andrea Mandza est arrivée au Canada comme étudiante internationale. Elle a terminé ses études en administration des affaires au collège Boréal en 2025.
Je ne sais même pas compter le nombre de fois [que j’ai envoyé des CV], mais ça a toujours été sans réponse , explique-t-elle. D’autres [employeurs] ne répondent même pas , signale Andrea Mandza.
Lorsqu’elle a été recrutée au campus de Windsor, on lui vendait le rêve d’un emploi dans le domaine aussitôt le diplôme obtenu, raconte-t-elle.
C’était un rêve vendu qui ne s’est pas réalisé, tout simplement parce que ce n’était pas vrai , regrette Andrea Mandza.
C’est un peu une désillusion qui vient de tomber. On vit maintenant dans la réalité qui n’est pas celle qu’on nous a présentée.
Elle se contente maintenant du bénévolat dans un organisme communautaire pour éviter la déprime à la maison, selon elle.

« J’étais vraiment déçu. On a l’impression que tout ce travail d’étude n’a servi à rein », regrette James Morales.
Photo : James Morales
James Morales a deux baccalauréats de l’Université Western à London en affaires et génie logiciel.
J’ai postulé sans arrêt à environ 1000 emplois en génie logiciel, pendant trois ou quatre mois, mais sans succès, raconte James Morales.
Lorsqu’il a choisi d’étudier en génie logiciel, en 2020, il pensait que c’était un excellent choix du fait que le secteur était en pleine expansion. J’étais passionné , dit-il

« J’ai traversé l’océan [Atlantique] pour venir au Canada. J’ai déjà un moral d’acier. Il n’y a pas de problème à cela [déménager]. Je suis venu au Canada. Je ne suis pas venu dans une province spécifique », selon Serges Pipaud.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Nikundana
Serges Pipaud est au Canada depuis une dizaine d’années. Il a terminé ses études collégiales en travail social en 2022. Il n’a rien trouvé dans ce domaine.
À Windsor, les chances [de trouver un emploi] sont un peu minimes , constate-t-il.
Lorsqu'on regarde même les offres, on n’y voit pas un organisme de Windsor qui embauche , souligne M. Pipaud.
Lorsque nous voyons les offres, on nous demande toujours d’avoir le bac et d’être dans l’ordre.
Faute d’emploi dans son domaine, il a poussé plus loin ses études dans l’objectif de remplir les exigences des employeurs.
Il aura sous peu son baccalauréat en technique sociale de l'Université Laurentienne
Quitter la région? Une option
Selon Serges Pipaud, la plupart du temps, les offres d’emplois sont dans le nord du Canada
Je pense que quitter Windsor, c’est fort probable, souligne M. Pipaud.
Lorsqu’on quittait nos pays, on ne s’était pas fixé une ville spécifique. C’est là où il y a l’opportunité qu’on s’en va.
Il se dit blindé pour affronter le froid du Nord, soit de l’Ontario, soit du Québec ou du Nouveau-Brunswick.
La famille de James Morales vit à Windsor.
J’ai toujours postulé à Toronto parce que le travail est à Toronto. À Windsor, il n’y en a pas beaucoup en technologie, souligne James Morales.
Il a fini par trouver un poste au Tempo Lab de Toronto, où il occupe le poste de responsable technique de production depuis novembre 2025
Andrea Mandza, quant à elle, s'accroche à Windsor. Selon elle, elle n’a aucune possibilité d’aller chercher ailleurs en raison du manque de soutien dans une nouvelle ville.
Je n’ai pas forcément de famille ou de connaissances qui me permettraient peut-être de m’installer ailleurs, tranche-t-elle.
Soigner son CV et s'armer de patience
Kelsey Santarossa, directrice de développement communautaire et développement de la main-d’œuvre au sein de Workforce Windsor-Essex, est au courant de ce phénomène chez les jeunes diplômés.
C’est malheureusement quelque chose qu’on entend assez souvent de nos jeunes , affirme-t-elle.
La patience est tellement importante pendant qu’on cherche son premier emploi professionnel après l’éducation postsecondaire.
Elle appelle les jeunes diplômés à la patience et à confectionner des CV qui parlent aux employeurs.
Après les études, il faut s’asseoir avec les professionnels en emploi pour s’assurer que le CV démontre les compétences, l’éducation et qu’il va parler aux employeurs, conseille Mme Santarossa.
Selon, elle, des emplois existent à Windsor, mais le taux de chômage élevé exige une grande compétition.
De son côté, Louis Durand, professeur à la Faculté de gestion à l’université Laurentienne, explique que le contexte général actuel est difficile.
C’est la question de l’incertitude qui fait en sorte qu’on hésite à investir et qu’on retarde des projets de développements , souligne le professeur Durand.
Les jeunes [diplômés] doivent faire preuve de patience. On hésite actuellement à faire des investissements dans certains secteurs , explique-t-il.
Selon le professeur Durand, il n’y a pas nécessairement une forte création d’emplois dans plusieurs secteurs.
Il y a beaucoup d’incertitudes. On investit moins, fait-il remarquer.


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